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Bromston
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4,5
Publiée le 23 septembre 2023
Une belle réécriture du chef d'oeuvre d'Henry James qui s'incarne dans une boîte de nuit fantastique où la vie passe comme dans un rêve. Enfin un film qui a de la personnalité !
J'ai beaucoup aimé la singularité de ce film, qui ne raconte pas une histoire avec un arc narratif classique mais superpose des strates de temps suspendu, comme les maillons d'une vie qui lentement se défait. Anaïs Demoustier y est d'une beauté incroyable.Ce que fait Tom Mercier est plus déconcertant, il traduit l'obsession morbide de son personnage par un jeu recto tono qui peut paraître trop neutre mais qui en fait m'a beaucoup touchée. La mise en scène est élégante, jamais tape à l'oeil alors que le contexte (clubbing, strass et lumières) aurait pu s'y prêter.
Quel ennui ce film ! les musiques pourtant centrales dans la chronologie sont ratées ( il y a pourtant de belles originales pour illustrer le récit, pourquoi la Sacem au générique ?...) scénario qui tient en 2 pages et investissement des acteurs au minimum syndical !
Alors pour résumer John a un secret qu'il a partagé ado avec May. Par hasard ils se retrouvent adultes chaque samedi entre 1979 et 2004 à "la boîte sans nom" attendant l'événement dont ils ignorent tout lié à ce secret...nous aussi on attend et c'est long très long. Sinon gros catalogue de musique de boîte.
John et Mary s’étaient croisés encore adolescents, lors d’une fête de village. John avait à cette occasion confié à Mary un secret : il était persuadé de l’imminence d’un événement qui viendrait bientôt bouleverser sa vie, telle une bête tapie dans la jungle, prête à bondir. Dix ans plus tard, en 1979, désormais adultes, John et Mary se croisent à nouveau dans une boîte parisienne en pleine mode disco. Pendant plus de vingt ans, leurs chemins ne cesseront de s’y croiser encore. Tandis que le monde change autour d’eux (les années Sida déciment les clients avant la Chute du Mur et le 11-septembre), tandis que les tendances musicales évoluent (la techno succède à la new wave qui avait succédé au disco), John et Mary ne changent pas, prisonniers d’une éternelle jeunesse et de l’immobilité de leurs sentiments.
"La Bête dans la jungle" est un roman parmi les plus célèbres de Henry James. Son thème entêtant – deux êtres coincés dans un éternel présent qui ratent leur vie à force de trop en attendre – avait déjà inspiré Marguerite Duras, qui en tira une pièce de théâtre avec Sami Frey et Delphine Seyrig, et François Truffaut et sa Chambre verte. Un film de Bertrand Bonello qui en est tiré est annoncé pour février 2024 avec Léa Seydoux.
Que Patric Chiha et Bertrand Bonello aient puisé leur inspiration dans la même oeuvre n’est pas un hasard tant leurs cinémas sont proches. On connaît bien le second – et on en reparlera quand sortira "La Bête". On connaît moins bien le premier, franco-autrichien, qui a réalisé en 2017 un documentaire, "Brothers of the Night", sur des Roms d’origine bulgare qui appâtent les clients d’un bar gay du centre de Vienne puis en 2020 "Si c’était de l’amour" sur une troupe de danseurs qui monte un ballet de la chorégraphe Gisèle Vienne.
Les deux partagent le même goût pour un cinéma anti-naturaliste, fassbindérien et esthétisant. Le film de Patric Chiha se déroule quasi exclusivement à l’intérieur d’une boîte de nuit (parisienne ?) qui ressemble au Palace du temps de sa splendeur avec ses dance floors, son escalier, sa balustrade. Les danseurs y sont incroyablement beaux et gracieux. Anais Demoustier est peut-être un chouïa trop sage pour ce rôle vénéneux. Béatrice Dalle qui l’aurait parfaitement interprété trente ans plus tôt y est mieux à sa place dans le rôle d’une physionomiste qui, à l’entrée de la boîte, telle Charon aux entrées des enfers, décide de convoyer les âmes. Mais c’est Tom Mercier, découvert dans "Synonymes" de Nadav Lapid qui est particulièrement à contre-emploi, grande gigue molle, habillée comme un sac, aussi à l’aise dans une boîte de nuit que moi sur une patinoire, s’exprimant dans un français hésitant. Sa maladresse, son manque de charme sont autant de boulets que le film, déjà passablement plombant, traîne.
