Les Filles d’Olfa
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Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2023
"Les Filles d’Olfa" nous donne l'impression, la certitude que le cinéma peut être tellement utile ! Le regard porté sur le monde est tellement différent de notre (de mon ...) regard d'européen !
Le sujet traité a été vu à maintes reprises sous forme de reportage dans diverses émissions d'information. Mais, dans ce film, les faits ne sont pas le propos ! Ils sont la cause, c'est tout. Par des moyens assez inhabituels, nous sont montrés les ÉMOTIONS provoqués par les faits. Le spectateur est surpris à chaque minute parce qu'il n'y a rien de rationnel !
Le machisme, la maltraitance infantile, la sororité, les rapports mère/filles, la violence domestique, l'intimité féminine ... tout est abordé par ces femmes sous l'aspect des joies et des tourments induits ...
C'est émouvant, grinçant, déroutant ...
Antoine
Antoine

46 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 juillet 2023
On est pas loin du chef d'oeuvre. Une histoire tragique contée avec une grande humanité, une franche tendresse et surtout sans manichéisme, où l'on rit souvent et franchement. Toutes les protagonistes et actrices de ce film témoignent avec candeur et justesse de la cruauté d'un quotidien effrayant. Glaçant et pourtant le film nourrit aussi l'espoir tout en étant captivant!
Jean-Jacques FERNANDEZ
Jean-Jacques FERNANDEZ

41 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2024
Une très audacieuse façon de nous partager ce drame familial. La beauté de ses actrices ,associée au ton léger viennent adoucir le sujet douloureux de la radicalisation religieuse. Le réalisateur réussi pleinement son projet ambitieux avec une exigence esthétique totalement maîtrisée. Un film réussi , à voir....
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2023
Énorme chef-d’œuvre. Oui, chef-d’œuvre. Le mot n'est clairement pas usurpé. Un film bouleversant, une énorme claque. Kaouther Ben Hania est à la fois une très grande cinéaste et une très grande scénariste. Le dispositif qu'elle a monté est d'une grande intelligence et en même temps très troublant.

Il permet de raconter l'indicible, cette histoire extrêmement douloureuse, d'Olfa et de ses quatre filles. Je ne peux que saluer Olfa et ses deux plus jeunes filles, qui jouent leur propre rôle et crèvent l'écran. Mais je ne peux que m'incliner également devant Kaouther Ben Hania, qui livre un film d'une grande finesse et d'une grande subtilité, ainsi que d'une profondeur et d'une richesse incommensurables.

Il y aurait tellement à dire sur les nombreux sujets qu'elle brasse avec talent... Car elle met le doigt là où ça fait mal. Ce film est tellement riche sur le fond... Je salue également le courage de la cinéaste, qui a réalisé un film sans concession. Toujours pudique, mais très critique, car très réaliste, sur la condition de la femme en Tunisie. Et le courage d'Olfa et de ses deux filles, qui se battent contre le djihadisme, à visage découvert...

Total respect pour ce film et son équipe. Je ne peux que vous inciter à le voir. Pour moi, à ce jour et de loin, c'est le meilleur film de 2023... et le plus marquant.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

143 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2025
Entre documentaire et fiction, ce film dense met en place un dispositif complexe, à la fois libérateur de parole et de souvenirs pour les femmes présentées à l’écran – une mère tunisienne et ses deux filles, les deux autres ayant rejoint la Libye voisine pour y rejoindre les rangs de Daesh – et un brin étouffant pour un spectateur parfois perdu dans la masse d’informations. Il n’empêche que ce film nécessaire raconte la condition des femmes dans une Tunisie patriarcale – c’est le grand sujet de la cinéaste Kaouther Ben Hania, réalisatrice du bouleversant La belle et la meute (2017) – et la façon dont les femmes elles-mêmes reproduisent ce modèle. César du meilleur film documentaire en 2024.
rvrichou
rvrichou

121 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2023
Un film fort de part le sujet traité sans concession et très convaincant. Sur le plan cinématographique un film étonnant de par des choix de mise en scène audacieux et originaux.
Min S
Min S

69 abonnés 473 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 avril 2024
Excellent documentaire, nous pouvons comprendre les étapes de l’embrigadement, les histoire de vie nous forgent et nous guident dans nos désirions, par tapis il suffit d’une rencontre
Cadreum
Cadreum

63 abonnés 813 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2025
Qui est le film ?
Après La Belle et la Meute et L’Homme qui a vendu sa peau, Kaouther Ben Hania poursuit son exploration des zones où fiction et réalité s’emmêlent, mais elle franchit cette fois une frontière plus risquée. Nous sommes en Tunisie, pays encore travaillé par les secousses postrévolutionnaires, et Ben Hania s’empare d’un fait divers brûlant : la radicalisation de deux adolescentes parties rejoindre l’État islamique. Le film veut déplacer notre regard de la simple enquête vers les conditions mêmes de sa possibilité. Sa tension principale est claire : comment filmer un traumatisme sans le dévoyer ? Comment faire entendre des voix quand le cinéma, par nature, impose une forme ?

