J'veux du soleil
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sebou36
sebou36

94 abonnés 386 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2019
Un film à hauteur humaine. Ruffin est vraiment sympa, compatissant. La sincérité des témoignages est émouvante. La capacité de résilience des GJ est impressionnante. Beaucoup de GJ expriment leur détresse sociale, l'injustice vécue. Ce film est capital pour comprendre le mouvement et s'apercevoir à quel point les français les plus fragiles sont rejetés par le système capitaliste.
lhomme-grenouille

3 621 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 mai 2019
« Moi, quand je pars pendant six jours comme ça, j’abandonne ma casquette de député. Je suis artiste moi. […] Ce qu’on vient apporter c’est de l’émotion. On vient apporter de la beauté. » C’est ce qu’avait déclaré François Ruffin, en compagnie de son camarade co-réalisateur Gilles Perrin, lors de son passage à « On n’est pas couché ». Étonnamment c’est cette phrase qui m’a donné envie d’aller voir ce « J’veux du soleil ». Oser parler d’approche d’artiste pour un film de Ruffin, je trouvais ça quand-même sacrément gonflé. OK, « Merci patron » j’avais trouvé ça sympa, mais formellement parlant c’était vraiment chiche. Le film valait surtout pour sa farce – celle contre Bernard Arnault – mais aussi pour la fraîcheur qui se dégageait de cette attitude si iconoclaste de la part d’un journaliste ; celle de ce trublion de « Fakir » qu’était à l’époque François Ruffin. Mais entre temps les choses ont bien changé. Pas de farce pour ce deuxième film, mais plutôt un réquisitoire. Un réquisitoire sur un sujet social brûlant de son temps : les Gilets jaunes. Et un réquisitoire qui en plus n’est plus vraiment mené par le même Ruffin que celui de « Merci Patron ». Depuis, le journaliste est devenu député pour le compte de la France insoumise. Alors forcément, moi quand on me parle de « démarche d’artiste » pour un film qui semble déjà cocher à l’avance toutes les cases du banal spot de propagande électoraliste, ça me pousse déjà presque vers une forme d’exaspération. Surtout que, pour le coup, les 76 minutes ont bien confirmé ma première impression. Le sujet au fond ce ne sont pas les Gilets jaunes. Non, le sujet c’est bien Ruffin auprès des Gilets jaunes. On se déplace d’un spot à un autre. On collecte des témoignages. On joue la carte de l’émotion et surtout on montre quel est le seul homme politique qui a su rester auprès de ces gens-là. Ainsi, sans subtilité aucune, on nous montre le bon député Ruffin suivre l’allocution de Macron au milieu des siens, sur un rond-point, là où il se devait d’être, au milieu de ses troupes, avec eux, comme eux sont avec lui,.. Ou pour être plus exact : comme eux sont autour de lui. On nous montre aussi comment ce même bon vieux député Ruffin refuse qu’on lui sorte la jolie vaisselle pour le repas : « Eh attends ! Tu crois que c’est nécessaire ? T’as vu ma bagnole ? » Parce oui, il est comme ça le bon député Ruffin. C’est un homme simple. Proche du peuple. Il est le seul qui peut les comprendre. Et puis enfin, le bon député Ruffin est généreux. Il sait mettre des étoiles dans les yeux des petites gens quand il les invite à se balader sur la plage ou bien à chanter dans un studio pour le compte de son film. C’est tellement grossier que ça mériterait presque un zéro pointé… Et pourtant, ce n’est pas une mais deux étoiles que je lui attribue malgré tout à ce film. Certes, on reste en dessous de la moyenne (parce qu’il ne faut pas se foutre de nous non plus) mais malgré tout je dois tout de même lui reconnaître deux qualités à ce film. La première c’est effectivement celle d’avoir été capable de porter une certaine parole sur la place publique. J’ai beau ne pas être adepte du cinéma-sujet, je dois bien reconnaître que dans le contexte très particulier de ce film et de notre période, ce « J’veux du soleil » enrichit le débat autour de la question des Gilets jaunes. Il porte une réalité à l’écran ; une réalité qui méritait d’être vue autrement qu’au travers d’un banal reportage condescendant de France 2. Quant à la seconde qualité de ce film, elle relève justement de ce qu’elle propose en termes de forme. Alors que dans notre pays on adore faire des films « sociaux » qui cherchent à singer la réalité tout en s’en éloignant – avec des bourgeois parisiens qui viennent écrire, jouer et tourner des simulacres totalement biaisés – Ruffin et Perrin, eux, ont au moins le mérite de remettre certaines choses d’équerre. OK