Les Avantages de voyager en train défie les conventions. Cette œuvre tisse une histoire complexe à plusieurs niveaux, tout en maintenant une clarté. À travers une structure délibérément désordonnée, le récit se déploie tel un labyrinthe fascinant. Chaque branche est habilement construite pour offrir des récits forts en caractère qui se croisent et se démêlent. Les subtiles touches de mensonge soigneusement insérées apportent une perturbation bienvenue. Cela a pour conséquence de remettre en question la frontière entre la réalité et la fiction. Se perdre dans les méandres de cette intrigue devient un véritable plaisir, une aventure intellectuelle où démêler le fil du mensonge devient aussi exaltant que déconcertant.
Cette comédie dramatique se démarque brillamment par son style totalement atypique. Chaque image transcende le cadre visuel pour faire résonner les personnalités complexes qui peuplent ce récit. L'utilisation subtile de la comédie pour aborder des sujets délicats, tels que les maladies mentales, est une prouesse louable. Au fil du film, certains passages se parent d'une touche de folie. En opposition, d'autres moments prennent un virage glaçant, créant un contraste saisissant qui reflète la richesse de ce film.
Le casting impressionnant se révèle être un véritable trésor du cinéma ibérique, avec des noms illustres tels que Luis Tosar, Belén Cuesta, Quim Gutiérrez et Pilar Castro. Chacun de ces acteurs talentueux est utilisé à la perfection, contribuant à donner vie à leurs personnages respectifs. Par ailleurs, l'apparition de Gilbert Melki, célèbre pour son rôle dans 'La Vérité si je mens', ajoute une touche inattendue de familiarité et de nostalgie.
"Il est toujours préférable de voyager en bonne compagnie, c’est ce qui rend le trajet encore plus savoureux. Une sorte de parenthèse sur la vie qui s’ouvre au départ, et se ferme à l’arrivée. Les Avantages de Voyager en Train démontre que cet instant peut également être chargé en histoires, à la lisière de la réalité et de la folie."
"« Imaginez une femme qui revient chez elle et surprend son mari en train d’inspecter sa merde avec un bâton de glace esquimau. » Ces premiers mots à l’ouverture nous plongent immédiatement dans une zone d’incertitude, où l’illustration de cette réplique pourrait aller de pair avec un voyage dont on peine à visualiser les fameux avantages. Avec un ton solennel et une mise en scène comique, ce projet embrasse différents genres où les curseurs de l’absurdité sont poussés à fond. Dans son court-métrage de 2013, Cólera, le cinéaste abordait déjà le cynisme à travers la virulence de villageois pressés, et convaincus de bien faire, d’éliminer un malade contagieux. De la même manière, et grâce à l’appui indispensable de son scénariste Javier Gullón, il parvient ici à entrecroiser plusieurs intrigues, telle une poupée russe qui cache un nouvel élément de rebondissement."
"Loin d’égaler le style provocateur de Pedro Almodóvar à ses débuts (Matador, La Loi du Désir, Femmes au bord de la crise de nerfs), Aritz Moreno ne se laisse pas pour autant distancer par la différence de classe qui le sépare de ses influences et de ses aînés en matière de suspense. La curiosité nous guette déjà à la lecture d’un titre aussi sobre que farfelu, qui conduit les spectateurs à mesurer ces fameux avantages à voyager en train qu’invoque le cinéaste. Un film original, qui ne peut que fasciner par sa bizarrerie ludique et son audace irrévérencieuse. N’attendez plus pour prendre votre billet et monter dans ce train, au risque d’emprunter plusieurs détours cérébraux à l’humour caustique."
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Attention, une histoire peut en cacher une autre, voire plusieurs, dans le premier long-métrage de Aritz Moreno. Et les situations à la Luis Buñuel (Roy Andersson et Peter Greenaway sont d'autres références possibles) repoussent non seulement les limites de l'absurde mais aussi celles du bon goût, avec un humour noir qui a parfois du mal à faire passer la pilule. Théâtre des perversions humaines, le film évoque des relations morbides entre ses personnages, en s'arrêtant juste à temps avant le point de non retour, et encore. C'est une manière quelque peu tordue pour le réalisateur de traiter de sujets sérieux : les violences faites aux femmes, la pornographie, la guerre, etc. Plus ludique est la réflexion sur l'art de la fiction et de la part de vérité qu'elle contient, ou non, en jouant avec les spectateurs au gré de récits qui s'imbriquent les uns dans les autres, façon poupées russes. Il y a un drôle de malaise qui stagne dans ce film original et provocateur qui incite à renoncer à ses grilles de lecture habituels. Sortir de sa zone de confort n'a jamais fait de mal mais le risque de tomber nez à nez avec une poignée de scènes susceptibles de déclencher un début d’écœurement est loin d'être négligeable. A réserver donc à un public tenté par une expérience où le bizarre ne sera pas forcément beau.