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Un visiteur
4,5
Publiée le 27 août 2021
Beau film, engagé, illustrant parfaitement la société et le pouvoir machistes en Europe (France-Espagne notamment). Musique et chants magnifiques et envoutants.
La grosse grosse surprise de la semaine. Au moins un film cette semaine dans lequel il y a un réel parti pris et une réflexion sur la mise en scène, des personnages intéressants et combatifs...ça donne envie de voir les précédents films du réalisateur et ceux à venir
L'interprétation excellente des acteurs permet une immersion dans l'univers du film. Certains plans de vue rappellent des toiles du Caravage... Du suspens jusqu'à la dernière minute !
Un film contre l'obscurantisme, le fanatisme, l'opression porté par de formidables actrices qui avec leurs voix, la puissance de leur imaginaire et leurs corps, se jouent de la puissance masculine et de la curiosité perverse des inquisiteurs et de leurs valets.
Sujet intéressant et qui fait écho a l’actualité talibane et a la place des femmes en général dans les religions...Maintenant malgres des comédiens correct , vraiment difficile de croire a cette histoire , ce qui fait retomber l'attention et l’Intérêt de ce sujet.
Le regard que porte le réalisateur sur ces 6 jeunes femmes est incroyablement juste. Les deux seules fois où elles sont érotisées, c'est pour montrer le regard perverti du juge et de son greffier, tellement aveuglés par leur désir de prouver le sabbat qu'ils se laissent porter par les fables que leur servent les jeunes femmes. On se laisse nous aussi prendre au jeu, et on regarde comment les 6 protagonistes se libèrent peu à peu, de bien des manières. Je n'avais pas connaissance du travail de Pablo Agüero jusqu'à maintenant, mais je suis ravie d'avoir découvert le film en salles ! Un beau film féministe, envoutant et divertissant, par un créateur de talent !
Un magnifique film dont j ai eu la chance de voir en avant première. Quelle chance d'avoir put rencontrer son scénariste réalisateur. Merci au cinéma le Melies de Montreuil qui a permis ce superbe moment.
Enfin un film différent, sur le fond et sur la forme ! Il m'a tellement bouleversée - je ne m'y attendais pas - que j'ai décidé de publier des critiques pour la première fois. J'étais un peu dubitative au début, puis ça grandit, ça prend forme, alternant tragique et comique avec une maîtrise inouïe de la mise en scène, une modernité dans le jeu, dans le montage elliptique, dans la manière d'aborder un sujet tellement complexe et parsemé de potentiels clichés... J'ai lu que le réalisateur portait ce projet depuis 2008, mais les producteurs le refusaient parce qu'il "manquait de résonance contemporaine". MeToo et les Talibans sont arrivés après. Aujourd'hui, ces sorcières sont d'une actualité brûlante, flagrante. Et tellement pleines de vie !
Les sorcières et la mythologie qui les accompagnent semblent être une source d’inspiration intarissable pour le septième art puisqu’on peut les voir apparaître régulièrement sur les écrans. Que ce soit en personnages secondaires comme on peut en compter à la pelle ou comme principal sujet de film. Des « Sorcières d’Eastwick » au récent « Sacrées sorcières » pour les œuvres familiales en passant par « The Witch » ou le totalement dingue, choquant et singulier remake de « Suspiria » par Luca Guadagnino sorti il y a deux ans, le sujet semble inépuisable. Avec « Les sorcières d’Akelarre » on se dirige plutôt vers le versant historique et dramatique du sujet moulé dans le film d’auteur. C’est plutôt rare et c’est intrigant. L’argentin Pablo Aguero entend revenir sur la chasse aux sorcières (et cette expression est devenue commune et usitée pour pas mal d’autres circonstances, ce qui montre l’impact que cela a eu à l’époque) dont furent victimes de nombreuses jeunes femmes à travers le monde sous couvert de religion.
Cette œuvre particulière condamne clairement l’obscurantisme religieux, l’ignorance et la bêtise des hommes en ce temps troubles (le film se déroule au XVIIème siècle) et se mue en un véritable pamphlet féministe pointant du doigt la peur des hommes envers le sexe opposé. Une phrase cristallise tout à fait cela et représente bien le fond du film : « Rien n’est plus dangereux qu’une femme qui danse »… Ou comment la peur, la folie et la lâcheté humaine (et surtout masculine) couplée à des préceptes religieux rétrogrades ont pu engendrer des milliers de morts, jeunes femmes présumées coupables de sorcellerie et brûlée sur des bûchers par des inquisiteurs apeurés. En ce sens, le film est passionnant. Il montre aussi comment le pouvoir des mots et de l’imagination peut tout ébranler dans certains face-à-face entre l’inquisiteur et l’une des prisonnières.