Par quels moyens ?
Ici, Ben Hania invente un dispositif qui oblige chacun à regarder le réel autrement. Les scènes rejouées, les intervenantes en face de leurs propres pastilles de mémoire, les allers-retours entre archives et fiction composent un laboratoire de cinéma. Ce dispositif est la manière même dont le film construit son savoir. En exposant la fabrication de l’image, Ben Hania nous rappelle que comprendre ne passe pas seulement par « enregistrer », mais par éprouver, comparer, confronter.

Le film navigue entre les traces indexicales (vidéos amateures, photos, enregistrements) et la puissance émotionnelle de la fiction. Les archives disent « cela a eu lieu ». La fiction dit « voilà ce que cela a fait ». Cet entremêlement produit un espace ambigu, fertile, où le spectateur doit sans cesse ajuster sa position. Le film rend ce flottement perceptible, parfois inconfortable, mais c’est là que naît sa force : il refuse que la vérité soit un bloc, il la donne comme un tissu à facettes.

Rejouer une scène vécue suppose des conditions éthiques : consentement informé des témoins, usure éventuelle de la mémoire, risques de retraumatisation. Ben Hania place ces problématiques au centre de son œuvre : la caméra ne vient pas « prendre » la douleur, elle négocie sa présence. Mais surgit la tension inévitable, qui tient le pouvoir narratif ? Les personnes qui ont vécu les événements, ou la réalisatrice et ses acteurs ? Le film met en lumière ce déséquilibre entre celui qui a l’autorité de filmer et celui dont l’expérience est filmée. Montrer ces négociations à l’écran (les hésitations, les rires nerveux, les moments d’incompréhension) est précisément le geste du film : rendre visible la fabrication du récit.

Visuellement, Ben Hania construit un cinéma de l’exactitude. Ses plans fixes, ses espaces dépouillés, ses cadres presque trop clairs, révèlent la dimension construite du film et instaurent à regarder sans confort. Le montage joue lui aussi un rôle actif : les ruptures, les ellipses, les retours sur l’archive rappellent au spectateur que chaque image est une décision. En montrant ses archives et le cadre judiciaire, les lenteurs, les impasses, Ben Hania situe le drame dans un horizon politique.

Où me situer ?
Face à ce film, on oscille entre admiration et vigilance ; ce qui n’est pas une contradiction, mais la condition même de son expérience. J’admire cette manière d’ouvrir son propre atelier au regard du spectateur. J’apprécie son souci constant de ne jamais confisquer la parole. Et en même temps, je perçois les zones d’ombre : certains gestes de reconstitution flirtent avec la dramatisation, certains silences semblent trop chargés, certaines images risquent la sur-interprétation. Mais ces limites ne sont pas des fautes : ce sont les tensions constitutives d’un film qui prend des risques, qui accepte de ne pas être pur, ni sûr, ni confortable.

Quelle lecture en tirer ?
Les Filles d’Olfa invite à penser non pas les faits, mais la manière dont les faits s’inscrivent dans des corps, des récits, des institutions. C’est un cinéma qui ne cherche pas à clore, mais à ouvrir. Certaines scènes éclairent mieux que tout un dossier juridique. De cette traversée, on retient peut-être une idée : toute image est une construction, mais certaines constructions valent par la manière dont elles éclairent une complexité plutôt que de la simplifier. Le film nous confronte au paradoxe suivant : pour donner voix au réel, il faut parfois le mettre en scène mais en le mettant en scène, on le transforme.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 165 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2024
Olfa raconte avec ses 2 plus jeunes filles comment les 2 ainées sont parties rejoindre l’état islamique.
Très gros coup de coeur pour ce film. Peut-être ma palme d’or 2023. La réalisatrice a l’idée de mettre en scène un documentaire dans lequel Olfa raconte et rejoue des scènes de sa vie passée : 2 de ses vraies filles, et 3 actrices (2 pour ses filles ainées et une pour sa doublure). Les témoignages s’enchainent dans un décor unique et la parole se délie. Des choses qui ne l’ont jamais été commencent à se dire. Au fil de l’histoire, les femmes parlent d’amour, de famille, de maltraitance, de sexualité, de religion, d’endoctrinement, de radicalisation… On est happé par cette sincérité, les liens entre les actrices et les non actrices se tissent. Un seul acteur joue tous les rôles masculins de leur histoire. C’est une histoire de femmes, les hommes ne sont qu’anecdotiques.
Le film se termine avec des extraits d’émissions réelles, pour bien nous confirmer que c’est un documentaire, l’émotion que l’on vient de vivre est bien réelle. A ne pas rater.
Pascal F.
Pascal F.

