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picasso2
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4,0
Publiée le 1 août 2021
Une vraie belle histoire de la rencontre entre deux mondes qui aboutit sur la construction d’une magnifique performance. Le film fait un très bon travail d’ouverture de conscience en rappelant que si ce projet est une réussite, il manque d’en avoir beaucoup plus dans le paysage culturel afin de briser les barrières entre élitisme et culture populaire. Les quelques scènes que l’on entrevoit de l’opéra final donnent envie d’en voir plus et permettent de voir tout le sens qu’il y a à mettre en scène les danses urbaines pour porter Rameau sur scène, les deux formes de l’opéra et des danses urbaines étant aussi actuelles l’une que l’autre. Quant au format du film, documentaire à la main légère, il décrit finement le processus de création en intégrant les opinions personnelles de ses acteurs, en ayant la subtilité de ne pas toujours montrer qui parle, pour que l’on s’attache à écouter chacun sans a priori.
Superbe documentaire, on est au coeur des répétitions, de moments très beaux, très émouvants, sublimes. Je n'ai qu'une envie: revoir l'opéra en question. Quelle réussite. Que de talents réunis. Merci!
Des coulisses à la scène, on voit différents talents se découvrir puis s'unir, pour offrir un spectacle visuel et musical saisissant. un film pédagogique et touchant. enthousiasmant !
Le projet ressemble a une mauvaise recette de cuisine ou l’accumulation d’ingrédients éparses est indigeste. Fasciné par le KRUMP de , le footwork de Chicago, le jookin de Memphis, je fus très déçu par la portée conceptuelle du film. On y suit une bizaroide association d’idées d’un occidental ethnocentré qui marie l’exotisme et le classicisme. Visionner des vidéos youtube de danseurs talentueux exprimant un art brut (je pense a turf feinz dont s’inspire) , et copier coller leur mouvement, les transposer sur scène, y mettre un opéra classique, mélanger toutes les danses contemporaines récentes, amène à un voyeurisme exotique dérangeant. Comment a t-il pu passer à côté de l’essence de ces danses nés dans le ghetto qui sont de véritable exutoire, des danses de la survie. Innover à tous prix, pour la gloire intellectuelle. Mais la danse n’est pas réfléchie, elle n’est pas écrite, elle n’est pas apprises, elle s’enfante elle même. Et ce n’est pas pour rien qu’elle vient du ghetto, environnement apocalyptique et mortifère, où ses acteurs défient les lois du corps, le réinvente, car c’est tout ce qu’il leur reste, justement, le corps. Le corps est énergie, énergie du désespoir, la gesticulation malade du krump en témoigne. Par qui et pour qui ce spectacle existe ? Quand on voit le public bourgeois soixantenaire, ravi de voir venir (pour quelques 400 euros) des danseurs de rues dans leur belle cage dorée qu’est l’opéra, les images de l’exposition coloniale se superpose. Je me rappel alors la réaction d’un spectateur : « payer 400 euros pour voir des danseurs de rue, j’aurais tout aussi bien pu les voir gratuitement ». Oui, tout à fait d’accord, mais il faut y aller, dans la rue. Je suis sorti en colère du film, devant le contentement parfaitement hypocrite d’une classe sociale bourgeoise qui s’enorgueillit de son ouverture d’esprit alors qu’elle se révèle plutôt comme déconnectée d’enjeux sociaux bien réels.