ce n’est pas d’eux dont il faudra attendre des images chiadées ou des montages subtils, mais au moins ils remettent un petit peu de social dans le social. Pas de Vincent Lindon ou de Coline Masiero pour grimer les Gilets jaunes. On part du réel. Et s’il reste toujours l’artifice de la mise en forme, au moins on n’est pas dans le 100% fake. Quand on y réfléchit bien, ça devrait ressembler à ça ce qu’on appelle chez nous du cinéma social. Ça devrait ressembler à ça et à rien d’autre. De l’artifice certes, mais de l’artifice construit à partir d’un réel et non à partir d’un fantasme. Au moins cela rendrait la démarche de ce type de cinéma plus limpide et – sûrement – plus efficace. Ruffin et Perrin le démontrent d’ailleurs bien dans ce « J’veux du soleil » : en sélectionnant les moments, et même en les générant parfois, ils parviennent à dégager des atmosphères et des états d’esprit assez variés qui vont dans le sens de leur démonstration. Au fond, « Merci Patron » fonctionnait déjà comme ça. Son film était construit comme un artifice géant – un piège – qui avait pour but de saisir une part spécifique de la réalité (celle d’Arnault) afin de la livrer ensuite au spectateur. Et franchement, peut-être aurais-je pu aller au-delà des deux seules étoiles pour ce « J’veux du soleil » si seulement ce film avait su fonctionner selon le même modèle que celui de son grand frère. Or, là, le souci, c’est que les artifices ne sont pas ceux qu’il aurait fallu utiliser. Trop souvent Ruffin apparait comme celui qui rentre dans le cadre parce que la réalité qu’il filme ne l’arrange pas. Il vient mettre dans la bouche des Gilets jaunes les phrases qu’il veut leur entendre dire. Il veut amorcer chez eux une réflexion politique qu’ils n’ont pas l’air d’avoir. spoiler: Le cas du RIC est assez édifiant. Ruffin lance le sujet à quelques rares moments, mais les seules réponses qu’on lui retourne sont purement émotionnelles ; jamais construites. Il ne peut rien en faire, Il passe donc à autre chose.
Pire, il donne même l’impression de réaménager certains moments tellement profondément qu’on en vient à se demander ce qu’il reste de spontané de certaines de ses séquences. spoiler: Je pense notamment à la séance finale où il invite son dernier témoin sur la plage. Pourquoi y vont-ils ? On n’en sait rien. La seule chose qu’amène cette scène c’est une marche au bord de l’eau, avec Ruffin qui demande à son témoin d’entonner cette chanson : « Qu’est-ce qu’elle dit au fait cette chanson ? J’veux du soleil c’est ça ? » Et là, son témoin se met à la chanter par cœur, amenant progressivement le climax et le générique de fin. On ne me fera pas croire que ce moment s’est généré spontanément. Forcément ils en ont parlé avant. Un truc du genre : « Tu comprends, mon précédent film il portait déjà le nom d’une chanson populo. Alors j’aimerais bien faire le lien avec "J’veux du soleil" parce que ça renvoie au jaune des gilets jaunes. C’est d’ailleurs pour ça qu’on va à la plage. Il n’y a pas de Gilets jaunes là-bas. Moi je vais juste y chercher mon plan final avec du soleil. Alors si en plus tu étais là et que tu chantais cette chanson ce serait vraiment super. – Mais je la connais pas trop cette chanson moi – T’inquiète c’est pas grave, j’ai justement une copie du script pour toi avec toutes les paroles. Il faut que ça dure suffisamment longtemps pour que je puisse amener tout doucement l’instru, tu comprends ? Mais faut que ça reste naturel hein, sinon ça fonctionnera forcément moins bien ! »
Le souci de toute cette démarche c’est que ça a abouti à un film qui finalement n’arrive pas à dire grand-chose de politique mais qui, en plus, semble souvent parfois falsifié, si bien qu’au moment de faire le bilan, alors que François Ruffin demandait justement à ce qu’on ne le juge que sur sa facette d’artiste, moi j’aurais tendance à lui répondre qu’une telle exigence se révélait au final bien peu pertinente. Car au fond, entre Ruffin l’artiste et Ruffin le député, quelle différence ? Beaucoup d’émotions. Beaucoup d’effets de manche. Mais en définitive peu de propositions. Comme quoi, l’artiste n’est qu’une facette parmi tant d’autres d’un même homme, et pas forcément si exceptionnelle que cela. Pour le coup, le soleil ne viendra pas, me concernant, des deux compères Ruffin et Perrin… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 mai 2019
Un très beau film très humain et qui part des gens et de leur vie, avec dignité et fraternité. Des bons moments de rire également.
alinevovo
alinevovo

