Incassable
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Epsilon1963
Epsilon1963

10 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 juin 2019
Étonnant Bruce Willis, il sauve le monde, élimine ou casse la figure aux pires méchants de la planète, est le séducteur qui fait chavirer tous les cœurs, et là il nous offre un nouveau registre de son talent, celui de somnifère ambulant. Quant au scénario, il est tiré par les cheveux au point de se les arracher.
Je préfère personnellement regarder un plat cuire dans mon micro-onde, c'est plus passionnant.
Rodrigue B
Rodrigue B

27 abonnés 220 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2019
M. Night Shyamalan sort du succès révolutionnaire du « Sixième Sens » et désire remettre le couvert très vite... Peut-être trop vite... Le réalisateur écrit lui-même ses histoires, il en assume également la production. Il est toujours étonnant qu'un réalisateur débutant ait pu sortir un film comme « Le sixième sens », riche et abouti à tout niveau ! Le cinéaste est lancé et ne désire pas s'arrêter en si bon chemin, il rappelle Bruce Willis pour lui proposer une nouvelle collaboration.
Si Willis a pu hésiter avec « Le sixième sens », car le réalisateur était inconnu alors que lui n'avait qu'à ouvrir sa boîte aux lettres pour trouver quantité de propositions, Willis n'hésitera pas longtemps pour « Incassable ».
Cependant, il convient d'avouer que l'histoire est maigre... Elle se cache derrière un hommage aux comics mais ne va pas très loin : Un homme casse, l'autre non et le premier a l'obsession de retrouver le second convaincu de son existence...
Mouai... Et contre toute attente, ça fonctionne ! Shyamalan offre un cinéma que personne n'avait jamais vu avant ! Peu en ont conscience mais il était novateur en pas mal de domaines puis a servi d'inspiration à bon nombre de cinéastes... On oublie souvent l'impact que ce Grand Monsieur a eu sur notre monde cinématographique, la critique assassinant trop injustement la plupart de ses oeuvres !
« Incassable » peut paraître maigre sur le papier mais dès l'introduction, on savoure un jeu de caméra hors du commun filmant les deux premiers personnages à travers un espace très limité : l'espace entre deux sièges de train... La caméra bougeant d'un côté puis de l'autre en fonction de celui qui donne la réplique.
Le style et la force de Shyamalan, c'est de prendre une intrigue fantastique et de la traiter non seulement avec beaucoup de mélancolie mais également de la poésie ! Tous ses plans sont poétiques ! Il filme chaque séquence comme si chacune représentait de l'or pour le film, résultat : un immense trésor s'offre à nous !
Il propose des cadres stupéfiants, une photographie bouleversant tous les codes établis.
Pendant la scène de l'entraînement de Willis, la caméra fera un mouvement de recul et avancera en fonction des mouvements sportifs de l'acteur ! N'importe quel autre cinéaste se serait planté avec une telle audace, pas Shyamalan ! Non seulement il ne se plante pas mais le spectateur est sans cesse impliqué comme si, lui aussi, soulevait le poids ! Idem pour la chute de Samuel L. Jackson, on a l'impression de tomber avec lui !
Audacieux, talentueux, Shyamalan révolutionne le cinéma, on peut dire sans hésiter qu'il y a un avant et après son oeuvre !
Petite signature personnelle que l'on retrouve avec plaisir : le cinéaste s'offre une petite apparition dans chaque film, ici il donne la réplique à Willis qui le fouillera. À l'instar d'Hitchcock en son temps qui, lui, ne faisait que passer dans la foule de figurants...
Comme son chef-d'oeuvre (Le sixième sens), « Incassable » propose une chute à couper le souffle, un rebondissement de taille !
Le duo Willis-Jackson fonctionne fort bien, nous avions déjà pu les voir ensemble 5 ans plus tôt dans des rôles totalement différents.
Du grand cinéma !
FaRem

