La critique était très bonne, j'en attendais beaucoup et je suis resté sur ma faim. Je ne reviendrai pas sur la forme de la scène d'introduction, entière et réaliste, mais le fait qu'elle veuille de accoucher chez elle malgré le fait que la sage femme ne soit pas disponible ne me plaît guère. Enfant gâtée. Ensuite trop de longueurs et des tensions servies sur un plateau et sans crescendo. Très long, trop long mais les acteurs jouent très bien, ce qui sauve le film. Comme certains le cite, c'est à mon avis sans commune mesure avec Mariage Story qui est bien plus construit et intense.
C'est rare quand un drame fait parler de lui. En général c'est fortement lié à la performance des acteurs, ce qui est bien le cas ici. Il y a cependant un côté appuyé sur ce point, aidé aussi par de longs plans séquences. Pas sûr de garder un souvenir mémorable au final mais ça reste intéressant sur un sujet peu abordé.
Un film qui commence de façon impressionante et poignante. Je me suis retrouvé pris dans cette scène embarqué d'une pièce à l'autre de l'appartement. Ce plan séquence effectué de manière très réaliste et qui monte en intensité nous met direct dans l'ambiance du film. Puis, malheureusement, petite douche froide. Je n'ai pas été pris par l'émotion qu'essaye de nous faire sortir cette histoire tragique. J'ai eu du mal à me sentir concerné par la suite des événements. Le film se perd sur cette histoire un peu clichée d'affaire tribunale.spoiler: La toute fin du film est à mon sens un peu trop appuyée. On aurait pu s'arrêter sur la fille qui monte dans l'arbre et qui récupère la pomme.
Il reste cependant cette histoire d'amour bien interprétée et le contexte familial intéressant et compliqué qui apporte de l'intérêt au film. spoiler: Je regrette aussi qu'on n'accompagne pas plus longtemps le mari; je lui voyais une meilleure fin.
Netflix continue de produire des films indépendants, "Pieces of a Woman" rejoint notamment "Marriage Story" qui nous avait mis une petite claque l'an dernier. Le film de Kornél Mundruczó est tout aussi réussi. Il aborde le sujet de la grossesse et surtout du deuil à la suite de la disparition de l'enfant, mort-né. Le film démarre avec un formidable plan-séquence plongeant dans l'intimité du couple pour assister à l'accouchement comme si nous y étions, jusqu'à presque ressentir la douleur de la femme incarnée par Vanessa Kirby. L'actrice est tout simplement exceptionnelle dans le rôle principal, se plaçant sans aucun doute parmi les favorites pour la prochaine cérémonie des Oscars si elle a lieu. Elle est accompagnée par un bon Shia LaBeouf. Le film est profondément émouvant, certainement car le réalisateur hongrois et sa femme scénariste ont connu un drame similaire. Jusqu'à sa dernière scène, le film va mélanger des dialogues très bien écrits avec des métaphores aux références intéressantes. Si "Pieces of a Woman" semble parfois sortir un peu de son sujet, ou parfois avoir été pensé surtout pour les festivals, il n'en reste pas moins un film hautement émouvant et très réussi.