34 abonnés 75 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 juillet 2023
La force et la performance de ce film est d’avoir réussi à associer témoignages et reconstitution d’épisodes de vie d’Olfa, mère de 4 filles, dont les deux ainées disparaissent. Les moments de vie sont racontés devant la réalisatrice et les deux actrices qui vont pour certaines scènes, remplacer les deux ainées disparues.
Malgré le sujet de la disparition et de l’origine de cette disparition, ce film vous touche par la spontanéité, par les propos de la mère et des deux filles présentes souvent délicats et remplis de nuances mis en évidence par les questions des deux actrices ainsi que la réalisatrice.
Je partais à reculons pour découvrir ce film plein d’humanité qui ne peut laisser indifférent. Il me reste en mémoire le dernier pendant lequel vous avez une enfant qui regarde fixement la caméra, et ce regard vous renvoie à vos propres interrogations sur les agissements des hommes de ce monde si imparfait.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mars 2025
Film très fort. La famille d'Olfa qui accepte de se mettre en scène (on comprend dans le film qu'elle a initialement été mise en scène par les médias) nous apprend énormément, sur le rapport qu'une femme tunisienne peut avoir à la séduction, sur les pudeurs inhibantes, sur la pression intégriste etc..
Le procédé cinématographique, qui confronte notamment Olfa avec une actrice qui joue de façon discontinue son propre rôle, est très riche. Il permet, de façon souvent drôle, de creuser l'analyse des situations, des nœuds relationnels. On pense parfois à une jolie thérapie familiale...

Vu à Visions d'Afrique 2023
AZZZO

365 abonnés 1 018 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2023
OVNI cinématographique. "Les filles d'Olfa" est à la fois un film et un documentaire. Kaouther Ben Hania a en effet fait jouer le rôle de deux des quatre filles par des actrices (ainsi qu'un jeune homme jouant les personnages masculins). Moyen habille (même si discutable) pour faire rejouer leur vie passée à la mère et aux deux filles en leur faisant croire qu'elles aident les actrices dans leur interprétation (alors qu'elles sont filmées pendant leur récit).
C'est un film fort qui montre le chemin de la radicalisation. Cela dénonce le pouvoir d'Enarda après la révolution de 2011 mais aussi la misère sociale. L'intelligence est d'avoir sû montrer les errances éducatives d'une mère trop obsédée par le respect de la norme sociale et qui, multipliant les interdits, n'a offert d'autres libertés à ses filles que celle du voile. Un documentaire puissant.
Mélany T
Mélany T

46 abonnés 840 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2023
La mise en scène est sublime, la construction du docu fiction intelligente, originale et passionnante et le récit fin et  important. L'ensemble est excellent.
Pascal
Pascal

260 abonnés 2 493 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 juillet 2023
Documentaire qui conte l'histoire familiale de deux jeunes filles Tunisiennes qui choisirent de rejoindre Daesch.

Si le sujet est intéressant et même parfois traité de façon attachante, j'ai regretté le montage un peu relâché et le parti pris de devoir attendre la fin pour comprendre la nature complète de l'enjeu.

Le film montre adroitement le poids de l'inculture, les tropismes familiaux dans le parcours de vie.

Mise en garde contre les extrémistes de tous poils, l'obscurantisme et ode à la liberté, la beauté, la culture.
Muriel F.
Muriel F.

70 abonnés 330 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2023
Force, sensibilité, authenticité pour un film hors norme. Ce documentaire va au-delà de la narration factuelle. L'écoute, la compréhension sans jugement en font un film bouleversant où les personnes réelles et les acteurs se mélangent avec les filles absentes d'Olfa et Olfa elle-même dans une réelle intensité. On est remué par ses situations proches d'une folie psychiatrique que l'on voudrait croire improbables alors que le chaos est concret. A voir !
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