Drôle, émouvant, sensible, différent. Une bien belle surprise que cette comédie romantique pas comme les autres où les acteurs ultra convaincants et touchants jouent et embarquent le public. Mention spéciale pour Katie Findlay !
Ici, on parle sexe, en mode cash et sans détour, ici une pipe rapide est une pipette. Mais ce n’est justement jamais vulgaire, tant modernité sur le questionnement des genres et l’intelligence sont partout, parfois en mode un peu brutasse, mais c’est une pelleteuse qui dépose un œuf dans sa coque, c’est Coluche en gants de boxe qui joue du violon. Un humour corrosif et incisif, des contrastes fous de créativité entre un vocabulaire très direct mais où tout amène à la finesse. C’est la première grande réussite de Straight Up, et c’est loin d’être la seule.
C’est tout à la fois burlesque, flashy et pop, ça enchaine avec une acidité, avec le rythme d’une jubilatoire persécution. Ça enchaîne et ça fuse comme pas possible. Intelligent, subtil et drôle, le film se construit au fil des échanges robotiques et frénétiques de Rory et Todd. Tous les deux bien décalés, en marge. Les dialogues claquent, nous éclatent et nous épatent, dans ce foisonnement de l’inventif, de la générosité et la déclinaison chirurgicale de l’absurde et du politiquement incorrect. C’est certes ultra dialogué, c’est même le fondement originel de l’œuvre, mais justement jamais verbeux.
Comme chaque séquence est un peu un nouveau monde, le déploiement des plans dans une folle multiplicité est également pléthorique, avec une caméra elle très souvent statique. Finalement, dans ce tout ce qu’il dit, dans tout ce qu’il est, Straight Up est totalement vertigineux. Tous deux dissertent, dissèquent, discourent et philosophent avant même de respirer. On est quelque part entre Rousseau et Sartre, on est hyper stimulés, on se fait bien remués et c’est très jouissif.
Au final, Straight Up, bijou de cinéma indépendant, est une variation d’1H33 d’intelligence et d’émotion. Il faut courir en salle, tant ce film nous surprend sans arrêt, sait où il va, tout en étant un peu fou. Ça tombe bien car on fait des choses un peu folles quand on aime.
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2,5
Publiée le 12 octobre 2020
"Straight Up" est une comédie romantique qui est écrite, réalisée et incarnée par James Sweeney qui joue le rôle de Todd, un gay qui se pose des questions sur son orientation sexuelle. Cette remise en question vient du fait qu'il n'a pas rencontré la bonne personne donc il se dit qu'il n'est finalement peut-être pas gay. Todd change de "cible" et est désormais ouvert à l'idée de sortir avec des femmes. C'est à ce moment-là qu'il fait la rencontre de Rory, une jeune actrice en herbe. Les deux décident de commencer une relation, mais ce n'est pas si simple que ça... Une telle histoire serait davantage plus propice à une tragédie, mais "Straight Up" est bien une comédie. Un film qui reprend les codes des films indépendants et qui a d'ailleurs du mal à s'en défaire. La première qualité du film est son duo d'acteurs. James Sweeney et Katie Findlay ont une belle alchimie et incarnent des personnages attachants. Les scènes lorsqu'ils sont seuls tous les deux sont très réussies et attendrissantes. J'ai par contre eu plus de mal avec le reste avec des scènes qui ressemblent surtout à des sketches qui ont été ajoutés pour faire rire avec des personnages secondaires qui n'ont aucune réelle importance dans l'histoire. Dans le fond, on y croit jamais à cette histoire d'amour, mais le duo maintient un certain intérêt jusqu'au bout. Au final, c'est un film moyen qui se laisse malgré tout regarder sans problème.