Aborder le sujet de la perte d’un bébé est délicat car il a le devoir d’être complet. La mise en scène de la perte de l’enfant peut paraître longue mais elle a l’avantage de mettre en avant un couple dans un extrême bonheur, dans une intense attente de leur enfant, un couple soudé, amoureux et heureux de la venue de cet enfant. La scène est longue mais elle met aussi en avant le professionnalisme de cette sage-femme douce, à l’écoute et bienveillante tout au long de l’accouchement et qui nous apporte de l’incompréhension lorsqu’on la sent attaquée pour son manque de professionnalisme, pour une injustice qui nous paraît dans cette scène malheureusement naturelle. A titre personnel et en tant qu’homme, ayant vécu également la perte d’un bébé, voici mon avis sur le film. Ce film aborde avec beaucoup de justesse le renfermement d’une femme face à la douleur de la perte de l’enfant, le rejet de tout, le rejet de l’homme avec qui elle a eu cet enfant, le rejet du bébé qu’elle a perdu (Elle souhaite le donner à la science, une façon de s’en débarrasser), le rejet de son entourage incapable de comprendre sa douleur et lui donnant des leçons sur la manière dont elle pourrait l’évacuer, lui mettant la pression pour qu’elle arrête de souffrir car cette souffrance les atteint également. Il aborde avec intérêt la douleur sous-jacente qui ne s’exprime pas directement, qui reste en profondeur, comme cette douleur face aux enfants qu’elle rencontre et qui lui rappelle celui à côté duquel elle est passée. Par contre, grosse déception, comme d’habitude sur ces sujets, concernant le traitement de la douleur de l’homme. cette douleur est réduite à son strict minimum, à des clichés complètement stéréotypés (L’homme qui boit, qui se drogue à la coke, qui essaye de forcer sa femme à avoir un rapport sexuel, qui va la tromper avec sa cousine pour au final l’abandonner avec gros chèque et ne plus revenir). Quand va-t-on enfin aborder sérieusement la douleur d’un homme dans ces situations et arrêter les clichés stéréotypés. Quand va-t-on montrer un homme qui est dans la tristesse de la perte de l’enfant, un homme qui souffre de toutes les projections qu’il a construites, de l’amour qu’il a donné à cet enfant avant qu’il naisse. Meme s’il n’a pas porté cet enfant dans son corps et même s’il ne l’a pas senti physiquement, ne l’a-t-il pas senti émotionnellement, spirituellement comme une âme incarnée déjà présente ? Comment ne pas aborder plus intelligemment la douleur de l’homme face à son impuissance de pourvoir aider sa femme déprimée, renfermée, rejetante, comme s’il était coupable de cet échec. Dans le film, on le fait passer de l’homme bienveillant accompagnant sa femme dans son accouchement à un homme plein de vices qui rend finalement le spectateur moins triste de son départ loin de la femme qu’il a aimé. Au final, on aborde le deuil de cette femme et l’espoir qui renaît avec cette dernière scène qui laisse comprendre qu’elle a eu un nouvel enfant mais qu’en est-il de l’homme ? Comment a-t-il fait son deuil ? Quel est son espoir pour la suite ? J’ai trouvé personnellement ambigu la scène où elle renverse les cendres de son bébé dans la rivière car cela laisse l’impression d’un deuil individuel pour une perte commune, une décision qui lui est propre alors qu’elle se doit d’être partagée avec la personne avec qui l’on a eu cet enfant même s’il y a tout de même la représentation de l'homme avec son bonnet. Cela laisse le sentiment que l’enfant de sa conception à sa perte est une histoire uniquement féminine et que l’homme reste dans un rôle uniquement de géniteur. Doit on accepter cette vision ?
Martha Carson (Vanessa Kirby) va accoucher. En plein accord avec son mari, Sean (Shia LaBeouf), elle a opté pour un accouchement à la maison. Hélas les choses tournent mal et sa petite fille décède à la naissance. Pour Martha commence un impossible travail de deuil qui l'oblige à reconsidérer sa relation avec son mari et avec sa mère envahissante (Ellen Burstyn) et qui culminera dans le procès de sa sage-femme accusée de négligence.
En concluant la critique de "La Lune de Jupiter", le précédent film de Kornél Mundruczó, j'avais prédit à ce jeune et brillant réalisateur hongrois un avenir tout tracé à Hollywood, aux manettes de "Fast & Furious 10" ou "Star Wars 11". Je ne m'étais pas trompé de beaucoup. Kornél Mundruczó a bien été repéré à Hollywood ; mais il n'y a pas été recruté pour y tourner un énième blockbuster mais plutôt un drame intimiste pour Netflix qui, décidément, accroche à son tableau de chasse toutes sortes de trophées.