10 653 abonnés 11 920 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 avril 2019
Seulement un an après le "Sixième sens", M. Night Shyamalan sortait un autre film qui allait rester dans les mémoires. À cette époque, le réalisateur était clairement en avance sur son temps avec ce film souvent mécompris. "Incassable" est beaucoup de choses et notamment un film de super héros avec un traitement inédit puisque avec ce film, le réalisateur revisitait le mythe du super héros alors que le genre n'était même pas encore réellement à ses débuts et que les films du genre se comptaient sur les doigts d'une main. S'il n'est pas vendu comme un film de super héros, mais plutôt comme un drame, le film met en scène un personnage qui va se découvrir des capacités étonnantes. Dans un univers très imprégné comics, Shyamalan se joue des codes, décortique ce mythe et aborde cette histoire d'une façon totalement différente de ce que l'on a l'habitude de voir même aujourd'hui. Il propose une étude sur l'être humain et sur ce qui fait que quelqu'un peut avoir l'étoffe d'un héros. Ici, pas d'action ou presque, et pas de mission pour sauver le monde, mais un développement psychologique très intéressant puisqu'il installe un mano à mano très original. L'histoire est particulièrement bien ficelée et comme toujours avec Shyamalan, le réalisateur nous propose un twist final renversant. Bruce Willis et Samuel L. Jackson sont tous deux excellents et se complètent vraiment bien. Bref, un excellent film avec une superbe ambiance et une mise en scène juste exceptionnelle.
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

94 abonnés 1 761 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 avril 2019
Incassable n'avait pas laissé un souvenir impérissable dans ma mémoire (comme avait pu le faire Sixième Sens, du même realisateur) et force est de constater qu'il ne se passe pas grand chose à l'écran. Le rythme est mou, l'action presque inexistante... On a l'impression d'être en face du film de super héros le plus poussif de l'histoire du 7eme art! Mais au final, on est peut être aussi en face d'un des plus profonds, car les personnages sont suffisamment travaillés et l'intrigue suffisamment prenante pour en faire un film unique, avec une ambiance qui lui est propre et une dualité gentils/méchant qui a le mérite d'être inventive.
Robrex
Robrex

31 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2019
Un bon thriller de la part de M. Night Shyamalan, et surtout l'un de ses premiers meilleurs films avant que sa carrière ne dégringole jusqu'en 2017 avec "Split" qui la relance. Concernant "Incassable" (Unbreakable en VO), c'est un film particulièrement très glauque et sombre, sans aucun humour, et même si je le considère pas pour autant comme un très bon film, ça reste quand même bien kiffant, surtout pour son écriture très bien foutue. On arrive bien à reconnaître le style de réa de M. Night Shyamalan, l'histoire est vraiment intéressante, y'a un gros suspens qui est à son comble, ça garde un côté vraiment très mystérieux pendant au moins les deux tiers du film. Les personnages sont très bien écrits, en particulier celui de Bruce Willis et celui de Samuel L. Jackson qui ont chacun un Background super bien développé. Ces deux personnages ont une personnalité différente, des caractéristiques différentes, avec Bruce Willis qui est solide comme Superman et Samuel L. Jackson qui joue un handicapé passionné de comics et qui souffre d'une fragilité et d'une misanthropie sans nom, et on s'attache à eux surtout à cause de leur "rivalité amicale" (c'est très paradoxale mais en gros c'est ça !). Après, c'est le dernier tiers du film qui, je trouve, est moins bien rythmé et part un peu dans une direction limite poussive. Les enjeux deviennent assez tordus, sans compter que les 20 dernières minutes sont conclues de manière brusque (no spoil). Par contre, la révélation finale (no spoil) peut être assez inattendue et peuvent bien surprendre et choquer en même temps le spectateur. La musique est assez froide, elle rentre bien dans le concept du film mais est pas non plus trop marquante. Concernant les acteurs, Bruce Willis joue très bien. Certains disent que c'est l'un de ses plus grands rôles au cinéma, mais moi, même si son jeu est bon et qu'il s'investit bien, je suis pas de cet avis pour autant. Samuel L. Jackson aussi est remarquable, il est totalement encré dans son personnage d'handicapé et cache bien son mystère. Honnêtement, je trouve que Samuel L. Jackson s'en sort le mieux. À noter qu'on les retrouvera tous les deux dans le dernier film de Night Shyamalan "Glass" sorti récemment, avec en plus le personnage de James McAvoy du film "Split". Parmi les autres acteurs, on a aussi Robin Wright, qui a un rôle assez secondaire mais qui joue bien aussi, en étant également assez touchante. Le jeune Spencer Treat Clark est assez impressionnant également, et joue avec une dramaturgie forte. Charlayne Woodard s'en sort bien aussi, de même pour Eamonn Walker, Leslie Stefanson, Michael Kelly et les autres acteurs. On peut aussi noter l'apparition de M. Night Shyamalan lui-même dans un caméo. En conclusion, "Incassable" est un thriller convaincant, honnête et efficace, et sûrement le dernier film de Shyamalan encore potable avant la chute de sa carrière. Donc, même si pour moi c'est pas si grandiose que ça, je vous le recommande quand même si vous voulez bien entrer dans un suspens à son comble.
Michael78420
Michael78420

