Derniers Avis : La Chute de l’Empire américain - Page 3
La Chute de l’Empire américain
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Marc L.
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1,5
Publiée le 23 mars 2020
Denys Arcand est devenu un cinéaste international récipiendaire de prix un peu par hasard et surtout, c’était il y a plus de trente ans, avec ‘Le déclin de l’empire américain’, suivi des ‘Invasions barbare’ en 2003. Il y avait un côté très parisien à ces deux projets : dans le premier cas, on réunissait des gens aisés de l’intelligentsia montréalaise, on les faisait parler jusqu’au petit matin des tourments du monde et de leur nombril dans le cadre d’un dîner qui s’éternisait, et on les retrouvait vingt ans plus tard pour voir ce qui avait changé. Malgré un titre approchant, ‘La chute de l’empire américain’ délaisse cette continuité et se met en tête, en arrivant longtemps après la bataille, de dénoncer les dérives de la société occidentale, de l’évasion fiscale et de l’argent-roi à travers une pure fiction ancré dans un genre précis, le “J’ai-trouvé-un-sac-plein-de-billets-movie”. Un jeune doctorant obligé de vivoter dans des petits boulots, l’escort-girl dont il est tombé amoureux, un ancien taulard reconverti dans l’optimisation fiscale et le butin d’un braquage ayant mal tourné : comment profiter de cette manne en échappant à la fois à ses propriétaires et à la justice ? Objectivement, même quand on sait que le projet de tourner une fiction exclusivement pour dénoncer le néo-libéralisme est d’une banalité à toute épreuve , le militantisme est assez léger et sert surtout de toile de fond...et quand il décide de se montrer plus explicite, il le fait de manière si professorale que le leçon devient très vite saoulante. Parfois, on perçoit aussi une volonté de tourner en dérision l’absurdité du monde mais chez moi, et croyez-bien que je le déplore, l’accent québécois annihile toute possibilité d’humour : ça et peut-être aussi le fait que les acteurs n’ont pas une présence comique extraordinaire. Pourtant, on ressent nettement cette bonne volonté, cette bonne humeur, cette morale hautement élastique mais à laquelle on souscrit tous (“voler les méchants, c’est pas vraiment du vol”) : on se croirait presque chez Ken Loach, mais sans l’humour, sans l’émotion, sans ce curieux point de rencontre entre la foi en l’être humain et la rage de celui qui juge intolérable le monde qu’il a sous les yeux. Ennuyeux au point que je n’ai même pas pu le regarder jusqu’au bout, ce qui est rare, ‘La chute de l’empire américain’ semblait pourtant pouvoir fonctionner sur le papier, mais je ne vois aucun moyen de repousser cette impression de mater un téléfilm du dimanche après-midi, tant ‘La chute de l’empire américain’ dégage un amateurisme presque total.
Tout à fait étrange. Pas hyper crédible mais néanmoins intéressant dans la partie blanchiment d'argent. Le mélange avec l'activité bénévole d'aide aux SDF est surprenante.
Une satire brillante et intelligente sur le pouvoir de l'argent et particulièrement celui de l'oncle Sam. Dialogues percutants et humour corrosif à souhait tout en retenue. Le scénario est digne des meilleurs thrillers et nous tient en haleine jusqu'à la dernière minute. Un film qui donne sincèrement matière à réfléchir.
Une scénario doux amer sur les pouvoirs de l'argent "roi". Cette dénonciation n'en reste néanmoins pas intelligemment menée, avec un ton décalé, léger, sur lequel les personnages semblent peu à peu à en comprendre les mécanismes pour en tirer le meilleur des partis. Comme un pied de nez. Belle démonstration.
Denys Arcand revient enfin pour clore sa trilogie avec une satire rocambolesque, aux dialogues savoureux, sur les dérives de l'argent sale, interprétée par sa bande d'acteurs loufoques. Sympa même si le film s'essouffle un peu et perd en cohérence.
J'ai vu un film... étonnant. Sur la base d'un faux rythme, qui prend finalement le temps de tout poser (les personnages, les dialogues, les postulats, l'enquête...) et qui nous emporte dans une tension incroyable alors que l'action est en plans séquences continus. C'est tendu, haletant, puissant, et tellement calme... C'est un véritable décryptage de notre monde qui s'offre à nous... On aborde les relations Hommes-Femmes, les malversations du capitalisme, le mal-être de notre société, notre civilisation de la consommation qui met à l'écart les plus démunis... C'est un film généreux, puissant, incroyable.. Les dialogues sont vraiment forts, ciselés et porteurs de sens. J'ai adoré le jeu d'Alexandre Landry, tout en naïveté et en finesse, tout comme Maripier Morin qui crève l'écran par sa beauté naturelle... Le tout en fait un film drôle, inquiétant et vraiment efficace. On est envoûté par le style si particulier de ce film...
