Comédie musicale réalisée par Robert Altman, Popeye est un mauvais film. L'histoire nous fait suivre Popeye le marin amarrant dans le village de Sweethaven placé sous la coupe du mystérieux Commodore, afin de retrouver son père. C'est alors qu'il s'amourache d'Olive, la fille de sa logeuse, et se retrouve confronté à son fiancé Brutus. Ce scénario, s'inspirant des personnages de la série de comic strips Popeye créée par E. C. Segar, s'avère hélas ennuyant à visionner tout du long de sa durée de près de deux heures. Une durée qui se fait très largement ressentir à cause de son récit mettant énormément de temps à démarrer. En effet, il faut attendre trois quart d'heure pour qu'enfin une intrigue se dessine. Et malheureusement elle ne prend pas le chemin escompté. Celle-ci nous fait vivre une aventure plate car on y suit un Popeye jouant au baby-sitter alors qu'on aurait souhaité voir de la castagne, en plus de comporter des séquences chantées semblant hors propos. Les scènes de bagarres sont au final peu nombreuses et le métrage ne rend vraiment pas hommage à son matériau d'origine. Car le principal gimmick du marin consistant à engloutir des épinards afin de décupler sa force passe totalement à la trappe, hormis à la toute fin. Résultat, ce n'est vraiment pas palpitant. Heureusement l'esprit bande dessinée est tout de même bien retranscrit via l'aspect cartoonesque qu'ont certaines situations. Le ton se veut lui léger et amusant et parvient à décrocher quelques sourires, notamment des rictus interloqués devant ce à quoi on est entrain d'assister. L'ensemble est porté par des personnages semblant tout droits sortis de la cour des miracles. Des rôles interprétés de façon tout de même convaincante, en particulier les deux principaux, joués par un Robin Williams obtenant son premier véritable rôle au cinéma et par Shelley Duvall. Le premier est bien grimé et reprend bien les tiques et la panoplie du protagoniste originel avec ses avant-bras disproportionnés, son œil clos et sa pipe, alors qu'elle se prend souvent les pieds dans le tapis avec ses grandes gambettes et son corps longiligne. Les costumes qu'ils portent, fidèles aux modèles originaux, finissent de crédibiliser les protagonistes incarnés. La distribution est complétée par Ray Walston, Paul Dooley, Paul L. Smith, Richard Libertini ou encore Donald Moffat. Tous ces individus extravagants entretiennent des rapports étranges ne procurant aucune émotion particulière, hormis un peu d'amusement. Des échanges soutenus par des dialogues en sorte de patois, à la grammaire douteuse, déclamés de façon très bizarre, ce qui perturbe beaucoup. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain est correcte. Sa mise en scène est simple mais efficace. Surtout, elle évolue dans de très beaux environnements grâce au village fictif de pêcheurs de Sweethaven avec ses maisons en bois, situé au bord d'une mer d'un bleu paradisiaque. Dommage que ce superbe décor ne soit pas plus exploité, hormis dans la dernière partie. Ce visuel dépaysant est accompagné par une bande originale peu impactante. On retiendra avant tout les chansons chantées au cours de l'histoire. Mais on les retiendra de façon négatives car elles sont assez barbantes et trop nombreuses. Reste une fin attendue venant mettre un terme à Popeye qui, en conclusion, est un long-métrage aussi déroutant que dispensable.