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Patjob
44 abonnés
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4,0
Publiée le 12 octobre 2025
On met un peu trop de temps à faire le lien entre la première scène, aussi étonnante que forte, et la suite du film. On sent que le cinéaste s’amuse à nous donner les indices et informations au compte-goutte, en présentant une importante galerie de personnages dont les liens (entre eux et avec le passé) apparaissent petit à petit. Mais il faut rentrer dans le jeu et être patient, tant le film atteint densité et puissance dans sa dernière partie. L’ambiance dure et rustique et de ce village rural du nord du Portugal se ressent profondément, d’autant que le réalisateur a renoncé à toute musique d’accompagnement (les seules entendues sont celles qui émanent des protagonistes et des situations). Dans le drame montré se révèlent tant le poids culturel de la communauté que les travers du fonctionnement des hommes. En même temps, le film est visuellement très soigné, et les références picturales nombreuses. Une belle découverte.
Tragédie villageoise avec un décès qui fait remonter un passé peu glorieux, un film qui amène lentement mais sûrement vers un climat de plus en plus oppressant. Une réalisation sobre qui contribue dans son économie de dialogues à cette montée en puissance dans l intrigue.
On est effectivement dans la même veine que « as bestas » même si on n’y retrouve pas la même puissance. Il y a quand même cette ambiance poisseuse où le coupable est vite trouvé dans ce drame qui survient à la moitié du film. J’ai préféré la fin terrible qui devient haineuse et qui laisse dans ces derniers instants un village désert et déprimant.
Tout le long du film j'ai pensé à Mystic River, aussi tragique, aussi noir. Le traumatisme donne naissance à un bouc émissaire, un être qui dérange et qui est en même temps bien commode. La caractéristique du bouc émissaire semble être de vouloir rester à la fois dans le lieu et dans le temps (ou de ne pas avoir la force de faire autrement ?) Il semble vouloir jouer le rôle qu'on lui attribue plutôt que de quitter ses racines. Il préfère mourir qu'être seul. Ce film est un polar comme Mystic River et les personnages ne sont pas innocents. Mais il s'y ajoute en plus une sauvagerie mystérieuse des temps anciens, les temps du sacrifice. Si on veut sortir de ce sentiment de désolation, on peut toujours en tirer une leçon : il faut avancer pour briser ce cercle mortel .
Laureano n’était encore qu’un adolescent lorsqu’il a été battu par ses camarades, le jour de la fête de son village, et laissé pour mort gravement diminué. Vingt-cinq années ont passé et tous les protagonistes de l’histoire sont restés dans le même village qu’ils n’ont jamais quitté : Laureano, vivant dans la seule compagnie d’une horde de chiens sauvages, Samuel, qui a prospéré et eut un fils, Paulo, devenu gendarme, Vitor, impliqué dans une sombre escroquerie, Judite qui a eu avec Vitor une fille, Salomé avant de refaire sa vie avec Paulo… Leur passé va refluer lorsque le corps du fils de Samuel est retrouvé mort, déchiqueté par les chiens de Laureano.
"Traces" est un film portugais diffusé en sélection officielle à Cannes en 2022 (c’était une première depuis 2006) mais sorti en catimini dans les salles en février dernier. C’est un film sobre et âpre dont les critiques évoquent souvent, à bon droit, sa ressemblance avec "As Bestas" : mêmes décors ruraux ("Traces" a été tourné dans le nord du Portugal et "As Bestas" de l’autre côté de la frontière en Galice), mêmes haines recuites, même destins tragiques…
"Traces" est un polar dont la durée de plus de deux heures pourrait sembler rebutante. Pourtant, hapé par le suspense, on n’y regarde jamais sa montre. On apprend bien vite le nom du meurtrier. Et on redoute que la fin du film y perde de son intérêt. Mais, contre toute attente, la conclusion de Traces, la mécanique implacable et tragique qu’elle déploie nous foudroie.
"Traces" ne passe plus en salles. Mais si par hasard, vous croisiez son chemin en DVD ou VOD, ne le ratez pas !
Tout le monde sait mais personne ne veut savoir. Silence sordide et secrets malsains. Mœurs anciennes traditions ancestrales cruelles ... Quand le passé rejoint violemment le présent. Film lent. Parfois les scènes se répètent et le temps s'installe enfin. Un film qui est loin de m'avoir laissé indifférente et pourtant je ne sais comment en parler sauf écrire qu'il me laisse un sentiment amer, une sorte de tristesse au fond du cœur : je n'aime pas l'injustice surtout quand elle touche un être fragile et pur . Je regrette tellement de ne pas avoir pu intervenir.
Dans ce petit village portugais la seule trace de modernité est la présence d'éoliennes non loin. Sinon que ce soit les fêtes païennes, le comportement des hommes envers les femmes et aussi envers leurs congénères, tout est archaïque. Une célébration idiote de la masculinité toxique, et des femmes soumises ou pleutres. Avec un tableau pareil et une mise en scène sans grâce ni génie, on est plutôt content quand le film s'arrête.
Traces est un film très cinématographique. L’histoire : dans un petit village du Portugal, un homme vit a l’écart du reste des habitants et va se retrouver accusé d’un meurtre d’un jeune garçon. L’histoire est très bien ficelée et merveilleusement incarnée. Magnifique.
Présenté hors compétition à Cannes ( édition 2022), " traces" signait le retour d'un film portugais sur la croisette, absent depuis presque deux décennies.
La production signée de Paulo Branco place le film dans la catégorie du cinéma d'auteur, comme le confirme son visionnage.
Sorti dans très peu de salles, il y a fort à parier qu'il ne sera pas beaucoup vu, sentiment renforcé par le peu de spectateurs présents dans la salle ou je me trouvais le deuxième jour de son exploitation.
Situé dans un village de la campagne portugaise, où tout le monde se connait depuis sa plus tendre jeunesse, c'est une illustration de la théorie du bouc émissaire, chère au philosophe René Girard.
Un meurtre survient dans la communauté. Pour que la paix et la tranquillité y revienne, un marginal un peu dérangé mais pacifique, s'accuse pour rendre service à une amie.
Si " traces" n'est pas exempt de défauts ( longueur injustifiée au regard de ce que permet le scénario, description des personnages pas suffisamment fouillée, montage discutable - pas sûr que la première scène aurait dû figurer la ou elle se trouve et en tout cas pas d'une seule pièce -interprétation de certains acteurs imparfaites), on ne peut lui nier certaines qualités qui en font l'intérêt.
La photo, les décors, l'ambition du cinéaste sont évidentes et certaines scènes sont adroitement troussées. C'est déjà pas mal, pour un film qui bénéficie d'un canevas intéressant mais qui manque tout de même, du moins à mes yeux, de finition.
Le scénario est excellent, sombre et prenant. Personne ne pourra ressorti indemne de ce film. C’est comment une personne seule se refuse de tomber dans l’engrenage de la vengeance, de la violence et du toujours plus.