On aurait cependant apprécié que « Les sorcières d’Akelarre » ne soit pas si linéaire dans son propos, se résumant à un procès au nom du roi envers six jeunes filles dans un village. Le film est court et aurait mérité plus de développements, que ce soit dans l’histoire des personnages, jamais vraiment creusés, ou sur la manière dont est née le mythe et la peur de la sorcellerie. On reste donc un peu sur notre faim. De plus le film peut paraître austère et bavard mais c’est en accord avec le sujet. En revanche, Aguero nous offre des images somptueuses et soigne sa réalisation. Cette œuvre semble comme hors du temps et nous offre des plans qui flattent l’oeil (les scènes dans la forêt ou la capture des jeunes femmes) pour terminer sur un final hypnotique. Cette danse de Sabah nous ensorcelle autant que celle tout aussi grandiose mais choquante de « Suspiria ». A découvrir malgré des manques et des imperfections, surtout que l’on peut clairement établir des ponts avec pas mal de situations actuelles.
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Si Les sorcières d'Akelarre nous parle aussi d'aujourd'hui, à travers une chasse aux sorcières, c'est non seulement parce que le réalisateur argentin Pablo Agüero (Eva ne dort pas) traite le sujet de manière moderne mais aussi parce que le temps de l'Inquisition est celui de la misogynie extrême. Comme le dit l'un des protagonistes de cette histoire située au début du XVIIe siècle, au Pays Basque : "il n'y a rien de pire que des femmes qui dansent", comme un symbole d'une liberté et d'une joie de vivre insouciante forcément intolérable pour le pouvoir des hommes. Parallèlement, le récit montre aussi comment un territoire, loin de l'autorité centrale de Madrid, est châtié et remis au pas, par le sabre et le goupillon. Superbement éclairé, comme des scènes inspirées du Greco ou de Goya, et mis en scène de manière nerveuse, Les sorcières d'Akelarre est un film intense, puissant, sensuel et magique qui s'enivre des paysages basques et communie dans une sororité qui se joue de l'intolérance et de la stupidité masculines. Le film culmine dans une danse de sabbat hallucinée, pied de nez démoniaque à tous les obscurantismes. Dans la distribution, outre l'impeccable Alex Brendemühl, impossible de ne pas saluer la performance solaire d'Amaia Aberasturi, qui a tout pour devenir la nouvelle star espagnole.
"Les Sorcières d'Akelarre" de Pablo Agüero raconte la rencontre des sorcières basques avec l'Inquisition espagnole en 1609. Un groupe de jeunes filles participent à une fête énigmatique dans les bois de cette province basque et les émissaires du Roi, sous le commandement du juge Rostegui (brillamment interprété par Àlex Brendemühl), accusent alors ces jeunes femmes de sorcellerie dont l'objectif est d'invoquer le Diable. Le film devient ensuite une sorte de huis-clos entre deux espaces, la cellule où toutes les jeunes filles sont emprisonnées et ces dernières se vouent alors à chanter la plupart du temps ; puis le salle où elles doivent avouer leur mission une par une devant le juge Rostegui. En effet, ce dernier souhaite savoir comment ces dernières ont fait pour invoquer et séduire Lucifer puis comment se réalisent les cérémonies d'invocation dans les bois basques, que savent-elles sur le Sabbat (Akelarre), comment se déroule cette cérémonie sibylline où le Diable adoube ses servantes, "ses sorcières d'Akelarre" puis s'accouple avec celles-ci.
Ce film a notamment remporté cinq Goyas en mars dernier : la meilleure directrice artistique pour Mikel Serrano, les meilleurs effets spéciaux, la meilleure musique originale, les meilleurs costumes et les meilleurs maquillages et coiffures. Il est vrai que la direction artistique du film est remarquable, Pablo Agüero nous retransmet l'ambiance d'une province basque dans les années 1600 où l'Inquisition espagnole règne de plus belle. De plus, la chanson que chante constamment les jeunes filles et qui revient lors du final grandiose est impressionnante tant le rythme que les paroles qui portent tout le sens du film. Quant au final, comme indiqué précédemment, celui-ci est époustouflant, la lumière, la musique, la chorégraphie, l'interprétation des actrices et d'Àlex Brendehmül, tout y est, et puis surtout la dernière scène est incroyable en tout point, toutes les interrogations que nous avons pendant 1h30 se résolvent à la toute dernière minute puisqu'effectivement, tout le film joue sur l'ambivalence entre vérité et mensonge, les jeunes filles sont-elles les sorcières d'Akelarre ou l'Inquisition espagnole se trompait-elle ? On note néanmoins et par moments certaines longueurs pas forcément nécessaires à la trame narrative. En ce qui concerne l'interprétation d'acteur, Àlex Brendehmül porte clairement le film, son regard, ses dialogues, sa prestance, tout y est encore une fois, mais il est également très bien épaulé par l'actrice Amaia Aberasturi, protagoniste des sorcières et qui porte un regard sur cette ligne directrice entre la vérité et le mensonge, puis par Jone Laspiur qui a récemment remporté le prix Goya du meilleur espoir féminin pour son rôle dans Ane de David Pérez Sañudo.