Si certaines séquences ne sont pas toujours à la hauteur, le film de Matthieu Bareyre saisit les témoignages avec une éclatante vérité, sans effet ni surdramatisation, et enregistre l’imaginaire de la nouvelle génération. "L’Époque" est un rêve, celui d’un monde qui vient.
L'Epoque de Matthieu Bareyre nous laisse une immense émotion, ce film n'a rien d'un leurre, il est utile, poétique, flippant, boulversant... Des images de qualités sur la jeunesse !
Assurément un immense film, important et précieux, qui a su capter l'essence profonde d'un lieu et d'un moment, mais surtout la promesse d'un grand cinéaste en devenir : car Matthieu Bareyre a le don de l'empathie, il sait venir montrer chez les autres ce qu'ils ont de plus sensible, de plus beau, de meilleur. Nulle doute que s'aventurer vers la fiction et la direction d'acteur lui ouvrirait de nouvelles voix très enrichissantes !
film d'auteur très bien. j'ai apprécié aussi bien leçon son des images et surtout ce fond documentaire. si vous ne l'avez pas encore vu après c'est vous de le faire!!!
Un film nerveux et poétique , émouvant, inquiet et drôle et très beau esthétiquement . Il nous permet de « rencontrer » des garçons et des filles qui ont des mots justes et souvent une énergie formidable . Je l’ai vu il y a deux jours et ne cesse d’y repenser .
Quel film ! Je ne suis pourtant pas une passionnée de poésie, mais ce film est un poème. Un pur petit bijou cinématographique. On en sort, on a l’impression d’être encore dedans… Courez y vite !
belles images, indéniablement. Mais le reste ? j'ai l'impression que ça a été fait mille fois. J'ai trouvé ce film insupportable malgré sa courte durée. Cette violence omniprésente montrée avec bienveillance. Cet unique message, allons caillasser du policier. j'ai trouvé ça triste. Et puis l'utilisation de La Follia de Vivaldi, à en donner le tournis. Merci de citer le musicien dans les crédits.
La jeunesse parisienne en fiesta ou en manif, avec ses rêves et ses révoltes. Le docu laisse la parole à une jeunesse diverse, étudiants, salariés, chômeurs, petits dealers, parisiens ou banlieusards. Des témoignages plus ou moins intéressants. Beaucoup de place donnée à Rose par rapport aux autres , elle dit des choses bien mais à la fin ça saoule !
Attention, cet avis contient ce genre de spoiler: Policier.e.s, passez au jaune ! Le gilet...pas l'alcool. . L'époque se voudrait une collection de rencontres d'où surgirait l'esprit d'une génération. Mais l'époque, le docu, succombe à l'époque, mode médiatique. L'oeuvre verse donc dans le jeunisme, le spectaculaire (de la belle image, scènes de fête, de casse, de confrontation avec la police...), la volonté de faire de l'authentique, du brut, le refus de toute explication ou contextualisation. Le réal y filme des "jeunes" (des 18-25), parisien.ne.s, la nuit. Et pas n'importe qui, 2 classes stéréotypées: des bourgeois.es blanc.he.s sans idéaux (science po, école de commerce, black bloc) et des habitant.e.s de "cités HLM" (en novlangue, on dit "banlieue") non caucasien.ne.s. Viennent s'ajouter Rose et Soall, 2 personnalités passionnées qui tranchent dans le "casting" (Rose a beaucoup de temps de parole, Soall ne parle pas strictement de politique). L'Etat, lui n'a pas droit à la parole. On n'en voit que le cirque médiatique, la surveillance invisible (en novlangue, on dit "vidéo-protection") et des CRS perçus en tant que machine répressive (faudrait pas qu'on aille s'imaginer qu'ils sont humains). Côtés "té-ci" et nuit debout, on crache beaucoup sur l'Etat auquel on demande tout. Bref, en bon nihilistes, on veut bien s'opposer voire caillasser le léviathan mais pas s'engager dans un projet constructif, ni faire de proposition. Les aspirations sont fortes, l'espoir est maigre. La diversité des points de vue est finalement homogène. Certaines paroles restent édifiantes et témoignent d'une jeunesse aussi inquiète qu'inquiétante. Les gauchistes seront brossés dans le sens du poil et les droitistes se scandaliseront. Si les républicains (ceux de la République, pas du parti politique) se désoleront de certains propos, le docu reste très bien emballé, la scène d'ouverture, le montage et les personnalités attachantes véhiculent des torrents d'une énergie pas toujours positive. Produit frais malgré les lourdes vapeurs d'alcool.
"L'époque" est une bombe. C'est un film à l'énergie folle, qui vous emporte sur son passage. On pleure, on rit, on se retrouve dans les visages de ces jeunes filmés entre 2015 et 2017. Courez-y car c'est une pépite, un joyau rare, un véritable film de cinéma, avec des individualités puissantes. Bravo à Matthieu Bareyre pour avoir su regarder l'époque en face. Merci pour ce cadeau.
Dérangeant, troublant, poignant, bouleversant, émouvant, révoltant, flippant, le film montre un morceau de notre époque, de maintenant, sous la loupe, à Paris, place de la République, avenue des Champs-Elysées, rue Oberkampf… 2015, 2016, 2017. Au-delà de l'actualité, c'est la globalité de la situation, de l'époque qu'on voit à travers chacun des personnages et c'est le ressenti de chacun qui nous importe sous le ciel de la nuit infinie que Mathieu Bareyre illumine de toutes les couleurs des sentiments, les siens, les leurs, les nôtres. Ca parle d'amour, de révolte, du temps qui passe, de musique, de faits divers... Tout ce qui empêche la jeunesse de dormir. Des étudiants, des fêtards, des chômeurs, des dealers … « L’Époque, ça fait 'poc'. C’est le bruit d’un coup de matraque, le son d’un mec qui a le crâne creux ». C'est Rose qui le dit. Rose, grave et lumineuse, souriant à son angoisse, Rose gravée dans l'époque et l'illuminant. L'Epoque nous fait regarder la Jeunesse dans les yeux et ça pique. Seul derrière la caméra, avec son ingénieur du son,Thibault Dufait, Mathieu Bareyre capte le sensible, entre dans le visage des gens. Dans la note d’intention de "Joli Mai" de Chris Marker et Pierre Lhomme dont Matthieu Bareyre dit s'être inspiré, on peut lire : « c’est un film à ricochets. Les auteurs ne seront que des lanceurs de questions, sur l’eau de Paris : on verra comment les cailloux retomberont, et s’ils vont loin » . Qui vivra, verra.