Matthias & Maxime
Note moyenne
3,4
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173 critiques spectateurs

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GéDéon
GéDéon

139 abonnés 727 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 avril 2026
Pour son huitième long-métrage, Xavier Dolan explore une nouvelle fois les thèmes de l’homosexualité et des rapports conflictuels mère/fils. Toutefois, dans ce film sorti en 2019, le jeune réalisateur québécois propose une vision moins exubérante de l’attirance physique en mettant en avant des personnages non gays. L’histoire retrace la passion naissante entre deux amis d’enfance les conduisant à se mépriser afin de refouler les sentiments qu’ils éprouvent. La mise en scène bénéficie de quelques plans accrocheurs mais donne surtout l’impression que l’auteur ne parvient plus à se renouveler. En effet, son sens artistique s’effectue au profit de séquences le plus souvent inutiles et confuses. Bref, une œuvre laborieuse tant les longueurs s’accumulent mais sachant faire preuve d’une vraie originalité dans la description de la différence.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 août 2025
Qui est le film ?
Sorti en 2019, Mathias et Maxime occupe une place charnière dans la filmographie de Xavier Dolan. Après les éclats visuels de Mommy, ce film semble amorcer un retour à une forme plus contenue. Comme si Dolan cherchait, cette fois, à se taire un peu. Le récit tient en quelques lignes : deux amis d’enfance, Mathias et Maxime, doivent s’embrasser pour les besoins d’un court-métrage. De ce baiser naît un trouble qui vient fissurer les certitudes, les identités, les amitiés. En surface, le film promet un drame intime sur le désir, l’amitié, et la peur de soi. En creux, il tente d'explorer ce qui se joue quand l’amour surgit là où il ne "devrait" pas.

Que cherche-t-il à dire ?
Ce que Mathias et Maxime cherche à capter, ce n’est pas tant un coming out que le vacillement intérieur. Le film ne raconte pas une révélation soudaine mais quelque chose qui ne veut pas (ou ne peut pas) se dire. Dolan abandonne ici les cris adolescents au profit du discret. L’ambition du film semble être de documenter ce trouble, ce moment suspendu où une vie pourrait bifurquer mais ne le fait pas encore vraiment.

Par quels moyens ?
Le cœur du film est un baiser. Loin de toute sensualité, le geste est filmé presque platement, dans le cadre impersonnel d’un court-métrage amateur. Et pourtant, c’est là que tout s’ouvre. Ce baiser dérange, non par ce qu’il montre, mais par ce qu’il réveille. Dolan choisit de ne pas le sublimer : il le donne sans fard, comme un fait banal, et c’est cette banalité même qui le rend si déstabilisant. Le réel ne vacille pas parce que l’événement est extraordinaire, mais parce qu’il est irréductiblement ordinaire.

Tout au long du film, Dolan compose des plans serrés, des espaces clos, où les personnages paraissent cernés. Le cadre devient ici métaphore : les murs, les reflets, les séparations visuelles trahissent un enfermement psychique.

La relation entre Mathias et Maxime est constamment sur le fil : trop tactile pour n’être qu’amicale, trop codée pour être assumée comme autre chose. Dolan capte ces moments ambigus : une main posée trop longtemps, un regard qui dure, sans les souligner. Ce flou émotionnel est le véritable centre du film, et sa principale force. On sent que Dolan veut interroger ce que l’amitié masculine peut contenir de désirs tués, de tendresses interdites. Mais parfois, à force de suggérer, le film oublie d’incarner pleinement.

Les scènes collectives, nombreuses, installent une normalité codée : blagues de potes, virées en voiture, bière à la main. Mais dans ces moments conviviaux, le film injecte une tension discrète : chaque éclat de rire semble dissimuler une surveillance mutuelle. Le groupe devient le garant de ce qu’il faut être, dire, paraître. Dolan montre bien la manière dont les injonctions à la virilité passent par les non-dits, les attentes tacites. Pourtant, cette idée reste plus énoncée que vécue, elle flotte sans se fixer dans des scènes fortes.

Où me situer ?
Face à Mathias et Maxime, je me sens partagé. J’admire la volonté de Dolan de changer de registre, de ne pas chercher l’effet, de s’aventurer dans une zone plus trouble, plus adulte. Il y a là une vraie tentative de déspectacularisation du désir, et une forme de courage dans cette pudeur. Mais cette retenue devient parfois une prudence, voire une paresse.

