Thunder Run s’est imposé comme un classique aux US mais n’a pas vraiment percé chez nous. Très sincèrement, je peux comprendre le mythe pour une certaine jeunesse de vidéoclub, mais faut pas pousser. Thunder Run vaut surtout pour ses 30 dernières minutes qui sont de l’action non stop en mode Max Max Fury Road. C’est le même concept, mais évidemment, avec beaucoup moins de moyens. Il y a même des moments honnêtement kitsch à mon avis de trop (les lasers), mais en retour, il y a aussi des séquences inédites et toujours inédites au cinéma, en particulier une cascade unique au cinéma lorsqu’un poids-lourd à remorque saute par-dessus un train. Il faut pas se mentir, l’action effrenée de la seconde partie réhausse un peu le niveau du métrage qui, par ailleurs, n’est pas génial. On est dans un film Cannon avec ce que cela signifie généralement sur la forme : des décors ric-rac (on tourne dans le désert), pas mal d’artisanat dans les costumes, les gadgets, les effets visuels, les bruitages, qui sont entre l’Agence tout risque et un post-nuke italien de cette époque… Même s’il y a de bons effets pyrotechniques et pas mal de véhicules, le manque de budget apparaît souvent assez criant. De même, cette radinerie typiquement Cannon fait que le métrage dure 90 mn mais qu’on a que 30 mn véritablement de course poursuite et d’action. La première heure se compose d’une très longue exposition, avec quelques gags, des digressions inutiles, et beaucoup de discours qui ne mènent pas à grand-chose. Oui, je peux comprendre qu’on prépare le terrain, l’engin, mais dans tout film normal qui se respecte c’est l’affaire de quinze-vingt minutes… Là ça se trainouille, et c’est dommage car une course poursuite non stop, en se donnant un peu plus les moyens, ça aurait vraiment pu donner un métrage prenant et très fun.
Côté casting pas grand-chose de mémorable. Sans doute toujours à cause de la radinerie de la Cannon, les vedettes ici ont toutes l’âge de la retraite, tant Forrest Tucker que John Ireland. Forcément dans un film d’action ce n’est pas hyper crédible. Heureusement Ireland ne quitte pas son siège. Les petits jeunes du film sont pour ma part tout à fait anodins, leurs personnages n’ayant d’ailleurs qu’assez peu d’épaisseur, mais le pire revient à l’antagoniste, malheureusement totalement sous-employé. Alan Rachins avait pourtant une gueule et un potentiel.
Ma conclusion sur ce métrage c’est qu’il vaut surtout pour environ une quinzaine de minutes de cascades plutôt spectaculaires, en dur, en vrai, qui font plaisir à voir. Mais ces bons moments sont noyés dans un ensemble tristounet, assez morne, lent et assez cheap. Dommage. 2