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Bernard D.
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4,0
Publiée le 17 octobre 2022
« Les Harkis » de Philippe Faucon (2022) n’est pas un film historique au sens où on l’entend habituellement. Il traduit l’évolution des états d’esprits d’une quinzaine de harkis constituant la harka 534 commandée par le lieutenant Pascal (Théo Cholbi), et ce à 3 dates clefs de la guerre franco-algérienne. En septembre 1959 après 4 ans de guerre et bien que de Gaulle revenu au pouvoir ait déjà parlé d’auto-détermination, les « harkas » sont constituées par Salah, Kaddour, Djilali… de jeunes algériens sans ressources ou animés par des raisons personnelles (membre de la famille tué par le FLN), et qui sont engagés par l’armée française comme « supplétifs » afin de « pacifier » sur le terrain les actions des séparatistes. En juin 1960, la France réitère sa volonté de rester en Algérie et ces harkas vont alors devenir de véritables commandos agissant en première ligne de façon ponctuelle … mais après l’ouverture des pourparlers avec le FLN et un double discours des politiques/militaires sur le terrain, le doute va s’installer dans les esprits. En 1962, le cessez-le-feu est proclamé et l’armée promet alors aux harkis de rester en Algérie pendant 3 ans afin de les protéger et – cas probablement rare (?) - dans cette harka le chef va même les encourager à déserter pour sauver leur peau. Les harkas seront dissoutes avec la promesse d’accueillir en France ces « supplétifs » … mais on sait le sort qui leur a été réservé avec seulement 90 000 algériens « rapatriés » en France et de très nombreux morts sur le terrain par représailles. Un film fort courageux, ce sujet – comme toute la guerre franco-algérienne - restant très sensible en France et en Algérie. Les harkis résidant en France n’ont d’ailleurs reçu le statut d'anciens combattants qu’en décembre 1974 et pour ceux restés dans leur pays seulement en juillet 2010 ! La réalisation est sobre mais parfaitement maitrisée avec de superbes images.
C'est toujours un bon exercice d'aller voir une film historique, même si ici on se focalise sur une petite brigade, sans beaucoup de moyens, sans mission vraiment précise. Seuls points communs avec les dires de mon père envoyé là-bas jeune pendant son service militaire... l'absurdité de cette guerre , le manque de moyens, les missions floues....
On retient la lâcheté de l'armée française qui a abandonné ces " coollabo" car les harkis quoi qu'on en disent,ont été des collabo manipulé par la France et ensuite rejeté par la France. On y arrive tout doucement mais petit à petit la France reconnaît ses crimes. Il faut aller plus loin , l'invasion française a décimé un tiers des Algériens, la guerre 54-62 a fait 1,5 million de morts, massacre du 8 mai 45,camps de concentration, essais nucléaires, viol, tortures...un pays qui regarde son histoire est un pays qui avance. Ou Alors on efface toutes les guerres même la shoah si on ne veut pas raconter cette guerre d'Algérie. Un bon film qui manque d'intensité et qui essaye en douceur de réveiller les consciences.
Les visages et les décors naturels sont souvent d'une grande beauté. Le film donne un visage aux harkis, mais il ne leur donne pas vraiment une "âme", car la psychologie de ces hommes reste très sommaire. Le film manque "d'intériorité". Et j'aurais aimé qu'il montre l'arrivée des harkis en France, au lieu de l'évoquer par un bandeau avant le générique.. Mais cela reste un beau film.
Fidèle à son style épuré et didactique (absence de musique, poids du hors champ), Philippe Faucon signe une œuvre incisive sur une page d'Histoire souvent occultée, notamment au cinéma. Un film à voir.
Apres les contes de min grand pere, il me fallait au moins un chef d'oeuvre pour etre plus pres de la réalité. ce qui n'a pas été le cas. J'ai rien appris de plus, disons. On suit le parcours d'une harka et de ses operations, notamment 3 jeunes (dont Kaddour!) Ce qui m'a gêné, c'est qu'en suivant une toute petite harka, on se rend pas compte de l'étendu du truc, ça parait presque un cas isolé. C'est seulement à la fin du film qu'ils mettent un message donnant les chiffres, les morts, les camps en france...Etc Le côté positif, c'est qu'un film français sorte et soit critique d'un episode de l'histoire de son pays, ça, c'est assez rare pour le souligner. Spliberg ou Cameron en aurait fait un chef d'œuvre c'est sûr.....
