Le film est cathartique, je suis entièrement d’accord, même si je ne suis pas plus concerné que ça. On suit la prise de conscience d’une mère qui a dû mettre sa carrière entre parenthèses pour endosser “le plus beau rôle de sa vie”, celui de mère au foyer…et qui se rend compte qu’en fait, non, définitivement non, elle n’aime pas ça. La mise en place de la situation est caustique, entre le mari qui n’en touche pas une, la gestion ingrate du quotidien, les visites abrutissantes à la bibliothèque pour ces séances musicales pour bébés mélomanes dont les intéressés se foutent complètement. Ca tombe un peu sous le sens mais si vous êtes une femme, et que vous êtes passées par là, un peu ou complètement, ça fonctionnera probablement d’autant mieux. Puis survient l’argument fantastique : à bout de nerfs, sujette à des fantasmes d’agression et de fuite, la mère - portée à bras-le-corps par Amy Adams sans qui rien n’aurait fonctionné - se découvre une propension à la métamorphose nocturne : pas pour permettre un virage vers l’épouvante, on parle d’une chienne, pas d’une louve-garou. Et même pas vraiment pour l’allégorie : ok, l’animal s’échappe, cavale dans les rues, chasse des petites bêtes et profite de sa liberté retrouvée…mais pour un film qui ne cesse de seriner que les femmes sont des guerrières et que la procréation conduit à une espèce de revitalisation des instincts les plus primaux, j’ai quand même trouvé ‘Nightbitch’ très très sage et normatif : en fin de compte, la mère recommence à peindre des figures féminines chasseresses, fait de la rando avec ses copines et se rabiboche avec monsieur, après que ce dernier ait compris qu’il ne faisait rien comme il faut.