Le film semble hésiter entre dire et ne pas dire, filmer et retenir et finit par se tenir dans un entre-deux qui dilue sa force. On sent que Dolan veut laisser de la place au spectateur, mais il oublie parfois de l’emmener quelque part. Mon regard s’inscrit alors dans une attente un peu frustrée : le film me frôle, mais ne me traverse pas.

Quelle lecture en tirer ?
Mathias et Maxime est un film de seuils : seuil entre amitié et désir, entre affirmation et silence, entre jeunesse et maturité. Il refuse la résolution, le drame, la déclaration et ce refus est aussi son projet. Dolan tente ici un cinéma du retrait, plus nuancé, plus discret. Mais ce geste, pour être pleinement habité, aurait nécessité une plus grande densité de jeu, de rythme, d’incarnation. À force de filmer les silences, il arrive que le film s’y dissolve. Il reste alors une atmosphère, un trouble, une belle idée mais inaboutie.
ADM._.10
ADM._.10

2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 novembre 2024
Matthias et Maxime de Xavier Dolan est un film poignant qui explore avec finesse l’amitié, la sexualité et les dilemmes identitaires. La réalisation soignée de Dolan et les performances émouvantes de Gabriel D'Almeida Freitas et du réalisateur lui-même créent une alchimie palpable entre les deux protagonistes, Matthias et Maxime. Le film se distingue par sa bande sonore percutante et son approche subtile des relations humaines. Cependant, certains spectateurs pourraient trouver son rythme lent, surtout dans la première moitié, et l'absence de véritables rebondissements dramatiques peut rendre l'intrigue prévisible. De plus, bien que le film se concentre sur les deux héros, les personnages secondaires manquent de développement, ce qui limite l'impact de certaines scènes. En somme, bien que Matthias et Maxime offre une réflexion profonde et intime sur l'amour et l'identité, son ton introspectif et son rythme peuvent ne pas plaire à tous, notamment ceux qui préfèrent des récits plus dynamiques.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 octobre 2024
S’il se laisse suivre sans déplaisir aucun, ce film de et avec le cinéaste québécois Xavier Dolan sorti en 2019 vaut surtout pour le nom de son réalisateur. Il raconte l’histoire de deux amis, a priori engagés dans des relations hétérosexuelles, qui vont plonger dans un profond trouble après l’échange d’un baiser pour les besoins du court-métrage d’une amie. Hélas le scénario peine à s’incarner et Matthias et Maxime donne l’étrange sensation de nous immerger dans un cercle d’amis de trentenaires ayant des problèmes de personnes de 18 ou 20 ans. Quelques séquences très émouvantes pour un ensemble qui ne convainc pas pleinement.
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2024
Avec une jolie réflexion sur l’amitié et l’amour, Xavier Dolan brosse un portrait effervescent de sa génération à travers cette balade entre potes. « Matthias & Maxime » est la chronique d’une quête existentielle, un teen movie introspectif, sensible et touchant. Le récit ne nous emmène pas vers des sommets d’émotion mais le réalisateur nous demande subtilement de choisir, en suivant les propres choix de ses personnages, entre le désir et ses turpitudes et l’acceptation du trouble défendu. J’ai bien aimé cette maîtrise cinématographique sous des airs brouillons, les acteurs, la bande musicale malgré la longueur du propos.
René Cossette
René Cossette

4 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 juillet 2024
Je suis quand même un assez grand fan de Xavier Dolan. J'ai bien aimé Momny et J'ai tué ma mère. J'ai mis pas mal de temps à écouter ce film même si le synopsis me tentait beaucoup. Malheureusement c'est le pire film que j'ai vu depuis longtemps. L'intrigue parle de l'histoire de deux garçons qu'il est temps de court-métrage. Découvre qu'ils sont en amour. À ma grande surprise, la scène du court-métrage est coupée. De plus il se passe 1h30 avant que l'on ne voit ensemble de dialogue entre les deux personnages pour ensuite se rendre à la fin qui nous dit deviner ce qui va arriver. Absolument ridicule une perte de temps inouïe. Seul. Positif le talent des acteurs et Anne Dorval.
Julien GODINEAU
Julien GODINEAU

