L'Amour l'après-midi
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VERTIGO
VERTIGO

7 abonnés 413 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 mars 2026
Contrairement à toutes les critiques élogieuses et la page Wikipédia du film je ne trouve pas du tout ce film du niveau du film "ma nuit chez Maud" meilleur film de Rohmer avec « le genou de Claire ».
Le sujet était pourtant bien choisi, mais les principaux acteurs sont mauvais surtout Zouzou qui joue totalement faux ayant certainement du mal à jouer ce rôle de composition d'une simple serveuse dans une boite de nuit.
Seule la vraie femme de Bernard Verley dans la vie, Françoise Verley est crédible.
Dommage.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2025
Il y a dans L’amour l’après-midi cette élégance tranquille typique des films d’Éric Rohmer, une manière bien à lui d’observer les glissements imperceptibles du cœur et de la pensée, en apparence anodins, mais en réalité chargés de tensions morales silencieuses. Et pourtant, derrière cette douceur apparente, quelque chose résiste. Le film touche, mais n’enlace pas ; il intrigue, mais ne bouleverse pas ; il charme, mais ne séduit jamais tout à fait.

Frédéric, jeune père de famille dans un Paris feutré des années 1970, mène une vie stable, presque étanche à toute turbulence. Mari aimant, professionnel respecté, il n’a pas de raisons objectives de douter de son bonheur. Mais c’est bien là que Rohmer commence à jouer : dans ce « trop plein » d’équilibre, ce confort qui devient sa propre cage, ce bonheur qui demande — presque implore — à être fissuré. Et voilà que Chloé surgit, incarnée avec une nonchalance provocante par Zouzou, et introduit dans la vie de Frédéric une faille douce, presque imperceptible, par laquelle vont s’engouffrer des questions qu’il n’osait plus formuler.

Le film déroule alors, sans heurts, une valse discrète entre fantasme et raison, entre tentation et renoncement. La structure est linéaire, presque plate, et c’est volontaire : Rohmer filme le quotidien comme un terrain d’expérience morale, où rien ne se passe, ou presque, et où pourtant tout se joue. Chaque regard de Frédéric, chaque silence de Chloé, chaque infime hésitation dans les dialogues devient une matière première du trouble. Ce n’est pas du suspense — c’est de l’oscillation.

Mais cette retenue, admirable dans sa constance, peut parfois donner au récit une texture un peu lisse. Les moments de tension, bien que réels, manquent d’accélération dramatique. On aimerait que certaines scènes prennent davantage le risque de l’inconfort ou de la déchirure. Le rêve d’un talisman magique pour séduire toutes les femmes effleure une audace poétique — mais il reste trop fugace, presque anecdote. De même, spoiler: la scène centrale, où Frédéric fuit l’appartement de Chloé au seuil du désir, est belle dans son ambiguïté, mais demeure théorique, comme désamorcée par avance.


Ce qui frappe, en revanche, c’est la justesse des figures féminines. Là où d’autres cinéastes auraient réduit Chloé à une simple tentatrice, Rohmer en fait un personnage autonome, opaque, indompté. Zouzou n’incarne pas un fantasme masculin : elle est son propre désordre, sa propre énigme. spoiler: À l’inverse, Hélène, épouse aimante et discrète, finit par apparaître non comme une figure stable, mais comme la vraie inconnue du film — cette femme qui pleure sans un mot à la fin, sans que le spectateur sache exactement pourquoi.


Visuellement, le film épouse le quotidien avec délicatesse. La photographie de Néstor Almendros est, comme toujours, d’un naturel presque transparent, sans emphase. L’éclairage doux, les décors réalistes, les couleurs pâles : tout concourt à une impression de réalisme contemplatif, à la limite de l’abstraction sociale. On est dans un Paris sans fracas, où les passions grondent à voix basse, derrière les portes closes et les cafés silencieux.

Rohmer, fidèle à lui-même, refuse les conclusions tranchées. Ce que l’on croyait être une histoire de fidélité devient une fable sur le dédoublement, la coexistence possible — ou non — de plusieurs soi. C’est dans cette idée, en demi-teinte, que le film trouve sa singularité : la fuite de Frédéric n’est ni victoire morale, ni échec érotique, mais une sorte de repli dans le rêve éveillé, un retour à l’imaginaire — là où, paradoxalement, la liberté semble plus viable que dans l’action.