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2019
Sans aucune hésitation allez voir ce film qui au delà d’être militant plonge au milieu du peuple des gens ordinaire et pour ce faire une vrai idée de ce que sont les gilets jaunes sans les commentaires des médias bien pensants
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 mai 2019
Très beau feel-good movie humaniste qui fait voler en éclats les préjugés sur les gilets jaunes. Touchant, percutant et juste, ce documentaire engagé propose une vision progressiste de la classe populaire française éloignée du travail et du pouvoir d'achat mais profondément sensible et solidaire.
kaptainhadok
kaptainhadok

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 avril 2019
Un vrai moment de rencontres, de sincérité de tous ces hommes et ces femmes méprisés pas « l’élite », des témoignages extrêmement forts et profonds
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 avril 2019
Très éloigné du mouvement des gilets jaunes, j'y suis allé avec ma compagne "pour voir".
Pour une des rares fois où un film ne s'intéresse pas à un couple de Parisiens en décomposition ou en recomposition ou en vacances dans leur résidence entourés d'ami-e-s ou en phase d'interrogation psycho "tout ce que vous voudrez", je tiens à remercier les réalisateurs et tous les acteurs pour m'avoir donner à vivre, dans mon fauteuil de cinéma, un monde réel à la porte de chez moi.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 27 avril 2019
A la sauce Ruffin. Ca filme, ca engrange de l'images, ca recrache de l'images sans recul, sans analyse. Proche du populisme...
Maud NEGRE
Maud NEGRE

