Sauvage
Note moyenne
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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 septembre 2018
Léo a vingt-deux ans. Il se prostitue. Il vit à la rue, se nourrit de fruits volés ou de détritus, se lave dans une flaque d'eau sale. Sa santé s'en ressent.

Le premier film de Camille Vidal-Naquet flirte avec le documentaire. Son sujet est dur sinon glauque : la prostitution masculine. Il le filme frontalement sans l’esthétiser, comme l'avait fait par exemple récemment "Brothers of the Night" de Patric Chiha. S'il ne quitte pas d'une semelle Léo, il montre les "tapins" qui l'entourent, une petit bande cosmopolite où les étrangers, dont on imagine volontiers que leur situation au regard du droit du séjour n'est pas forcément régulière, prédominent.

"Sauvage" est transcendé par son acteur principal. Félix Maritaud, remarqué dans "120 battements par minute" - où il jouait le rôle ingrat de l'amant de Nahuel Perez Biscayard avant sa rencontre avec Arnaud Valois - donne à Léo une troublante authenticité. Léo a gardé l'innocence de l'enfance - dont on ne saura rien mais qu'on imagine malheureuse. Il tapine sans l'avoir vraiment choisi et sans avoir conscience de le subir. C'est pour lui un mode de vie "normal" faute d'en connaître aucun autre.

Comme "Brothers of the Night", Camille Vidal-Naquet montre que les tapins masculins sont majoritairement hétérosexuels. C'est le cas de Ahd (Eric Bernard) dont Léo se rapproche et auprès duquel il aimerait trouver une tendresse, un havre que sa vie lui refuse. Il montre aussi, sur un mode quasi-documentaire, les atteintes à la santé que la prostitution provoque. À trois reprises Léo est dans le cabinet d'un médecin - la première fois pour la première scène, surprenante, du film, la deuxième pour la plus belle et la plus émouvante.

"Sauvage" montre la prostitution sans l'euphémiser. Le film, interdit aux moins de seize ans, filme les corps nus, les sexes en érection, les fellations tarifées. Il interroge en passant la situation des handicapés et des personnes âgées réduits à recourir aux services de prostitué.e.s pour échapper à leur solitude sexuelle. Il contient une scène révoltante où Léo devient le jouet des pulsions sadiques d'un couple SM.

L'accumulation de ces vignettes joue au détriment de l'ensemble qui fait parfois du surplace. Le postulat de départ est clair : Léo est un "sauvage" que le réalisateur se refuse à juger. Mais sa santé déclinante et la rencontre d'un amant aimant qui lui offre l’espace d'un instant une planche de salut ne suffisent pas à en faire un film consistant.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2018
On accuse souvent le cinéma français d'aligner les lieux communs, de faire se succéder les scénarios convenus, en somme d'être en panne d'inspiration. Eh bien, le film "Sauvage" du réalisateur Camille Vidal-Naquet ne peut laisser indifférent. Et c'est peu dire : dans la veine de "L'inconnu du lac", mais en beaucoup moins solaire, voici l'un des films les plus dérangeants qui soient. Encore faut-il apporter une précision d'importance. Si l'on se réfère à la majorité des critiques, il s'agit de prostitution masculine, un point, c'est tout. Bien sûr, Léo est un jeune homme de 22 ans qui passe ses journées à attendre le client dans le cadre interlope du bois de Boulogne. Il y côtoie une faune de jeunes gens avides de vendre leurs corps à des clients affamés de sexe et cachant parfois de sombres désirs. Mais le film se donne à voir comme un parcours individuel fait d'une immense solitude qu'il s'agit de combler vaille que vaille. Plus encore : au-delà des passes successives qui sont filmées avec une crudité qui peut choquer, se lit une réflexion sur la condition de ces êtres qui cherchent du plaisir à défaut de bonheur. Certaines rencontres sont particulièrement émouvantes, depuis celle du handicapé exclu de l'amour jusqu'à celle du vieillard qui finit par renoncer au plaisir pour se satisfaire d'une épaule nue adossée contre lui. Ainsi Léo apparaît-il comme une métaphore de l'humanité douloureuse. Lui dont on ne sait rien et qui refuse de parler de sa famille au médecin qui le prend en charge, lui le déclassé, le vieilli avant l'heure, sera contraint de suivre un véritable chemin de croix au bout duquel une possible rédemption se dessinera. Mais le chemin est long : le film ne dure qu'un peu plus d''une heure et demie, mais quelle densité, quelle force dans les images et bien sûr quelle performance d'acteur pour Félix Maritaud qui EST pleinement Léo !
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2018
Je republie ma critique telle quelle car encore soumise à la censure :
Une longue descente en enfer dans l'isolement et la précarité de la prostitution masculine de rue... Félix Maritaud est parfait de réalisme !

Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 septembre 2018
Sauvage est un film réaliste sur les conditions de vie des marginaux et des prostituées qui n'évite pas l'ecceuil de son sujet mais à le mérite d'éviter le misérabilisme. Félix Maritaud livre une performance exceptionnelle et porte, de sa présence solaire, un film à la structure cyclique un peu trop marquée. Au final, loin d'être le choc attendu, sauvage, malgré la crudité de son sujet, reste assez conventionnelle surtout la fin très attendue. Au final, une œuvre dominée par la performance d'un jeune acteur prometteur et qui mélange assez habilement tendresse et brutalité. Plutôt réussi dans les limites de son ambition.
Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 septembre 2018
"Sauvage" est âpre, dur, viscéral, dérangeant et à ne pas mettre entre toutes les mains. Mais Camille Vidal-Naquet, dont c'est le premier film, sait apporter, sous les aspects d'un documentaire sur la vie d'un jeune prostitué, une humanité, une fragilité, une douceur au milieu de la fange qui trouble et émeut. Félix Maritaud qui se donne corps et âme à son rôle offre une douce palette d'expressions à son personnage qui n'est qu'une boule d'amour et de fébrilité. On pense souvent à la caméra empathique des frères Dardenne ou au film "Sans toit ni loi" d'Agnès Varda par cette propension que possède le réalisateur d'offrir un portrait sans concessions mais aussi sans jugement d'un personnage troublant et solaire. Le dernier plan muet du film long et bouleversant figurera longtemps dans mon panthéon des images inoubliables.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2018
Très belle réussite que cette immersion dans l'univers d'un jeune prostitué de 22 ans. La fiction permet d'entrevoir le quotidien de la prostitution masculine : l'attente au bord des routes, les conflits et complicités avec les autres, les clients en manque d'affection, les pervers absolus, les sorties en boîte, la drogue, etc. Le scénario est suffisamment bien écrit pour qu'aucun personnage ne sombre dans le cliché. On saisit aisément que la complexité extrême qu'on découvre chez le personnage principal trouverait son équivalent chez tous les autres. L’irrépressible désir d'être aimé, qui trouverait sans doute son origine dans la réponse à la seule question qui dérange ("Et vos parents, vous les voyez souvent ?"), ouvre la voie à tous les excès. Les comédiens, tous inconnus à ma connaissance, sont parfaits. La plus grande réussite du film est peut-être de nous inciter à désormais porter un tout autre regard sur certains jeunes hommes (et jeunes femmes) qu'on croise parfois dans nos rues.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2018
Difficile de rester indifférent face au premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet qui joue avec les extrêmes pour y déceler une indicible tendresse. "Sauvage", film indépendant intriguant, nous plonge dans les abysses de la prostitution masculine, avec réalisme, humanité et violence. Le réalisateur a su saisir de façon espiègle cette bande d'hommes de trottoir déshumanisés, désapprouvés et reclus de la société, et ce, loin des clichés. Après un début imprévisible qui place tout de suite dans l'ambiance, on assiste, sans pudeur, à leurs relations, leurs amitiés et leurs conflits. Par le biais d'un anti-héros en quête d'intimité et de douceur, on est pris à vif grâce à l'interprétation brutale et habitée de Félix Maritaud qui tient sur ses épaules toute l'intensité du film. Eric Bernard, acolyte de trottoir, vient contre-balancer son énergie ainsi que les idées reçues sur le tapinage, avec coeur et rudesse. On assiste à ce quotidien hors du temps, stimulé par des désirs sexuels atypiques où Léo, principal protagoniste, se perd pour se réparer ou se détruire à l'image d'un Phoenix dont on abuserait de son incroyable pouvoir de régénérescence. Pourtant, on ne saura jamais rien de son passé ou des raisons qui l'ont conduit à cette situation ; ne comptent ici que le présent et ces piques de vie fulgurantes. Dans cette cruauté des images et de l'homme animal qui assouvit ses pulsions hormonales, une poésie angélique se dégage par la présence de cet être déboussolé mais aussi hypnotisé par ce tourbillon charnel. Comme une sorte de spleen des temps modernes. C'est d'ailleurs lorsqu'il rentre en contact avec d'autres êtres qui voient en lui un être humain qu'une émotion douce et tendre se fait sentir. Subtilement, on découvre qu'il n'y a que l'apparence de cet objet de fantasme qui est sublimé et attrayante car à force de s'oublier lui-même, son corps crie à l'aide et se détériore à petit feu. Et croyez moi, face à la violence extrême d'autres scènes, celles-ci offrent une respiration et une prise de conscience qui poussent à la larme, voire au sanglot. On pourrait reprocher au film son côté trop cru et parfois répétitif dans sa grande tendance à l'extrême qui semble enfoncer les personnages dans un trou irrécupérable, à l'image d'un déchet ou d'une épave. Mais Camille Vidal-Naquet n'a pas voulu faire un film civilisé, bien au contraire, il l'a souhaité abrupt, poisseux et sauvage... sans pour autant être indigne ou sordide. C'est une tranche de vie parfaitement servie, qui remue et qui marque.
Onir
Onir

93 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2022
Itinéraire d'un enfant paumé et une plongée dans le glauquissime milieu de la prostitution ... glauquissime au possible , ou quand l'argent prends le pas sur ta dignité, l'horreur, surtout du point de vue des clients ... j'ai une aversion totale pour les usagers de ce type de service, comme ci l'argent te donnait le pouvoir d'asservir un être humain, quelle horreur.
C'est efficacement et subtilement bien retranscrit.