13 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2024
Un film de Dolan donc une orientation habituelle. Un film sur l'amitié et le désir. On a de belles scènes parfois très puissantes, d'une rare intensité (violence ou désir). La BO est magnifique. On regrette cependant des scènes inégales et un rythme également inégal.
Juleslapeuf
Juleslapeuf

11 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2024
Qu'est-ce que j'aime regarder les films de Xavier Dolan. Là, il met les questionnements d'un jeune homme sur son orientation sexuelle et des bouleversements que cela peut entraîner. A plein d'égards, ce film est touchant, mouvementé réussi.
Paulin Brun
Paulin Brun

26 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2024
Matthias et Maxime, meilleurs amis depuis l’enfance, s’embrassent pour les besoins d’un court métrage amateur. Maxime prépare son départ prochain pour l’Australie. Ce baiser change tout. Tous ces mots n’étaient pas nécessaires pour décrire la baseline de Matthias et Maxime. C’est une histoire d’amour entre deux amis.

Le scénario suit une ligne simple, “modeste” disent certains, qui tient pourtant toutes ses promesses. Xavier Dolan excelle en frustrant l’attente de son spectateur. Il ne montre pas le baiser qui déclenche la ligne narrative du film (ou alors si peu, dans le reflet d’une porte vitrée, lors de la ‘première’ du film). Il retarde au maximum les retrouvailles des deux personnages. Le spectateur ronge son frein, désespère de voir que les événements se décalent, que le départ de Maxime approche, que les opportunités de s’aimer ne sont pas saisies. Comme dans toute bonne histoire d’amour impossible, les personnages résistent, le spectateur souffre. Enfin, les retrouvailles adviennent, et c’est une explosion de sensualité, très fidèle à la générosité et à la fougue habituelles du cinéaste.


Le film pourrait avoir deux points de vue, celui de Matthias et de Maxime, en réalité il adopte surtout celui du premier. Des deux, c’est le plus hétéro-normé. Carré, sportif, dominant, c’est lui qui est le plus déboussolé par ce baiser, lui dont la trajectoire dévie le plus. C’est un personnage quasiment sans mots du début à la fin du film (lorsqu’il s’exprime lors du pot de départ de Maxime c’est une catastrophe) mais des jolies idées de scénarios expriment son trouble. Au petit matin qui suit le fameux baiser, n’arrivant à dormir, il part nager et se perd littéralement dans le lac. Puis il essaye d’échapper au trouble, puis il devient agressif. (Et puis il cède  ).


Une grande partie de la réussite du film, outre la construction très fine du scénario et son effet d’attente, tient à la prestation des acteurs et notamment à celle de Dolan lui-même. Il n’est pas si différent des personnages qu’il a déjà incarné dans ses propres films, mais parfait. Homme-enfant, un peu perdu, Maxime doit assurer le rôle de tuteur de sa mère mais a lui-même de grandes fragilités, symbolisées par la tache de vin qui lui fait une gigantesque larme de sang sur la joue. Il est à la fois plus enfantin et plus serein que Matthias, son corps est plus troublant. Il aimante tous les regards (la caméra le dévore), la psychologie de son personnage est plus complexe (on lit plus facilement Matthias). Parfois, on perçoit un coup d’oeil qu’il jette sur son ami, ouvrant une fenêtre sur son propre trouble. Dolan semble avoir été beaucoup inspiré par la mise en scène de Kechiche, et notamment par La Vie d’Adèle. J’y ai pensé, à des moments clés du film, parce que ce sont parfois des détails du cadre qui changent le sens du scénario (un coup d’oeil, un reflet). Mais également parce que le désir explose un peu selon les mêmes codes réalistes, jeu d’acteur et dialogues. (Kechiche que j’ai tant aimé, qu’on a perdu au dernier festival de Cannes visiblement.)