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2019
Un film émouvant. A la rencontre des gilets jaunes des ronds-points : Ceux que l'on entend pas habituellement, et qui nous évoquent leurs vies difficile, mais sans pathos, avec même de la joie de vivre et de rencontrer ceux qui comme eux vivaient seuls dans leur coin. A la rencontre de ceux qui veulent aussi du soleil!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 avril 2019
Bouleversant, drôle ( il faut savoir rire de tout ) et surtout intéressant. Il faudrait que ce film passe dans les écoles pour sensibiliser nos futurs petits adultes ! Bravo Mr Ruffin et à toute l'équipe !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 avril 2019
Ruffin fait ce qu'il sait faire de mieux: mettre en lumière de manière brute les invisibles de France, tels qu'ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, leur beauté et leurs carences. Un peu comme la video de famille qu'on ose pas dévoiler parce qu'elle laisse voir des imperfections ou par crainte d'être sur le champ jugés; et qui pourtant est celle qui nous représente le mieux, car sans montage ni scénario, sans maquillage ni plan de com'.
Ce film donne la parole à ceux qu'on s'est habitués à ne plus voir et ne plus entendre. Il met sur scène Monsieur et Madame tout le monde, la majorité silencieuse habituée à laisser parler d'autres gens pour eux-même et qui dorénavant, tant bien que mal veulent retrouver voix au chapitre.
On finit par se dire qu'il faut être devenu sauvage pour être à ce point dans la redécouverte de nos concitoyens, mais malgré un petit 1h15, le film fait son effet, et à la fin ses personnages nous semblent redevenus, à l'écran, bien familiers.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 avril 2019
Un regard qui rend justice à ceux qui refusent la condition non humaine qui leur est faite.
Un tournage vrai qui touche au cœur et à l'âme pour ceux qui semblent malgré eux condamnés à l'oubli..Mais sont déterminés à changer le cours de leur histoire qui résonne avec toute notre Histoire de France surtout la plus récente.
Le discours de Victor Hugo datant du 9 juillet 1948 semble d'une prégnante actualité...
Nous ne pouvons rester indifférent à nos concitoyens parce que demain appartient à ceux qui le font aujourd'hui.
Personnellement je rêve, derrière Martin Luther King que nous puissions au moins "battre le record d'entrées d"'Intouchables "...Ce serait utile et nécessaire.
Merci.
icniv
icniv

16 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 avril 2019
Qui à part Ruffin et Perret pourrait faire un film documentaire pareil. Les témoignages de ces gens d'en bas sont touchants tristes et plein d'espoir fraternel malgré des situations peu enviables. indispensable film qui donne accès à des mondes que bien peu connaissent.
Gfa Cro
Gfa Cro

60 abonnés 576 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 avril 2019
Vu le 20190423 avis le 20190424

Film très intéressant, un accès à une vision trop rarement montrée de l actualité.

Beaucoup de témoignages vivants, efficaces, variés. J ai trouvé très intéressant la remarque du début : on a passé 2h sur le rond point et on est frigorifié, on a la goutte au nez, ..., et eux ils sont là depuis des semaines, des mois. On voit que c est un mouvement porté par des durs à la tâche.

Je trouve que le film est un superbe témoignage de la diversité des gens. Il m a beaucoup plu. Mélange de léger et de sérieux, pamphlet et analyste, démonstratif et suggestif. C est bien.

Quelques séquences remarquables : l habitant qui raconte les commerces fermés. La femme qui préfère prendre ses distances avec ses frères et sœurs car elle estime ne pas pouvoir les aider, que ce serait trop au détriment de ses propres enfants. L analyse esthétique du portrait sur le rond point, qui est d image de fin du film d ailleurs.

Lorsqu on voit le film, on comprend vraiment bien cette femme qui dit qu elle voit une petite porte un peu ouverte et qu elle fonce. Beaucoup de force, de dignité et de justesse.
Einleiger
Einleiger

8 abonnés 112 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2019
C'est un documentaire social, filmé caméra à l'épaule dans les extérieurs, avec parfois des reprises des journaux télévisés ou d'allocutions du président. Les images sont brutes. Les discours aussi, malgré le fait que pour certains gilets jaunes c'était la première fois qu'ils étaient interviewés, exercice pas évident. C'est ce qui fait la force du film. Les personnes qui prennent la parole sont vraies, ce sont des prolétaires, des gens qui louent leur force de travail pour pouvoir vivre. Ce sont vraiment les vies dézinguées par le Capital. MM Ruffin et Perret font parler tout le monde, les hommes et les femmes, ces dernières étant nombreuses dans ce mouvement. Le film est daté puisqu'il montre les gilets jaunes de l'époque des giratoires. Il ne parle que succinctement de l'extrême droite et de l'extrême gauche. C'est un film témoignage, et seulement cela car il ne montre que des individus et pas la création des collectifs. En ce sens, il ne va pas aussi loin qu'un autre documentaire, Comme des lions, qui m'avait, lui, pris par les tripes. En dehors, de ces manquements, le film proposé reste vrai présentant des témoignages ne laissant pas de marbres. A voir que vous soyez gilets jaunes ou non.
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