Grandiose, émouvant, captivant. J'ai adoré ces images et ces témoignages, un moment hors du temps, orné des plus belles compositions du grand Morricone, avec des extraits de films. Quelle carrière, quel génie !
Un peu long mais il fallait bien rendre hommage au plus grand compositeur de musique de films. Plus de 500 films au compteur, la riche carrière de Morricone est montré avec beaucoup de détails, de ses premiers essais pour la chansons en passant bien sur avec sa collaboration avec Sergio Leone, sans oublier quelques errements des seventies avec certaines expérimentations dissonnantes. On entend notamment les incontournables "il était une fois" mais pas celle de Les anges de la Nuit peu connu mais une de mes préférés du compositeur. Il y aussi quelques anecdotes savoureuses comme sa collaboration avortée avec Stanley Kubrick sur Orange Mécanique . Le génie ne peut s'expliquer, ce film n'y parvient pas mais montre que le maestro était au croisement de l'expérimentation et du classicisme, et que sa sensibilité, son effervescence, son appétit ont fini de le faire entrer dans l'histoire du 7ème art.
Je ne pensais pas être ému par ce documentaire. Emu par l’émotion du maestro quand il évoque quelques moments de son jeune passé avec notamment son professeur Goffredo Petrassi ; et ému par trois grands moments de sa carrière : « Il était une fois dans l’Ouest » avec un des thèmes des plus émouvants ; « Mission » avec l’interprétation saisissante de De Niro et avec Joan Baez pour sa chanson indémodable et militante « Here's to you, Nicola and Bart » pour le film « Sacco &Vanzetti ». Ça donne vraiment envie de revoir ses films. « Ses » parce que ce sont aussi un peu les siens !
Je me suis vite aperçu que c’était là un grand monsieur qui ne faisait pas cas de sa condition d’artiste, aucune arrogance ; il sait ce qu’il veut, il a du caractère mais au-delà de sa timidité, c’est son humilité que je tiens absolument à saluer et qui fait de lui un grand monsieur.
Ce qui est extraordinaire, c’est le discours de son père ; celui-ci lui impose de faire de la trompette alors que le petit Ennio se voyait médecin. En principe, ce devrait être une recommandation de parents ! Combien diraient : « Ça nourrit pas son homme, musicien et puis c’est pas sérieux ! »
J’ai pu aussi m’apercevoir que la musique de film n’était pas toujours bien considérée alors que j’ai toujours pensé qu’elle était la musique classique de notre temps.
Il est à noter que le maestro Ennio a toute sa tête au moment de ses entretiens, il faut le voir se remémorer des phrases musicales avec une tonicité détonante.
Instructif et émouvant.
Tout petit bémol : je regrette que le réalisateur n’ait pas évoqué « Le professionnel », une sacrée musique aussi celle-là ! Non ? Mais ça, c’est mon petit esprit chauvin qui fait un léger caprice !
Si c'est toujours un plaisir de découvrir la vie d'un homme génial tel que Ennio Morricone, et que la simple présence de ses morceaux légendaires suffit à passer un bon moment, je sanctionne quelque peu ici la forme. Comme dans nombre de documentaires récents, notamment américains, on a le droit à une multitude d'intervenants sur canapé, la plupart n'ayant jamais rencontré personnellement le maestro, et dont les phrases sont systématiquement coupées en petits morceaux puis remontées pour servir le propos général. Vous aurez le droit à deux phrases de Tarantino, encadrées par d'autres phrases d'illustres inconnus aux styles différents, pour construire un semblant de trame sur un sujet donné. Les témoignages les plus intéressants pour aborder la personnalité discrète du compositeur sont ceux de Morricone ou de son entourage proche, et bien heureusement les quelques 2h36 en contiennent une quantité honorable.
Difficile est l'exercice de retracer dans un documentaire (et dans un seul long métrage qui plus est) une carrière aussi pléthorique, hors norme et exceptionnelle que celle de Morricone. Car, autant l'évacuer de suite, il aurait été peut-être plus judicieux de segmenter son parcours (pourquoi pas en série documentaire par exemple, peut-être plus adaptée) afin d'établir de façon plus détaillée et approfondie une rétrospective et une filmographie plus ample. Car la principale "faiblesse" de ce documentaire reste que l'on survole (voire occulte) par moment la conception et l'analyse de la composition pour chaque long métrage. Le montage est extrêmement vif, ce n'est pas forcement pour déplaire car cela permet de soutenir de manière rythmée la narration, mais cela procure également le sentiment que l'on balaye quelque peu le sujet que l'on est entrain d'évoquer.