70 abonnés 2 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2019
Quelle étrange lenteur ! Bruce Willis, que l'on a l'habitude de voir dans des rôles rythmés, se repose ici en appréhendant les pouvoirs étranges que lui révèle son mentor. Samuel Lee Jackson est flippant à souhaits dans la folie de son personnage. Il faut accepter de se laisser porter par cette ambiance foetale pour assister à la naissance du héro de comics, au risque sinon de friser l'ennui. Délicat équilibre parfois rompu, surtout si l'on manque d'attention et qu'on se laisse distraire par exemple par son smartphone.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 30 janvier 2019
Ce film m'a franchement laissé sur ma faim. Je l'ai regardé parce qu'il avait de très bonnes notes, mais après coups je n'ai pas bien compri pourquoi. Le début commence avec un accident de train où le héros est le seul à en sortir indemne, il rentre chez lui, on comprend qu'il a des capacités de résistance peu communes (pas de spoiler ici, le titre du film parle de lui même : "incassable"). Et alors que le scénario avait une potentialité assez intéressante, on passe le reste du temps à s'ennuyer et à se demander quand est-ce qu'il va se passer quelque chose. Les minutes défilent : 10, 20, 30, 50, 60 et il ne se passe toujours rien de bien marquant. C'est franchement mou. Ca finit par un twist final qui m'a fait avoir cette réflexion : "tout ça pour ça ?" (twist pas très crédible d'ailleurs, les motivations d'un des protagoniste semblent bien dérisoires). Ce qui est agaçant après coups, c'est le jeu des acteurs. Bruce Willis a un jeu de dépressif dans ce film, sa femme joue une dépressive, même son fils est dépressif. On dirait que toute cette famille est dans le mal être et quand le réalisateur explique un peu l'histoire familiale, il s'arrête en cours de route, on ne comprend pas vraiment le background du couple et de la famille au final. Ca laisse un gout d'inachevé, comme si le réalisateur voulait dire "vous voyez, mon film est profond" alors que son film n'a rien de bien profond. Le fait qu'on sait dès le départ que le héros est "incassable" ça permet de rester accroché à l'histoire mais comme le twist final ne m'a pas fait l'effet "wow", ben il me reste une impression d'inachevé et un film qui ne m'a pas emporté beaucoup, même si il n'est pas à proprement parlé mauvais.
Damien H.
Damien H.

15 abonnés 344 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 janvier 2019
Un film de "super-héros" original, aussi bien dans son traitement très psychologique que dans sa forme, sombre et sans grands effets spéciaux.
En découle un film profond sur l'humanité, porté par de nombreuses séquences fortes.
Luka
Luka

2 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2019
Un chef d'oeuvre , il est mon film de super héros préféré. Parfait du début à la fin. Allez savouré !
M. night shyamalan est un grand Real.
Aloïs Gaspard
Aloïs Gaspard

16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2019
Les prémisses de l’héroïsme, voilà ce qu’est ce film. Une réalisation impeccable avec des acteurs extrêmement convaincants, des personnages indéniablement réussis et consistants, un scénario d’une originalité folle et une ambiance sombre très bien maîtrisée. Tout ça muni d’un Twist final galvanisant qui remet en cause toute notre vision du métrage.
Jutjut
Jutjut

10 abonnés 211 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2019
Un shyamalan comme on l’aime : de beaux plans, une musique qui emporte, une intrigue menée doucement mais sûrement vers un dénouement toujours surprenant, un jeu d’acteur intimiste et de bons dialogues! Bravo encore !! Parfois juste un peu mou peut être mais c’est un choix esthétique de l’auteur.
Perrine
Perrine

6 abonnés 25 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2019
Incassable réalisé par M. Night Shyamalan est un thriller basé sur les films de super-héros donnant une vision différente de ce sous-genre de films.

C’est un bon film mettant en avant la qualité des jeux d’acteur de Bruce Willis et Samuel Jackson et qui se déroule sur une seule et même trame (ce qui ne nuit pas à l’originalité du film).

