Stillwater suit un père américain venu à Marseille pour tenter d’aider sa fille emprisonnée, dans une enquête qui glisse peu à peu vers le drame familial. Un film que j’ai trouvé plutôt moyen, malgré quelques idées intéressantes sur la culpabilité, la vérité et le besoin de réparation.
Avant de le voir, il faut avoir en tête que Stillwater n’est pas un pur thriller judiciaire, mais un drame familial et moral traversé par une enquête. Tom McCarthy s’intéresse surtout à la paternité, à la culpabilité et à ce qui peut encore être réparé. Le film part d’une inspiration lointaine liée à l’affaire Amanda Knox, mais s’en éloigne pour construire une fiction centrée sur le père, le choc culturel et la confrontation entre une Amérique populaire sûre de ses repères et une ville de Marseille plus complexe.
Le film explore la paternité comme tentative de réparation. Le personnage principal cherche à aider sa fille, mais cette quête révèle aussi ses propres manques, ses erreurs passées et son besoin de se racheter. L’enquête devient moins un simple mécanisme judiciaire qu’un moyen de confronter un homme à ce qu’il a raté, à ce qu’il croit pouvoir corriger et à ce qu’il ne maîtrise pas.
Le récit s’intéresse aussi à la vérité et à l’ambiguïté morale. Stillwater montre que l’amour familial peut aveugler, que la volonté de bien faire ne suffit pas toujours, et que chercher la justice peut devenir dangereux lorsque l’on agit selon ses propres certitudes. Le choc culturel joue aussi un rôle important, même si le film n’en exploite pas toujours pleinement la richesse.
J’ai trouvé Stillwater plutôt moyen. Le mélange des genres fonctionne par moments : drame familial, enquête, portrait social et récit de rédemption donnent au film un peu plus de profondeur qu’un thriller judiciaire classique. Sa retenue lui apporte aussi une certaine sobriété, et j’ai été surpris par son ambiguïté morale, notamment dans son développement final.
Toutefois, l’ensemble m’a paru assez creux, avec des dialogues parfois peu naturels et un traitement qui frôle la caricature. Le film souffre aussi d’une longueur excessive, qui donne au récit une impression d’étirement. À mi-parcours, on se demande un peu où l’histoire veut aller, avant qu’elle ne se relance par un hasard narratif assez visible. Le rythme devient alors inégal, parfois déséquilibré, et Stillwater manque finalement d’intensité sur la durée.
Au final, Stillwater propose un drame moral plus intéressant dans ses intentions que dans son exécution. Un film retenu et parfois ambigu, mais trop long, trop inégal et trop peu intense pour réellement marquer.