Les deux acteurs principaux sont très bons dans leurs rôles respectifs, je découvre Eric Bernard que j'ai trouvé excellent, on croirait plus à un documentaire qu'à un film tant les acteurs principaux était justes.
spoiler: Un petit bémol avec " le pianiste " ou on bascule un tantinet dans l'excés je trouve ... c'etait pas nécessaire pour comprendre à quel point le personnage principal est déterminé à s'auto flageller et à se maintenir dans l'ombre plutôt que d'aller chercher la lumiére ...

Un bon film pour ceux qui aiment la réflexion, je n'ai pas ressenti une seconde d'ennui.
mem94mem
mem94mem

134 abonnés 589 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2018
Film très bien écrit (magnifique ouverture) qui relate une tranche de vie d'un homme prostitué et avant tout, sa précarité. Félix Maritaud est époustouflant de présence et de sincérité, il électrise le scénario. La tension assez permanente est maintenue par l'imprévisibilité du fil narrateur, une fois que l'attachement à Léo est assuré et sa déchéance refusé. J'ai trouvé le film relativement pudique.
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2018
Un film plutôt cru qui se laisse regarder sans ennuis ni déplaisir, grâce au personnage principal attachant qui arrive à nous émouvoir et nous faire oublier certaines scènes répétitives et faiblesses de scénario. A voir sans aucun doute mais pour public averti.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 août 2018
A l'image de la scene d'ouverture, sauvage vous surprendra par sa qualite d'ecriture, au fil des rencontres, pour faire naitre une emotion et empathie pour une belle ame. Felix maritaud par son jeu remarquable, transpire l'univers sauvage. Pas un film pour tout le monde, certes, mais en entrant dans la salle si vous connaissez deja le bref synopsis ,vous serez transportes. Magnifique film. j'ai adoré
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 septembre 2018
Cet été, le navet français racoleur pousse bien dans les salles obscures : après "Un couteau dans le coeur", fin juin, "le monde est à toi" il y a 2 semaines, voici "Sauvage", premier long métrage Camille Vidal-Naquet. L'histoire d'un prostitué mâle joué par Félix Maritaud, plutôt pas mal, malgré tout. Il n'arrive pas, pourtant, à sauver le film.
mattdvl
mattdvl

30 abonnés 49 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 août 2018
Un film dur et fort mais qui ne joue pas dans le pathos. Felix Maritaud est excellent et donne à son personnage une grande humanité (la scene avec la femme medecin est superbe). Seul bémol, ma conclusion du film n'est pas a la hauteur.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2018
Pour son premier long-métrage, Camille Vidal-Naquet nous dresse le portrait sans concession d'un paumé au grand cœur interprété par un Félix Maritaud époustouflant. Chronique sur la prostitution masculine d'une grande crudité et à la violence ordinaire - certaines séquences sont à la limite du soutenable - Sauvage se concentre en réalité davantage sur le parcours d'un jeune homme à la fois libre et perdu, dont on ne connaît ni le nom ni le passé, qui semble comme hors du temps, et qui parait hésiter entre le choix de la vie et celui de la mort. Un film absolument prenant, souvent dur, qui nous embarque dans une succession de séquences scotchantes. Entre rires et larmes, une œuvre bouleversante.
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2018
Vu par hasard, je dois dire que je me suis pris une claque! Production Française de surcroit. Aborder la prostitution masculine était un pari délicat ou le réalisateur n'avait pas le droit à l'erreur. Et pour le héros principal, il tape dans le mille avec une prestation sublime. D'autant qu'il s'agit d'un premier long métrage, cela nous montre que c'est un réalisateur dans le futur à surveiller! A la fois violent, crue… Certains spectateurs trouveront peut être cela un peu trop ou alors par moment ; légèrement inutile. Sur un scénario basique mais pas encore ou pas à ma connaissance traité au cinéma. Il nous pose la question de l'amour et le chemin de cet homme qui une fois que l'on s'est attaché au personnage, nous fascine autant qu'il nous questionne. La mise en scène est propre au réalisateur ou il ne se soucie pas des divers questions ou autre que l'on pourrait se poser. Léo déambule de par son "métier" tout autant qu'il joue dans la séduction (même lors des rencontres d'un coup…). Malgré cela, tendresse, empathie et surprise nous mette fasse à sa dure vie. Et pour le coup là ou beaucoup aurait joué clichés et compagnie. Ici, le réalisateur ne cherche pas à caricaturer la prostitution masculine. On entre vite dans la vie du personnage et c'est comme si on se situé à ses cotés comme pour la réalisation d'un documentaire. C'est dur, authentique mais réalisé avec une main de maître. Ame sensible attention… Pour le reste, un petit bijou pour une première réalisation qui même si elle ne s'adresse pas à tout le monde, reste forte et Léo porte le film tout le long sans jamais perdre de vue, sa vie et ses actions.
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