Début des années 80, May et John se croisent dans une nouvelle boîte de nuit parisienne. C’est le début d’une histoire d’amour impossible. Dans ce huis clos bruyant, il ne se passe presque rien, et les dialogues sont proches du néant. La fraîcheur d’Anais Demoustier ne parvient même pas à sauver le film d’un ennui profond.
Que dire de ce film hypnotique et envoutant? D'abord des images éblouissantes et poétiques à souhait, des danseuRes qui donnent un rythme endiablé à une oeuvre dont l'ossature repose en partie sur Tom Mercier ( excellent comédien) et sur la fascinante Béatrice Dalle qui endosse à merveille le rôle allégorique de la Mort. Bref, un instant de pure poésie ou mythologie et réel s'entrechoque sans donner de répit au temps et aux personnages. Bravo à Patric Chiha et merci de m'avoir fait rêver.
Certes, c'est littéraire et le scénario n'est pas haletant, mais le film parvient à se placer sur un plan quasiment métaphysique. La nuit de fête devient une métaphore du temps qui s'arrête ; au même titre que la techno, toujours semblable mais différente, qui suspend le temps et incarne son déroulement à la fois. La musique de la boite change avec les années, au même titre que l'image du film, qui passe d'un 4/3 au grain de pellicule à un 16/9 blanc et numérique. L'ensemble est très beau, parfois drôle. Si on accepte le pacte du film, il peut nous emmener très loin.
D'abord, on se dit qu'on est bien content d'un film qui échappe ainsi au naturalisme et se laisse guider davantage par sa mise en scène que par le scénario. Le jeu pétrifié de Tom Mercier en rajoute à l'étrangeté et au plaisir. On craint un temps d'être pris dans une nostalgie fétichiste des années 80 (Palace, défonce, stroboscopes et nuits porte-jarretelle...), mais finalement le film trouve son rythme et déroule élégamment le temps immobile de ses personnages qui ne vieillissent jamais. Pourtant à un moment, la machine s'essouffle et, devenant un double du personnage de John, le film semble, comme lui, passer à côté de la vie, à côté de l'amour, à côté de toute émotion, bloqué dans l'attente prudente de quelque chose qui n'adviendra jamais (le cinéma ?), au risque que n'en subsiste qu'un bel objet théorique et glacé.
J'espérais m'amuser, revivre les années où l'on allait en boîte tous les soirs ou presque... j'avais sans doute placé la barre trop haute ! Je me suis ennuyée comme un rat mort, nous étions deux dans la salle, j'entendais les baillements de l'autre spectatrice. J'ai eu l'impression d'être prise en otage, attendant quelque chose qui ne vient jamais... Franchement, je ne comprends pas ce qu'Anaïs Demoustier est allée faire dans cette galère, on a mal pour elle tant les scènes sont longues et sans intérêt.
Conceptuellement intéressant, La Bête dans la jungle est malheureusement un peu raté. On suit un personnage qui attend quelque chose. Il n'a aucune expressivité (il paraît que ce n'est pas la faute de l'acteur mais de la direction d'acteur, pardonnons lui donc). Il a la chance d'être entouré par la géniale Anaïs Demoustiers et Sophie Demeyer. Attendre peut faire l'objet de bien des films (on se souvient du fabuleux Temporada de patos sorti en 2005), ici on n'en retire finalement pas grand chose. Il attend au risque de rater sa vie. Belle idée, mais une idée ne suffit pas. Dans sa forme, le film aurait pu exploiter à fond le fait de passer 25 ans dans une même boîte à travers ses différentes âge d'or et de décadence? Mais aucune musique n'accroche l'oreille de façon à nous faire vivre les années. Le roman de Victor Jestin, L'Homme qui danse, est bien plus acoustique, sur ce même sujet. Esthétiquement original, mais assez banal, on en ressort un peu déçu.
Très rare que je quitte la salle. Après 20 mn, j’ai renoncé, je ne saurais jamais ce qu’attendaient les deux personnages. Très mauvais jeu de tous les acteurs, dialogues médiocres. Un vrai navet! J’aurais du lire les critiques avant!