Mais trêve de points "négatifs" (somme-toute relatifs) car pour le reste le documentaire offre de ce qu'il y a de mieux dans l'aspect introspectif du compositeur italien. A commencer d'abord par la présence rare et ici omniprésente d'Ennio Morricone lui-même qui livre avec précision et non sans une certaine émotion son ressenti sur le métier de compositeur de musique de film. Métier, qui a longtemps été considéré par certains de ses pairs comme un sous genre de l'aspect créatif musical, ce dont il a longtemps souffert. Sans le vouloir, il apparait ici comme le porte-étendard d'une profession longtemps en mal de reconnaissance. Ses nombreuses anecdotes et témoignages sur ses rapports collaboratifs avec les différents protagonistes, offrent un angle de vue unique et touchant pour le spectateur.
De plus, le documentaire s'attarde parfois, par l'intermédiaire du principal intéressé, sur l'aspect analytique de la création musicale ensuite sens strict du terme. Ce qui va à contre-courant de la plupart des oeuvres du même type. On ressent ici aisément que récit tourne autour de la musique en elle-même. La présence également de nombreux compositeurs au sein de la narration n'y est pas étrangère. Bon nombre ont travaillé de manière étroite avec l'artiste et leur témoignages apparaissent comme gage de qualité et véracité. D'autres même très illustres (Williams, Zimmer, etc ...) ne sont là réellement que pour l'adouber, ce qui n'est pas nécessairement pour irriter car assez rare à entendre de leur propre voix. A ce même titre, de nombreux réalisateurs prennent le relai dans l'approche collaborative détaillé avec le maître. Sur cet aspect, leur parole vaut pareillement comme assurance d'authenticité.
Au final, Ennio apparait comme un concentré de Morricone qui, comme touché par une grâce musicale parfois inexplicable, offre un aspect tendre et parfois émouvant comme rarement vu précédemment.
Très intéressant et même passionnant de voir le Maestro nous expliquer la genèse de ses œuvres les plus importantes et pas toujours les plus connues. Le petit bémol c'est.que c'est hyper hagiographique, pas l'once d'un petit reproche pu d'une petite critique.
Un documentaire à la hauteur de sa légende un grand compositeur gravé à jamais dans les mémoires.bravo au réalisateur pour ce documentaire bien renseigné et bien réalisé
Bien qu’un peu trop long (2h36), ce documentaire sur « il Maestro » de la bande originale de films (plus de 500 à son actif !) permet de comprendre la créativité incommensurable d’Ennio Morricone, grâce en premier lieu à lui, à ses secrets de création et à ses révélations sur la complexité d’une composition originale, et à ceux, nombreux et illustres, qui l’ont côtoyé. On y découvre aussi toute la difficulté pour un tel artiste de s’auto-censurer spoiler: quand il propose 9 choix de thèmes pour un film dont un qui ne lui plait pas mais qu’il propose quand même . Cette œuvre cinématographique unique sur l’œuvre du maître aurait, sur la forme, gagné à certains regroupements et certaines coupes. Par contre, sur le fond, chapeau l’artiste !
Attention, cet avis comporte ce genre de divulgâcheurs : spoiler: il a introduit la musique dodécaphonique dans la musique tonale. Ca t’en bouche un coin, hein ? Moi, je n’ai toujours pas compris ce que veut dire.
Documentaire sur un génie. Raconté par ses pairs (gros, gros casting) et par lui-même, le discret maestro se livre comme jamais. La méthode fait ressortir les paradoxes de ce compositeur prolifique. A conseiller à ceux qui le connaissent, à ceux qui ne le connaissent pas, à ceux qui aiment la musique populaire et élitiste ou le cinéma populaire et d’auteur. Les 2h36 du film s’écoulent sans effort. On en prend plein les oreilles, plein les mirettes et plein le cœur en compagnie du bonhomme.
superbe documentaire sur un genie de la musique, ses bandes originales resteront a jamais eternelles reconnaissantes entre mille, westerns, polars, vraiment fabuleux
L'oeuvre éclectique et dense du maître qui a subi les préjugés jusqu'à un stade avancé de sa carrière, ramassée dans ce documentaire efficace et souvent émouvant
Dans ce documentaire passionnant sur l’immense Ennio Morricone, plus grand compositeur de musique de films (on peut même imaginer soustraire à ce descriptif « de films » et ajouter « du XXème siècle »), on découvre la genèse du Maestro puis son ascension au cours de documents, interviews et extraits captivants. Voir le génie expliquer son processus créatif est fascinant, scruter son émotion à l’évocation de ses débuts ou de son manque de reconnaissance initiale est poignant. Cela nous rappelle également la richesse incroyable du Cinéma italien des années 50 jusqu’à son déclin dans les années 80, dû en grande partie aux lois ultra libérales voulues par feu Berlusconi. Alors oui c’est un éloge en bonne et due forme mais comment cela ne pourrait-il pas être le cas devant l’œuvre colossale et majestueuse léguée par le prodige ?