"Les Harkis" raconte la vie de 1959 à 1962 de ces hommes algériens qui se sont engagés sous le drapeau français avec la promesse que jamais la France ne les abandonnerait. À travers l’histoire de Salah, de Kaddour et de Djilali qui rejoignent la harka placée sous les ordres du lieutenant Pascal, on comprend le quotidien de ces supplétifs chargés des basses oeuvres de l’armée française. Quand la rumeur des négociations menées par le Gouvernement français avec le FLM s’ébruite, leur inquiétude sur leur sort croît. Quand la victoire des fellaghas et l’indépendance se dessine, ils savent qu’aucun retour en arrière n’est pour eux possible. La seule issue est le départ en métropole avec leur famille. Mais la France a tôt fait d’oublier ses promesses et la détermination du seul lieutenant Pascal à les aider ne suffira pas.
Philippe Faucon est un réalisateur toulonnais qui a creusé depuis trente ans un sillon original dans le cinéma français. Son oeuvre peut se lire comme le portrait d’une France post-coloniale qui n’a jamais réussi à solder un passé qui ne passe pas. La guerre d’Algérie en constitue le point aveugle dont les repercussions continuent à travailler la communauté maghrébine installée en France et compliquent son intégration. Philippe Faucon a obtenu la consécration en 2015 avec le César du meilleur film pour "Fatima". Mais ce film, qui est resté un semi-échec au box-office, ne lui a pas pour autant apporté la célébrité.
Les Harkis a deux qualités éminentes. La première est de lever le voile sur un pan oublié de notre histoire. Contrairement à un raccourci souvent répété, la guerre d’Algérie n’est pas la grande absente du cinéma français. Plusieurs films, plusieurs documentaires, et non des moindres, lui ont été consacrés : "Le Petit Soldat" de Jean-Luc Godard, "Avoir vingt ans dans les Aurés" de René Vautier, "La Guerre sans nom" de Bertrand Tavernier, "Mon Colonel" de Laurent Herbiet… Philippe Faucon lui-même s’était déjà frotté au sujet en adaptant le bref récit de Claude Sales "La Trahison". Pour autant, la guerre d’Algérie n’a pas laissé dans le cinéma français l’empreinte dont celle du Vietnam a marqué Hollywood.
La seconde est la méticulosité quasi documentaire avec laquelle Les Harkis radioscopie une panoplie de situations humaines. À travers les destins de Salah, de Kaddour, de Djelali, c’est un échantillon très représentatif des profils de ces hommes et des motifs pour lesquels ils s’engageaient qui est passé en revue : attachement sincère à la France et à l’Algérie française, réaction au crime barbare d’un frère par les fellaghas, nécessité économique de nourrir sa famille…. Ce souci sociologique poussé trop loin finit d’ailleurs par donner au film le ton un peu trop appliqué d’un essai de sciences politiques.
Le principal défaut du film est sa brièveté : une heure et vingt-deux minutes seulement pour une fresque qui aurait pu constituer la matière d’une série à épisodes. Les personnages y sont trop brièvement dessinés sans qu’on parvienne clairement à les identifier et a fortiori à s’y attacher. Le film se termine brutalement et a besoin de longs cartons explicatifs pour se clore, une autre page de la vie des harkis s’ouvrant après 1962, en Algérie ou en France.
Mais "Les Harkis" a un autre défaut. Il démontre, s’il en était besoin, que la France a en Algérie auprès de ces hommes doublement trahi sa parole. Elle l’a trahie en leur faisant miroiter une victoire sur les indépendantistes dont ils auraient pu partager les dividendes. Elle l’a trahie en leur promettant de les protéger dans la défaite alors qu’elle n’avait jamais eu l’intention ni les moyens de tous les rapatrier en métropole avec leurs familles. La faute ne fait pas de doute. Mais, à elle seule, aussi grave soit-elle, elle peine à constituer le ressort dramatique de tout un film.
Film court, titré comme l’aurait été un documentaire. Quelques tranches de vie sous le drapeau tricolore de ces soldats éponymes du titre qui, davantage par circonstances que convictions se sont retrouvés dans le camp qui ne devait finalement pas être du bon côté de l’Histoire de leur pays. Une cicatrice pas encore refermée. Ni ici, ni là-bas. Au-delà du témoignage factuel, la démonstration et les explications ne sont toutefois pas poussées très loin. Une bonne base de départ pour un débat qui peu à peu sera certainement moins passionné et moins culpabilisateur, maintenant que les faits s’éloignent. Sans plus...
