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Un visiteur
5,0
Publiée le 8 août 2020
Entre flashback et jeux de pistes avec le spectateur, qui ne manquent pas de trahir ses inclinaisons hitchcockiennes, Kôji Fukada va bien plus loin que s’intéresser à une femme dont le destin vient de basculer, fut-elle si magnifiquement incarnée par Mariko Tsutsui.
Emballement des médias, culture de l’intime qui ne se dévoile pas contre vent de la rumeur aux dégâts irréversibles, c’est autant un thriller psychologique qu’une certaine peinture de la société japonaise qui est ici mise en exergue
Thriller psychologique très prenant, avec un personnage principal féminin des plus attachantes, tout en étant troublante. La personnalité de cette infirmière à domicile nous est dévoilée peu à peu, par un savant dosage très bien rythmé. Le mystère plane durant tout le film, rendant l'atmosphère poisseuse et tendue du début à la fin. Très bon moment de cinéma ! On sent que le réalisateur Kôji Fukada n'est pas à son coup d'essai.
A la fois troublant et machiavélique, L’infirmiere fait émerger plein de questionnements et de doutes. La mise en scène est soignée et l’actrice principale est parfaite.
Avant de découvrir son nouveau film, « The Real Thing », labellisé par le Festival de Cannes 2020 et qui sortira le 5 mai prochain, petit détour par ce polar glacial, mais nullement glacé, où l’auteur d’« Harmonium » dresse le portrait d’une infirmière prise dans la nébuleuse d’un fait divers et de la vindicte populaire. Entièrement dévouée à son travail, Ichiko s’occupe d’une famille dont la plus jeune des deux filles disparaît mystérieusement. L’enquête de la police aboutit à une piste qui pourrait bien incriminer notre héroïne. Comme toujours chez ce grand admirateur de Rohmer, le scénario, factuel, objectif et distancié, se combine subtilement à une mise en scène qui se charge, par un travail épuré sur la précision du cadre et la rupture du montage, de révéler de manière quasi subliminale les aspérités et ambiguïtés du récit. Tout est ici dans la suggestion, privilégiant le doute et le non-dit à l’affirmation. Un vertigineux thriller sociétal et moral.
Remarquable de tension narrative et de subtilité, ce drame psychologique axé sur une trame policière annexe est à voir absolument. L'actrice principale incarne admirablement cet être à la dérive victime d'une injuste stigmatisation. Magistral.
Il y a 3 ans, la vision de "Harmonium" m'avait amené à voir en Kôji Fukada un potentiel futur grand du cinéma nippon (il n'a que 40 ans !), tout en me posant la question de savoir si il était préférable pour lui de continuer à papillonner d’un genre à l’autre, ce qu'il faisait depuis ses débuts, ou bien de se fixer sur un genre bien précis. Eh bien, avec ce qui est son 6ème long métrage (2 autres vont sortir prochainement), c'est encore un genre nouveau pour lui que vient fréquenter Kôji Fukada ! Un genre qu'il est d'ailleurs difficile de cataloguer, quelque part entre thriller psychologique et mélodrame, avec une immersion dans une société japonaise que nous, occidentaux, avons souvent beaucoup de mal à bien comprendre. Au point que l'histoire du film (cf. le synopsis : "Ichiko est infirmière à domicile. Elle travaille au sein d'une famille qui la considère depuis toujours comme un membre à part entière. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d'enlèvement. En retraçant la chaîne des événements, un trouble grandit : est-elle coupable ? Qui est-elle vraiment ?") nous apparait comme plutôt bancale et pas très crédible alors qu'elle ne doit pas poser de problème particulier aux spectateurs japonais. En fait, l'intérêt principal du film se situe probablement dans la description de la cellule familiale dans laquelle travaille l'infirmière, dans le rôle qu'elle y joue, ainsi que dans l'organisation de "Cocon", le groupe d'infirmières dont elle fait partie. Le film est traversé de sauts dans le temps qu'on arrive heureusement à suivre assez facilement, ne serait-ce qu'en se focalisant sur la coupe de cheveux de l'héroïne. Celle ci est interprétée par Mariko Tsutsui qui tenait déjà le rôle féminin principal dans "Harmonium", le film précédant de Kôji Fukada.
Une construction hallucinante pour décrire la complexité de nos réactions face aux événements. Ce scénario est un cas d’école et l’actrice qui l’incarne en est la quintessence ! Foudroyant.
Un très bon thriller psychologique à l'ambiance typiquement japonaise. L'actrice principale est belle, troublante et effrayante à souhait. La mise en scène est subtile et le climat est tendu à souhait.
Koji Fukada un nom à retenir . Il réalise ici un petit bijou de thriller psychologique...Entre obsessions pathologiques et névroses subtiles, les personnages (notamment l'infirmière et la jeune étudiante ) offrent une palette de sentiments qui vont du doute sur l'existence aux troubles de la personnalité, chacun se raccrochant aux autres, ou aux démons de son enfance...Cela a par moments quelque chose d'envoutant, porté par le style d'une caméra aux travellings et cadres d'une pureté douce, en harmonie totale avec le sujet ...c'est un film délicat avec des allers et retours dans une chronologie qui laisse place souvent à de la poésie....On ne peut que s'immerger avec les personnages, car ils sont rares et ordinaires à la fois, et que ce qui leur arrive au fond peut arriver à chacun....Les histoires s'entremêlent, comme dans une sorte de choralité, et l'infirmière se révèle comme un film élégant et dont la personnalité sort des sentiers battus...Enthousiasmant....
Film japonais sur le rôle qu'a pu jouer une infirmière à domicile dans la disparition de la petite-fille de la femme dont elle s'occupe. Film opaque et trouble, dans le mauvais sens du terme, avec quelques incursions fantasques qui laissent plus dubitatif qu'elles n'impressionnent. Seul le jeu et le visage impassible de l'actrice principale infuse la dose de mystère qui permet à l'oeuvre de ne pas sombrer dans l'ennui. Un film que l'on n'aurait pas applaudi le soir à vingt heure.
Très beau film. Sobre et puissant. Comment la vie d'une femme simple, pleine d'attention, compétente dans son métier peut basculer à cause d'événements qui ne la concernent pas, en tous pas directement et dont elle n'est absolument pas responsable. Tout cela à cause de l'incompréhension, des amalgames, des maladresses voire de la méchanceté et de l'acharnement médiatique. Ce film est une réflexion sur les rapports humains qui peuvent être pervertis par une petite étincelle qui déclenche un incendie qui se propage. L'actrice principale est très touchante dans son rôle de femme, victime expiatoire d'une société intolérante.
C'est sûrement une très bonne analyse de la société japonaise. Pour ma part c'est trop dans l'étude des cas psychologiques. C'est glaçant, distant. Cela met mal à l'aise. J'aurai aimé une ouverture qui laisse de la place à une émotion, à une empathie pour un personnage, à une humanité ou le bien, le mal, l'humour peuvent se côtoyer.
Après l’excellent « Harmonium », Koji Fukada revient avec « L’infirmière » qui m’a scotchée... Un thriller psychologique passionnant qui nous livre un portait de femme riche et complexe. Ambiguïté et suspense tout au long du récit. Je recommande fortement.