Hormis parfois un film un peu lent, je conseille ce film (surtout pour le plot twist final ;) ) pour tout les fans de comics !

3,5/5
Nicolas B.
Nicolas B.

29 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2019
Bien avant sa « suite » en 2017 avec #split et ses fours-busters monumentaux des années 2010, l’Indien M. Night Shyamalan avait obtenu une reconnaissance méritée grâce au désormais classique Le Sixième Sens. Deux ans plus tard, toujours accompagné de Bruce Willis, il lance Incassable, un film de super-héros très différent des « cartoon-live » de l’époque, bien plus réaliste dans son traitement du sujet. Construit davantage comme un thriller fantastique, il raconte l’histoire de David Dunn, mystérieux et unique rescapé d’une catastrophe ferroviaire, nouant un lien étrange avec une personne handicapée passionnée de comics, joué par un Samuel L. Jackson tout en nuances. Le film est assez inclassable, probablement lent, poussif et beaucoup trop sérieux en premier visionnage. Mais en prenant le temps de creuser sous sa surface, on y lit une histoire passionnante, symbolisant à l’extrême la recherche de soi et du but de son existence. Dénué de toute scène d’action, Shyamalan repose son récit sur un flou constant, tamisant toujours plus le filon qui sépare le bon du mauvais, les doutes constants de Willis contre la folie qui déborde du regard de Jackson en sont les images parfaites. De super-héros, le film en prend malgré tout les codes, ne serait-ce que lors des poses iconiques de son personnage (ne laissant apparaître à contre champ que l’imperméable volant au vent), ses doubles initiales comme les Marvel ou l’ensemble des passionnantes discussions opposant Willis à Jackson, entre Némésis et fascination malsaine. De son script nébuleux à son twist final excellemment ingénieux, Incassable reste un pilier du genre, ayant parfaitement sa place dans la dense filmographie du réalisateur Indien, dans lequel on pourrait seulement reprocher le caractère trop sérieux de l’œuvre qui empêche une réelle immersion.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2019
Un chef d'oeuvre d'une finesse et d'une subtilitée remarquable.
Des cadres maitrisés et un excellent scénario.
Barry.L
Barry.L

38 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 janvier 2019
L’année 2000 fut un tournant dans la production de film de super-héros. A cette époque, le genre cinématographique marchait bien, sans toutefois avoir l’aura qu’il a actuellement. Au contraire, le genre semblait avoir du mal à se renouveler, à l’image du kitsch de certains films comme ‘’Batman et Robin’’ (le film de Schumacher, sorti en 1997 fut un échec artistique, critique, public et commercial, ne rapportant que 238 207 195 dollars pour un budget de 140 millions de dollars). C’est alors que le troisième millénaire débarquait en s’annonçant décisif pour les films de super-héros. Deux films sortis en 2000 allaient chacun à leur manière métamorphoser le genre : ‘’X-men’’ de Brian Singer et ‘’Incassable’’ de M. Night Shyamalan. Si le premier film annonçait la désormais toute puissance des Studios Marvel, capables de créer un univers cinématographique, le second film, lui, venait proposer une vision beaucoup plus réaliste du super-héros. Les deux films furent très rentables, rapportant respectivement 296 339 527 de dollars et 248 118 121 dollars (le budget étant similaire pour les deux films : 75 millions de dollars). Pourtant, la réception critique et public ne sera pas identique d’un film à l’autre. Là où le film de l’écurie Marvel fut salué par son rythme, sa capacité à faire exister une multitude de personnages à l’écran, ses thématiques etc, il n’en fut pas de même pour ‘’Incassable’’. Après avoir adoré le précédent film de Shyamalan ‘’Sixième Sens’’, les gens furent déçus par ce film-là. Par ailleurs, Disney, ne sachant pas comment vendre le film décida de présenter ‘’Incassable’’ comme un thriller. Ainsi, les gens furent surpris par le rythme très lent que prend l’histoire, ainsi que le peu d’action offert par le film. Rétrospectivement, il est indéniable qu’ ‘’Incassable’’ est un film précurseur dans sa manière d’aborder le film de super-héros de façon quasi-naturaliste.