Et pourtant, malgré toutes ses qualités — la finesse des dialogues, l’intelligence des situations, la pudeur de la mise en scène — L’amour l’après-midi ne parvient pas à atteindre la puissance émotionnelle de certains autres Contes moraux. Il est plus cérébral que viscéral, plus élégant que bouleversant. spoiler: Ce n’est pas un défaut, mais une limite, assumée, peut-être même revendiquée. On sent que Rohmer n’a pas cherché à faire un film « fort », mais un film lucide, précis, presque expérimental dans sa sobriété. C’est une œuvre qui exige une forme d’écoute patiente, mais qui, pour certains, laissera peut-être une impression de distance, de frôlement inabouti. Ce dernier conte moral clôt donc le cycle comme une respiration retenue : ni sommet, ni épilogue fade, mais une œuvre intermédiaire, suspendue, qui résiste à l’évidence. À la fin, Frédéric ne choisit pas vraiment. Il revient. Et c’est peut-être tout ce que Rohmer veut dire : qu’à force de vouloir vivre deux vies, on risque de ne plus habiter pleinement aucune.

Un film d’une grande délicatesse intellectuelle, qui dessine à traits fins ce que d’autres auraient peint à coups de clairons. Mais dont le murmure, aussi subtil soit-il, n’enveloppera pas tous les spectateurs avec la même intensité.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juin 2024
Dans son sixième conte moral, ERic Rohmer étudie l'adultère "bourgeois"; un thème qu'un autre cinéaste de la Nouvelle vague (Truffaut dans "La peau douce" avait évoqué avec sensibilité et hors des contingences morales.
Dans "L'amour l'après-midi", Rohmer ne porte pas de jugement sur l'attitude de Frédéric face à la tentation, que la réalisateur parait considérer comme naturelle, de l'adultère. Frédéric, en revanche, exprime à voix haute, son désarroi et ses contradictions, son amour pour son épouse et son désir de Chloé, une ancienne amie qu'il vient de retrouver. Celle-ci incarne la tentation et la nouveauté autant que, opposée à la morale monogame de Frédéric, un célibat revendiquant la liberté et la multiplication des histoires et des partenaires amoureux.
On n'apprendra rien sur la condition de l'homme marié placé devant des attirances plus ou moins fugitives et se représentant, sans cynisme, "l'amour l'après-midi" comme une évasion. Le dilemme, tel qu'il est posé, de façon raisonnée et cérébrale -du Rohmer en somme- initie une réflexion habile et quasi exhaustive sur le désir, la fidélité, la culpabilité. Une réflexion dont l'enjeu, dit plus prosaïquement, est : Frédéric cèdera-t-il aux avances de Chloé?
On retrouve ici le style de Rohmer, sa mise en scène sans affèteries, discursive et dialectique plutôt que romanesque ou passionnelle.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2023
Film très typique d'Eric Rohmer avec des dialogues profonds et un scenario centré sur les péripéties des rapprochements amoureux. L'ambiance est typique des années 70. Des ambiguités subsistent sur le personnage de l'épouse du personnage principal.
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 octobre 2022
Le "Je t'aime" de Chloé est probablement le "Je t'aime" le plus original que j'ai vu. À l'image du film : intellectuel, désincarné, nihiliste et spontané.

Le sujet très intéressant est intelligemment orchestré narrativement parlant, dans ce conflit morale qui oppose l'acte et la pensée. Ici, l'auteur s'émancipe de l'idéalisme, et présente la polygamie vécu en distanciation par un homme marié, dont le fantasme de ses désirs passagers renforce l'amour pour sa femme. La civilisation est au centre de la thématique, plus précisément les liens sociaux, en cela que la polygamie détruit les liens sociaux à l'inverse du couple, équitable et équilibré (concernant l'idée générale bien-sûr). Ce qui est très perturbant dans ce film, c'est que le point de vue nous laisse sans repère original, sans dialogue entre le réalisateur et nous, de sorte que nous questionnons nous-même notre conception morale du couple face à la polygamie. Pour finir par un renversement du point de vue, inhabituel chez Rohmer : Le couple, l'amour entre deux personnes triomphe sur la polygamie. Et si polygamie il y a, la clef, qui n'est pas à la portée de tout le monde, est : la distanciation (l'intellectualisation au moyen de l'ascèse). Car elle préserve de l'acte.