À travers ce film aussi instructif que distrayant le réalisateur révèle un détail de l'histoire de France qu'on a malheureusement laissé pour compte. Ce film doit être vu un maximum! Avec des acteurs très bons a qui les rôles tiennent sûrement à cœur; il est important de redevenir fiers de notre armée et de commémorer les massacres de concitoyens trahis et abandonnés.
Film didactique et académique sur la question complexe des Harkis, n'évitant pas la violence gratuite et poussant même à la redondance par l'utilisation de cartons explicatifs.Philippe Faucon nous avait habitués à beaucoup mieux. C'est d'autant plus dommage que le sujet est important.
Philippe Faucon poursuit une oeuvre unique et indispensable commencée depuis plusieurs décennies et qui en fait, du moins à mes yeux, un des cinéastes français les plus intéressants de sa génération.
Faucon se propose de donner une vision objective des enjeux multiples que suscitent le processus migratoire dans l'hexagone.
" les harkis" est une forme d'hommage aux algériens qui choisirent la France pendant la guerre d'indépendance et qui furent pour beaucoup abandonnés et livrés à la vindicte et souvent à la mort, lorsque l'indépendance d'Al Djezair fût obtenue par le FLN.
Le nouvel opus de P.Faucon montre deux unités de Harkis dans le quotidien de son exercice encadrées pour chacune d'entre elle par un officier au tempérament opposé.
Tourné presque exclusivement en extérieur et ramassé en 80 minutes qui se suivent avec intérêt, " les harkis" ne comporte aucun temps mort
C'est un film qui aurait déjà dû être réalisé depuis longtemps, mais il n'etait sans doute pas facile de regarder en face cet épisode historique qui suintait sans doute "un peu trop" le déshonneur.
Cinématographiquement malgré de bons acteurs et de beaux paysages cela a produit plutôt un téléfilm. Ce film relatant un sujet historique je me dois d'ajouter que ce film réécrit l'histoire à sa façon faisant la part belle au FLN. Toujours est-il que ce film a indigné les associations harkis auxquels la France a présenté des excuses.
Dans" Les Harkis", coproduit par les frères Dardenne et présenté en mai dernier à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, l’histoire se déroule sur trois périodes des trois dernières années de ce que, à l’époque, on appelait les « évènements d’Algérie » (ce n’est qu’en 1999 que l’expression « guerre d’Algérie » a été officiellement adoptée dans notre pays) et tourne autour de trois personnages principaux. Septembre 1959, intégration des supplétifs algériens du film dans une de ces formations paramilitaires appelées harka, des supplétifs à qui on explique que la France est en Algérie pour toujours. Au même moment, le Président de la République française, le général De Gaulle évoque pour la première fois le principe de l’autodétermination. Juin 1960, des tentatives de pourparlers sont entamées entre des émissaires français et des représentants du FLN, alors que, peu auparavant, De Gaulle a parlé pour la première fois d’Algérie algérienne. 1962, le cessez-le-feu a été signé, les harkis sont désarmés, le piège bâti sur des mensonges s’est refermé sur eux. Que vont-ils devenir ? Comme toujours chez Philippe Faucon, le rythme est nerveux et les ellipses nombreuses, ce qui donne un film de 82 minutes qui nous dit beaucoup plus de choses que de nombreux films de 120 minutes ou plus. En plus, Philippe Faucon se montre nuancé dans son propos, il fait la part des choses sans manichéisme : montrant aussi bien une scène de torture à la gégène commise par l’armée française que des assassinats sanglants commis par le FLN, ne cachant pas que l’entrainement militaire des harkis était très sommaire et que, comme le dit la mère de Salah à son fils, « Ils envoient nos hommes les premiers, parce qu’ils cherchent à épargner les leurs ».
Le film, intéressant, montre clairement la vie des harkis durant la guerre d'Algérie. Le développement des personnages que ça soit pour Pascal, Salah, Kaddour et Krimou est notamment captivant. Cependant, les plans fixes étaient longs mais compréhensible sachant la durée de tournage très courte (35 jours). Malgré tout, j'ai apprécié ce film, qui est accessible dès l'adolescence. Je félicite le réalisateur, les acteurs et les assistants de production pour ce film émouvant.