David Dunn est gardien de sécurité dans un stade. C’est un homme taciturne qui vit avec sa femme et son fils. David Dunn est par ailleurs l’unique survivant d’une terrible catastrophe ferroviaire. S’interrogeant sur les raisons de sa survie, David croise la route d’Elijah Price, un spécialiste des comics books souffrant de la maladie de verre. Elijah lui révèle sa folle théorie : si des gens pouvant se briser les os facilement existent, pourquoi l’opposée n’existerait pas ? Elijah pense que David est un gardien ‘’incassable’’, dont le but serait de veiller sur les hommes, comme un héros de comics.

Il s’agit de réparer une méprise. ‘’Incassable’’ n’est pas un thriller, comme l’a vendu Disney. Ce n’est même pas un film de super-héros au sens traditionnel du terme. Nous n’allons pas suivre un personnage qui reçoit par hasard des pouvoirs qu’il va rapidement mettre au service du bien en combattant un fou qui veut détruire la planète. Non, M. Night Shyamalan opte pour une approche moins orthodoxe en décrivant un moment précis dans la vie du super-héros : à savoir, sa naissance . Et ce choix est déjà une idée géniale parce que ce moment est fondamental dans l’identité du super-héros. Hélas, ce moment est souvent égratigné dans ce genre de film qui vont directement vers les actes super-héroïques. Pas ici, Shyamalan aime prendre son temps. Parce qu’il faut prendre son temps pour comprendre ce qui pousse le héros à s’assumer comme tel. La force de Shyamalan, c’est justement de percevoir parfaitement cette bascule du monde réaliste dans lequel vit Dunn vers le monde fantastique qu’espère découvrir Elijah Price. Il le fait par le biais du scénario (où Dunn découvre petit à petit tout le long du film ses capacités) mais aussi par le biais de sa réalisation, brillante et intimiste. Le monde de Dunn est filmé en plans séquences qui immergent immédiatement le spectateur dans le quotidien banal de Dunn. On pense au second plan du film où la caméra en partie caché par les fauteuils filme en un seul plan la discussion entre David et sa voisine du train. C’est le caractère anodin et banal de la vie de David qui nous permet d’être en empathie avec ce héros triste et mélancolique. Mais peu à peu, le fantastique s’infiltre et vient parasiter ce réalisme via le personnage d’Elijah. C’est un être qui voudrait croire au fantastique et qui voit en David le moyen de retrouver ce qu’il a lu dans les comics. Mais là encore, Shyamalan ne perd pas de vue le réalisme. Paradoxalement, la manière presque naturaliste de filmer permet de renforcer la crédibilité du fantastique. Ainsi, l’ouverture qui montre la naissance d’Elijah est à la fois réaliste (filmé en un seul plan) et étrange (l’importance du miroir et la dissimulation du bébé). L’étrange naît aussi de la musique de James Newton Howard, alternant thèmes minimalistes (où seul est utilisé le piano) et thèmes plus dynamiques opérés par de puissants crescendos.