C'est une utilisation habile du réalisme, nous nous identifions dans les méandres érotiques et morales du réalisateur à tel point que notre conception morale se confronte à notre point de vue et non seulement à celui de l'auteur, comme on aurait l'habitude de faire. Tout celà n'aurait pas été si Rohmer n'avait pas assumé son parti pris à la fin du film, et je ne m'y attendais pas (surtout après avoir vu ses précédents films qui en sont dépourvus). C'est un coup de théâtre intellectuel !

Dommage que la mise en scène ne soit pas au centre de ses convictions, car la beauté est étrangère à ce film..
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 6 août 2022
La loi des séries après « Le Bonheur » d’Agnès Varda, « L’amour l’après-midi » d’Eric Rohmer.
Le point commun à ces deux films : le personnage principal masculin joue avec sa vraie femme dans le film et celle-ci compte, après ce film partagé avec son homme à la ville, qu’UN FILM !
Il faut dire que les vraies épouses jouent relativement mal ! J’exagère à peine ; une filmographie, si tant est le mot est approprié, une expérience cinématographique dirais-je plutôt, famélique.
Ce qui m’amène tout naturellement au deuxième point commun : la direction d’acteurs.
Quelle direction d’acteurs ?!
Quand c’est professionnel (Drouot pour « Le bonheur » ou Verley « L’Amour l’après-midi » ), ça passe ; mais quand c’est amateur, c’est insupportable.
Et puis c’est offenser l’amateur, car il y a des amateurs qui jouent très bien. Seulement, si les non-professionnels jouent mal, la faute en revient à une direction d’acteurs inexistante !

Agnès Varda comme Eric Rohmer se contentent de très peu. Les actrices récitent plus qu’elles n’incarnent mais à défaut d’incarner - c’est réservé top niveau -, au moins jouer… Elles ne jouent pas, elles récitent en s’efforçant de mettre le ton. Ce ton est artificiel. D’où ce ton souvent monotone.
Les secrétaires de Frédéric par exemple dans « L’Amour l’après-midi » sont du même acabit ; il en est de même du type que rencontre Frédéric au moment où ce dernier déjeune aux alentours de 14h. Que cet acteur joue mal.
A sa décharge, est-il vraiment acteur ? Peut-on l’affubler du titre acteur ? C’est peut-être un personnel du film à qui on a demandé de jouer pour le fun.
Un passant ? Un client du restaurant ?
Affligeant ce manque de rigueur !
Exemple récent : "Albatros" de Xavier Beauvois, il fait jouer des non-professionnels, des gendarmes et un agriculteur. Ecoutez la diction, l'intonation, rien à voir avec ce que fait Rohmer ! Et Agnès Varda dans "Le bonheur".
On peut en trouver des amateurs ou non-professionnels qui sont bien dirigés. Le jeu n'est peut-être pas mirobolant, mais on est loin de ce ton monocorde, chantant, récitant insupportable.

A leur décharge, ces acteurs, actrices non-professionnels ne sont pas gâtés car ils doivent débiter un texte à caractère littéraire. Ce n’est pas facile de le rendre fluide, comme sait le faire Bernard Verley sous les traits de Frédéric dans « L’Amour l’après-midi ».
Ben moi, désolé, quand ça joue mal, j’ai du mal à rentrer dans le film, ça me démange aux entournures, je n’ai qu’une hâte : le générique de fin.
Eh oui, il est très rare que j’abandonne un film. Je bois le calice jusqu’à la lie !

Je suis méchant me direz-vous, je le concède.
Françoise Verley, l’épouse de Bernard Verley qui interprète Hélène épouse de Frédéric ne s’en sort pas trop mal mais ça démange quand même. On ne la voit pas trop, tant mieux.