Il pourrait s'agir d'une pièce de théâtre dont l'action ne quitte guère une poignée de décors : la maison des Carson où, pendant un magistral plan séquence de près d'une demie heure, on assiste à un accouchement dont on sait déjà la funeste issue, la maison cossue de la mère de Martha où toute la famille va se déchirer, le tribunal où se déroule le procès d'Eva la sage-femme...
Mais à la différence du "Blues de Ma Rainey" dont j'ai dit tant de mal, "Pieces of a Woman" n'est pas prisonnier de son dispositif. L'action a beau y être très statique, on n'a jamais le sentiment de s'engluer dans ces longs tunnels de dialogues étouffants qui lestent d'une tonne les adaptations des pièces de August Wilson. Le mérite en revient à la caméra virevoltante de Kornél Mundruczó qui, sans jamais nous donner la nausée, réussit à rendre vivantes des scènes qui couraient le risque de l'engourdissement. Le mérite en revient aussi au trio d'acteurs en tête d'affiche : Vanessa Kirby dans le rôle de la parturiente, dont la beauté hors normes occultait jusqu'à présent la qualité de son jeu (son rôle lui a valu la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à la "Mostra" de Venise), Shia LaBeouf qui réussit lentement à s'extraire des rôles de jeune premier dans lesquels sa carrière menaçait de s'enliser et Ellen Burstyn en douairière toxique.
Pourtant, malgré ses évidentes qualités, "Pieces of a Woman" ne m'a pas autant touché que je l'aurais imaginé. Je suis resté extérieur aux tourments de son héroïne. J'ai assisté en spectateur à son accouchement sans en ressentir au tréfonds de mon être la douleur. Je n'ai pas communié à son deuil. Une spectatrice aurait-elle différemment réagi ?
Un style à part et que je valide à 100% pour la plateforme Netflix qui nous offre là un film indépendant d'une qualité rare. Le long plan séquence de la scène de l'accouchement tient en haleine quiconque adhère au genre, c'est une réussite. Les acteurs sont tout simplement géniaux. À VOIR, belle sortie 2021 !
Un beau film qui traite du deuil périnatal, les acteurs sont convainquants... Les scènes sont parfois un peu longues avec beaucoup de sous entendu sans vraiment aller plus loin, c'est dommage. Après chaque deuil périnatal est différent mais à titre personnel je ne me suis pas trop retrouvée à travers les personnages, mis à part la scène où elle découvre les photos... C'est dommage de ne pas avoir suivi les personnages au début du deuil, il y a une ellipse de 3 semaines. Je peux comprendre ce choix (trop difficile, trop larmoyant....) mais c'est vraiment là que les choses se passent.... Je suis contente de voir un film qui traite de ce sujet mais globalement déçue car il est loin de la réalité de beaucoup de femmes. Il en faudrait d'autres !!
Après nous avoir régalés l’an passé avec Mank, The Prom, Les 7 de Chicago, Rebecca, Une Ode Américaine…pour ne citer qu’eux : Netflix revient en grande pompe avec Pieces of Woman : leur nouveau drame acclamé à la Mostra de Venise et qui a valut le prix de la meilleure actrice à Vanessa Kirby.
Visiblement inspiré de leurs propre expérience (comme l’avait était Mariage Story, en 2019) et de leurs pièce : le réalisateur Kornel Mundruzco et sa femme-la scénariste : Kate Weber (deux talents que je ne connaissais pas) a décidé de mettre ensemble en scène un film sur le deuil périnatal, et la reconstruction d’une jeune femme et son mari qui tente de faire leur deuil. Entre essayer d’oublier et n’arrivant pas à dire aux revoir à leurs petit être.
En tête d’affiche : Vanessa Kirby, que nous avions passionnément adoré dans The Crown, incarne cette jeune femme : Marta, qui part un peu à la dérive. Et, il faut avouer que si elle n’était pas prévue pour le rôle, elle transpire à l’écran. Celle qui commence à se faire une place de taille à Hollywood : est juste magistrale dans ce rôle et illumine chaque scène dans chaque scène. Nous offrant ici, je pense, la plus grandiose et marquante de ses compositions. Je pense qu’il ne faut pas utiliser le mot époustouflant, car là c’est réellement le cas. Si son personnage de la princesse Margaret avait été celui de la révélation, on espère que celui de Marta, sera celui de la consécration.