La suite sur https://legoutducine.home.blog/2019/06/11/matthias-et-maxime/
TUTUR29
TUTUR29

48 abonnés 1 344 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2023
Ça faisait longtemps que je n'avais pas revu un film de Xavier Dolan et j'avoue que ça m'avait quand même un peu manqué. On retrouve ici un film à l'esthétique un peu moins pop que Les Amours Imaginaires ou Laurence Anyways, on est plus proche du style un peu brute de Tom à la ferme ou Juste la fin du monde. Mais pour autant, Matthias et Maxime est un très beau résumé de dont est capable de réaliser Dolan puisqu'on y retrouve tout son style et ses obsessions : la découverte de l'homosexualité, les conflits avec sa mère, ce style visuel on est limite devant un clip MTV… Le tout mélangé à cette émotion et ce non-dit permanent que ressentent Matt et Max et dont on ressent le malaise tout le film, avec cette brillante mise en scène contemplative qui rend palpable ce mal-être. C'est un peu dommage j'ai l'impression que ce film est passé assez inaperçu alors que je trouve que c'est quand même l'un des plus maîtrisés de Dolan, même si ses sujets de prédilection tournent un peu en boucle. Je recommande chaudement malgré ça, d'autant plus que les acteurs sont excellents !
DemoCiné
DemoCiné

15 abonnés 191 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 avril 2023
Xavier Dolan poursuit son chemin et ses variations filmiques autour des mêmes thèmes : l'homosexualité refoulée, les relations mère-fils toxiques, le sens de l'amitié. Quand on connaît son univers, le film est peu surprenant et on retrouve tout ce qui fait un film de Dolan : réalisation nerveuse, dialogues chargés, scènes d'engueulades, scènes musicales. Si les enjeux sont rapidement installés, le film tarde à prendre son rythme de croisière. Le réalisateur québécois se répète et donne l'impression de tourner en rond. A mes yeux, ce qui sauve le film est un sens du dialogue aiguisé, un humour bien distillé, de bonnes répliques et une BO toujours aussi impeccable.
Emmanuelle Verhoeven
Emmanuelle Verhoeven

2 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 janvier 2022
film ayant du charme mais un peu brouillon. La relation entre la mère et le fils est très touchante.
Viintage_dreams T.
Viintage_dreams T.

55 abonnés 451 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2021
Un film prenant, assez flou au départ avec beaucoup de brouhaha, beaucoup de dialogue, beaucoup de bruit mais au final, comme à son habitude, Xavier Dolan réussit à nous transmettre toutes les émotions qu'il souhaite. On se met à la place du protagoniste, on est frustrée, on souhaite plus de clarté quant à sa relation avec son meilleur ami, on comprend à la fin. Les larmes ont coulées sans le vouloir, les émotions étaient fortes. Je recommande à 100%.
I'm A Rocket Man

393 abonnés 3 818 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2021
Film en deux parties selon moi... la première est très lente et très pénible ! On a du mal à se mettre dedans, les dialogues sont creux & inintéressants mais fort heureusement le casting sauve tout ! On retrouve Antoine Pilon, Pier Luc Funk, Anne Marie Cadieux et j'en passe... et résultat on prend du plaisir tout de même et soudain la deuxième partie se met en place, le mal être de Mathias se fait ressentir, son amour pr Maxime pointe le bout de son nez, on ressent sa frustration, son envie d'avouer, de se laisser aller... et ça devient franchement passionnant et on ne voit plus le temps passer ! Comme quoi il faut toujours s'accrocher !
Cinemu.fr
Cinemu.fr

36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2021
Matthias & Maxime a quelque chose de lumineux et existentiel, comme une douce et émouvante balade. Dolan signe une fable de millennaux pour millennaux à la portée universelle tout à fait maîtrisée et d’une certaine manière, nous rappelle qu’il n’a encore que 29 ans (on aurait parfois eu tendance à l’oublier).

Non sans user de tous les codes du mélodrame, à aucun moment ce long métrage ne tombe dans le pathos. Sa grande force ? Une galerie de personnages secondaires irrésistibles.

La réflexion sur le coup de foudre et le désir impossible est quant à elle malicieusement étirée, peut-être un peu trop, quitte à nous laisser sur notre faim, et sa maladresse touchante nous ferait presque oublier qu’il s’agit d’un 8e film.

Certains diront que le réalisateur ne fait que ressasser ses thèmes de prédilection, chez Cinemu, nous dirions plutôt qu’il affirme sa patte. Matthias & Maxime prend la forme d’une belle conclusion, celle d’une décennie prodigieuse.
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