Malgré l'ennui, je reconnais que les réflexions mentales de Frédéric me parlent. Il m’est arrivé de me poser le même genre de questions sur la femme qui partage depuis de longues années ma vie, pourquoi elle et pas une autre, prendre plaisir à regarder les femmes sans arrière pensée, à regarder les couples, à les imaginer dans leur intimité sans pour autant avoir de pensées graveleuses ; et d’autres réflexions posées par Frédéric.

Le film tourne trop en rond en ce qui me concerne avec cette Chloé (Zouzou) même si la fin emprunte une issue pas si prévisible que ça.
Un bon point.
Voilà pourquoi, je vais être clément dans ma note ; les réflexions de Frédéric et cette fin m’amènent à penser que Rohmer maîtrise bien la condition humaine à défaut de maîtriser le jeu des acteurs non-professionnels !
Sabine
Sabine

11 abonnés 119 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mai 2022
Je n'ai vu que quelques films de Rohmer aussi ai-je décidé d'approfondir ma connaissance du travail de ce monsieur. Si j'ai beaucoup aimé "la collectionneuse" parce que j'ai trouvé qu'il y redonnait merveilleusement bien l'ambiance des vacances et les hésitations de son héros avec en plus des plans mémorables, j'ai été ici moins impressionnée. On suit bien le cheminement émotionnel du personnage principal et c'est tout l'intérêt du film. C'est intéressant. Mais j'ai trouvé que Zouzou sonnait faux par moment et esthétiquement le film est plutôt sans intérêt... Un peu déçue...
Roub E.

1 306 abonnés 5 370 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 février 2022
Toujours curieux de découvrir de nouveaux cinémas j’ai tenté pour la première fois un film d’Eric Rohmer et quel horreur. Pour être très franc j’ai eu envie de couper dès la fin du prologue ayant rapidement compris que j’allais détester. Les dialogues très littéraires sonnent faux et les acteurs aussi. Et puis ils sont vains et ridicules. C’est pendant une heure et demie les élucubrations d’un homme (en sous pull à col roulé) insignifiant et effroyablement commun qui se prend pour le nombril du monde. Le pinacle de la vacuité de la chose étant la scène d’achat d’une chemise à carreaux qui « gratte un peu ». J’ai trouvé le film extrêmement misogyne avec une morale mal placée. La caméra amorphe n’aide pas à intéresser à ses marivaudages d’une tristesse et d’une platitude infinies. Peu de cinéma, beaucoup d’onanisme voilà ce à quoi m’a fait penser un film qui est à ce jour le pire que j’ai vu du groupe de la « nouvelle vague ».
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 février 2022
Sixième et dernier conte moral, un marivaudage très rohmérien autour du désir et du fantasme de l’homme marié, servi par des dialogues bien écrits et une interprétation convaincante, avec notamment la séduisante Zouzou, excellente en femme émancipée de son époque. 3,25
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 juillet 2020
C'est le sixième et dernier opus de la série des Contes moraux de Rohmer (1962-1972). En guise de clin d'œil, le cinéaste y fait d'ailleurs réapparaître, lors d'une séquence onirique, les actrices principales des films précédents (Françoise Fabian, Marie-Christine Barrault…). Au menu de ce sixième conte moral : une réflexion à bâtons rompus sur les thèmes rohmeriens de toujours : l'amour, la séduction, la liberté, l'engagement, la morale, le conformisme bourgeois… S'y ajoutent ici quelques variations sur la vie parisienne. Dans ce canevas qui modernise une certaine tradition littéraire des 18e et 19e siècles, quelque part entre Marivaux et Musset, le point de vue est masculin. L'analyse de la confusion des sentiments et des désirs y est très fine. On retrouve le style si caractéristique du cinéaste : intellectuel, doté d'un verbe très élaboré, trop parfois, à la limite de la préciosité. Mais ici, la raideur artificielle dans le dispositif des dialogues est plutôt moindre que dans bien des films du réalisateur. Elle paraît en tout cas moins décalée dans ce monde adulte que dans le monde adolescent ou post-adolescent que Rohmer s'est souvent plu à explorer, avec les mêmes artifices. Affleurent également un soupçon d'érotisme vers la fin du film, ainsi qu'une émotion, quelque chose qui sonne juste sur le cœur des hommes (leurs envies contradictoires, leurs lâchetés…) et quelque chose de touchant qui émane du personnage féminin central et de l'actrice qui l'interprète (Zouzou).
Serge K
Serge K