Dans, cette belle et mémorable aventure : l’actrice britannique est secondée par Shia LaBeouf qui joue son mari-et offre une performance très touchante et assez similaire à celle de Casey Affleck dans Manchester by the Sea, même si l’approche est différente. Et enfin : Ellen Burstyn qui incarne sa mère, avec une très grande force. Mais dire que Piece of Woman n’est qu’une galerie d’acteurs ne seraient pas juste. C’est avant tout, un scénario superbement écrit qui transpire la douleur, l’amour, le vécue…le sujet sembler risquer : le résultat en est un film aussi rarement bien écrit. C’est aussi féminin que masculin : Kate Weber et Kornel Mundruzco ont choisit de se raconter et c’est en toute honnêteté sans artifices.
La réalisation de Kornel Mundruzco est magnifique et sert encore plus une histoire émouvante. On voit toute l’attention, la minutie et l’amour mis dans ce projet. La photographie et le montage se complètent superbement bien, c’est à la fois très dur, très chaleureux mais jamais larmoyant. Et que dire de la bande-originale signée Howard Shore (derrière le Hobbit). Elle est juste extraordinaire, et est à elle seule un chef d’œuvre. Jamais on ne pourra se lasser de l’entendre.
Finalement jamais un film n’aura été aussi intense et puissant tout en marquant en profondeur le spectateur. Piece of Woman captive par sa maitrise de la technique. Il est vrai que la scène d’accouchement de 23 minutes en est un bel exemple et mérite à elle seule le détour. Vanessa Kirby sans revenir sur ce qui a était dit, porte à bout de bras un rôle taillée à la mesure de son talent et offre une performance sans fausse note. Mais le fait que le film soit soutenu par une belle galerie de personnages secondaires, une somptueuse bo, un montage et une photographie excellente, une écriture sublime et magnifiée…renforce notre avis sur le fait que ce film est proche de la perfection. Une œuvre rare si ce n’est un chef d’œuvre qui vous marquera à vie et que l’on reregardera dans quelques années avec autant d’émotions. Pour reprendre avec justice le Figaroscope : « On n’avait pas reçu une telle claque depuis Manchester by the Sea. »
On tient la première claque de 2021. Pieces Of A Woman est d'une puissance incroyable. Vanessa Kirby et Shia LaBeouf sont renversants, l'écriture et le rythme d'une précision absolue. C'est dur, terrible, déchirant, touchant, et d'une clarté narrative impressionnante.
Une chose à dire : le plan-séquence de 23 minutes de Mundruczó est ahurissant de maîtrise. Tu souffre et tu vis le choc avec les personnages. Ensuite de manière plus classique le long métrage raconte le deuil d'un couple. Les personnages, leurs caractérisations ainsi que leurs différentes façons de réagir au drame rattrape un film qui manque quelque fois de finesse. Vanessa Kirby y est impressionnante !
Trop de longueurs pour moi.. C'est important de traiter de la perte d'un enfant mais il n'y aurait pas fallu en plus de cela une poursuite judiciaire, etc. Certes, la perte d'un enfant peut entraîner la séparation des parents mais là c'était trop.. c'était vraiment une vision "dark".. Très dur à regarder, et très long, j'ai passé de nombreux passages qui me paraissaient inutiles... Malgré tout, la fin est belle : spoiler: elle a planté un pommier en hommage à sa petite fille décédée, qui sentait la pomme, et sa deuxième fille monte dans l'arbre pour manger les pommes . Mais à part ça, dans sa globalité, je n'ai pas apprécié le film.. certains couples survivent au deuil, d'autres le vivent plus mal, mais là ce film représente le cas extrême : tout va mal, et c'est juste horrible à regarder malheureusement..