Un mélange des genres qui fait que je me garderais bien de classer ce film, Cette satire de nos sociétés capitalistes pervertis par l'argent où tout ou presque est permis pour les puissants est excellente.Hormis les accent Québecois, j'ai tout aimé dans ce film que j'ai vu par hasard, je vais maintenant visionner les 2 autres volets de cette trilogie. Une vrai vision de ce qu'est devenu notre pauvre monde...
Voilà une comédie qui se laisse bien regarder, mais qui n'a pas la force des Invasions Barbares. Le scénario est parfois improbable mais certains personnages sont inspirés, parait-il, de rencontres faites par Arcand, alors pourquoi pas les suivre. Arcand dénonce les dérives de la course folle au fric des années 90, mais peine à trouver une conclusion morale à cette enquête policière. Les dialogues en québécois peuvent être parfois dur à suivre sans sous-titre. DVD sous-titré (!) décembre 2019
Un film remarquable dans l'écriture, dans le jeu des acteurs et dans les valeurs qu'il porte. Franchement, pas grand chose à reprocher à ce film tant tout est soigné d'un bout à l'autre. Un film d'une grande complexité qui met face à face le monde de l'argent et de la finance où tout est corrompu et tout à l'opposé, la misère de la rue soutenue par les œuvres de charité. Une belle leçon. Et puis, cet accent canadien : excellent ! Un Film à voir absolument.f
Dernier film de la trilogie de Denys Arcand. Excellent film qui conjuque polar d’arnaque à suspense et comédie satirique pleine d’émotions et de drôlerie. Dommage qu’il soit mis en scène un peu plan-plan et sans trop de créativité. Et ça malgré des ressemblances avec Tarentino ou les frères Cohen ! Bons acteurs, tous justes et drôles, dialogues québécois – qui mériteraient parfois un sous-titrage en français de France – et scénario réjouissant. Un bon film qui amuse et fait chaud au cœur dans ce monde de dingues flouzés.
C'est un film séduisant et gentiment roublard. Denys Arcand, c'est un peu le Woody Allen canadien. Ses films sont bavards, très bavards, mais les dialogues légers, percutants parfois, souvent subtils. Là, il sort de sa zone de confort et ajoute une larme de Ken Loach à son cocktail habituel et une légère romance douce qui n'échappe pas aux clichés spoiler: (la si jolie prostituée de luxe au grand cœur qui tombe amoureuse de son client timide, agaçant et maladroit) . On a donc un mix de faux film de gangster, de comédie policière et de film social. Ce dernier aspect est, à mon sens, le plus intéressant du film car, si on a déjà vu plusieurs fois les dénonciations de montages financiers via les paradis fiscaux qui sont responsables de la paupérisation du monde, on assiste là à un démontage léger mais sincère de l'image romantique de "pays du Bon Dieu" que le Canada francophone peut avoir chez nous, en France, notamment dans la manière dont sont traités les Inuits. Comme quoi, partout, les populations originales sont les plus maltraitées, comme aux USA ou en Australie. Après, tout ceci est peut-être un peu trop romantique (utiliser le terme "itinérants" plutôt que SDF est plaisant, même si dans la réalité, j'ai personnellement entendu, à Québec, des hommes d'affaires locaux remplacer notre terme "immigrés" par "importés", en connaissance de cause), mais ce film, malgré ses invraisemblances, ses défauts de scénario, laisse un goût doux-amer et permet de continuer la réflexion, tout en légèreté, sur le monde tel que nous l'acceptons. Bref, ça se regarde agréablement.
Comédie policière qui sur un ton humoristique présente une critique de la face noire de notre monde capitaliste (l'évasion fiscale et les montages financiers plus ou moins légaux par des hommes en cravate, les exclus de la société...). Les dialogues sont pointus dès la scène d'ouverture, les personnages sont attachants et la morale naive mais sympathique (l'argent peut faire le bonheur, le sien mais celui des autres aussi). Quand un philosophe a la possibilité de changer le monde, même avec des dollars pas très propres, cela donne la Chute de l'Empire Américain. Castigat ridendo mores...