21 abonnés 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 décembre 2019
Long ennuyeux, pas vraiment d'histoire, ce film, aussi bien dans les dialogues que dans le jeu d'acteur a mal vieilli, seule les vues de Paris m'ont intéressées.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2019
Les gens passent et disparaissent. On ne les voit pas vieillir.
Le film est un long fantasme de la femme
« Je rêve que je les possède toutes »
Et en même temps c’est une transformation que filme Rohmer. Un homme renversé dans son quotidien qui intellectualise tout, même une relation d’amitié qui devient petit à petit un besoin d’être ensemble.
Le couple est charmant et attendrissant comme l’est également la femme qui pleure d’amour à la fin.
Il est rare de finir presque bouleversé chez Rohmer. Ici c’est le cas.
jus d'citron
jus d'citron

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 août 2018
Magnifique film de Rohmer. Le film se concentre sur la tentation d'infidélité d’un père de famille dans le début des années 70. Comme à son habitude la mise en scène est très épurée et directe mais le film, en cherchant à se placer du point de vue de son protagoniste, se teinte aussi d’onirisme de sensualité et même d’une certaine beauté plastique. Précis comme une pendule et vertigineux dans les instants décisifs, assurément un des chefs-d’œuvre de son auteur.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 août 2018
Tout était réuni pour que j'adore ce film mais je reste plutôt déçu, pourtant il y a des moments très réussis mais quelque chose m'empêche de réellement apprécier le film, je trouve par exemple la tension sexuelle peu crédible, du moins je n'y crois pas assez, je ne me suis pas senti autant impliqué que je ne l'aurais espéré. Bien que les bases et la conclusion soient remarquables, bref j'en sors passablement frustré.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2017
J'avais 15 ans quand j'ai vu "l'Amour l'après-midi" un dimanche après-midi sans amour dans un petit cinéma de la petite ville de province où se traînait mon adolescence. On était en 72, ou peut-être bien début 73, et le film m'avait marqué, presque traumatisé : on y (entre-) voyait plusieurs très belles femmes nues, et le triste "héros" du film s'enfuyait en courant plutôt que de coucher avec la sublime Zouzou. Tout cela m'avait semblé certes fascinant, mais quand même bien mystérieux ! Puis au fil des années, étant devenu le fan numéro 1 (j'en suis persuadé) d'Eric Rohmer, j'ai tourné et retourné autour de "l'Amour l'après-midi" sans vouloir lui attribuer plus qu'un strapontin en tant que "Conte Moral" un peu mineur, faisant pâle figure, comme son héros blafard et un peu mou, devant les chefs d’œuvre l'ayant précédé, et ceux qui suivraient... Mais à le revoir une fois de plus, cette fois, son prologue m'a scotché, hypnotisé même, avec cette superbe voix off (un exercice pourtant difficile, on le sait) décrivant une vie citadine et une attraction pour les femmes qui furent régulièrement miennes, et aboutissant à un stupéfiant retour rêvé de Rohmer sur ses héroïnes antérieures. Après une telle introduction, le reste du film en devenait presque superflu...

Il s'est avéré que le problème que m'avait longtemps posé sa très amère (voire douloureuse) conclusion - ce retour prudent à la norme, alors que j'avais toujours désiré quant à moi le triomphe de la liberté de vivre et de penser, symbolisée par la belle Zouzou, archétype séduisant de la jeune femme soixante-huitarde, sur le conformisme bourgeois (d'ailleurs assez malmené à l'époque...) - ne me semblait plus désormais aussi grave ! La belle lucidité de cette peinture de la lâcheté (et de la mauvaise foi) masculine, contrebalancée par l'indiscutable empathie que Rohmer nous fait ressentir vis à vis de son "héros", brouillant ainsi très efficacement son discours "moral", me paraît aujourd'hui élever le film au dessus de la légèreté qu'on lui avait attribuée à l'époque. Défiant toujours largement toute interprétation simpliste, "l'Amour l'Après-Midi" résiste bien au passage du temps et pourrait bien continuer à fasciner longtemps le spectateur du XXIème siècle.
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