On l’aura compris, la réalisation de Shyamalan fait le café. Mais la force du film repose aussi sur son scénario et ses acteurs. Car le film aborde des thématiques rarement soulevées par les films de super-héros. Il faut en effet se poser la question : en se concentrant uniquement sur la naissance du super -héros, que veut donc nous dire Shyamalan ? Pourquoi ce moment-là et pas un autre ? Outre la réponse la plus évidente (parce que c’est le moment où le héros se questionne le plus), c’est bien dans le cinéma en général de Shyamalan qu’on peut trouver la véritable réponse. Chez Shyamalan, l’homme doit trouver sa place dans le monde. Tant qu’il n’y parvient pas, son quotidien sera placé sous le signe de la faiblesse.Une faiblesse physique (les héros des films de Shyamalan ont souvent un handicap, c’est le cas ici d’Elijah, rongé par la maladie du verre) ou morale (les héros de ‘’Sixième Sens’’ et de ‘’Signes’’ sont comme David des êtres tristes) que le héros doit combattre. Mais plus important qu’ ‘’être’’, c’est ‘’croire être’’ qui compte vraiment. ‘’On est ce qu’on croit être’’ dira Dennis, l’anti-héros de ‘’Split’’. Et ‘’Incassable’’ entre parfaitement dans cette optique. Dans le paysage du film de super-héros, David Dunn est atypique dans la mesure où il dispose de ses pouvoirs depuis longtemps. Pourtant, il ne prend conscience de ses dons que tardivement dans son existence. Il lui faudra l’intervention de son contraire Elijah pour s’en rendre compte. Ce qui permet au réalisateur d’aborder la notion de déterminisme. Notion double et centrale dans le film puisqu’il y a d’abord un déterminisme qu’on pourrait qualifié de ‘’réel’’. David est destiné à être le héros. Car si David émet pendant toute la première heure de film des doutes vis-à-vis de ses capacités, Elijah identifie bien l’insatisfaction et la frustration qui habitent David. En effet, David a du mettre de côté sa carrière sportive (qui s’annonçait brillante) pour se ranger et fonder une famille. C’est quand enfin qu’il s’accepte en tant que héros que sa tristesse matinale le quitte. Shyamalan croit aux talents et aux capacités des hommes, ces derniers ne devant pas hésiter à les exploiter (comme le fait Elijah avec les comics, finalement et malgré son handicap, Elijah est une figure plus libérée que David). Mais un danger guette le potentiel humain : c’est un second déterminisme, cette fois-ci factice qui peut hélas freiner l’homme dans l’exploitation de ses talents. On reconnaît ici le déterminisme social. Parce que c’est bien un déterminisme social qui a empêché Dunn de se comporter en héros pendant toutes ces années. Et c’est là où le travail de Shyamalan sur le réalisme est essentiel pour que le film fonctionne. Les super-héros ? Pour David cela n’existe que dans les comics  ! Dans sa banlieue bien proprette, avec sa femme qui ne supporte pas la violence, tout conditionne David à mener une vie (trop) tranquille par rapport à ce qu’il est réellement. Il lui faudra l’acharnement d’un annonciateur (Elijah) et les encouragements de son fils pour que David ait la révélation. D’où le contexte réaliste qui empêche David de prendre conscience de sa force. Voilà pourquoi Shyamalan décrit avec minutie la routine, élément néfaste à l’émergence de talent. Trouver sa place, quoiqu’il en coûte. Intervient alors le retournement final, superbe. Superbe, en ce sens qu’il est parfaitement logique avec les idées développées par Shyamalan. Le final vient nous révéler que ce n’était pas simplement la quête identitaire d’un homme (David) pour savoir qui il est vraiment. Non, en fait, un deuxième homme (Elijah) dans l’ombre cherchait aussi à savoir qui il est réellement. Et c’est en reproduisant trait pour trait dans la réalité ce qu’il a lu dans les comics qu’Elijah se trouve. spoiler: Enfin, Elijah comprend qu’il est l’ennemi ultime de David. Si les oppositions des deux êtres (physiques et psychologiques) permettaient à Elijah de deviner son statut d’antagoniste, c’est bien leur complexe relation qui vient confirmer son statut d’antagoniste. Un cliché répandu dans les comic books réside dans la naissance du super-héros et du super-vilain. Souvent, l’un est responsable de la naissance de l’autre et vice-versa. Un exemple cinématographique : celui de ‘’Batman’’ de Tim Burton (1989). Dans ce film, le gangster Jake Napier assassinait les parents de Bruce Wayne sous les yeux de ce dernier. Ainsi naissait symboliquement Batman, justicier nocturne. Bien des années plus tard, Batman se venge en balançant Napier dans une cuve d’acide, lequel en sortait atrocement défiguré. Ainsi naissait le Joker, psychopathe clownesque. Dans cet exemple, le méchant crée le super-héros, puis le super-héros crée le super-méchant. Ce schéma-là est la résolution d’ ‘’Incassable’’ puisqu’ Elijah l’a parfaitement appliqué dans le monde réel. En faisant dérailler le train, il révèle le potentiel de David et est donc à l’origine du super-héros. Et David Dunn en s’acceptant en tant que justicier fait d’Elijah son pire ennemi dans la scène finale. Elijah devient donc le super-vilain.
Ça y est, les deux principaux protagonistes ont trouvé ce qu’ils sont vraiment.

Soutenus par deux acteurs à leur top niveau (Bruce Willis dans son meilleur rôle surprend par sa sobriété teintée de tristesse, et Samuel L. Jackson est poignant dans un rôle très misanthrope ), un scénario subtil et une mise en scène au cordeau, ‘’Incassable’’ n’est certes pas le film de super-héros le plus distrayant qui soit. Le film n’en demeure pas moins la proposition la plus pertinente que le film de super-héros ait connu. ‘’Incassable’’ confirmait aussi l’incroyable prodige M. Night Shyamalan, qui connaîtra l’enfer avec ses blockbusters avant de renaître de ses cendres avec ‘’The Visit’’ et ‘’Split’’.
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