On pense forcément à "Little Miss Sunshine" en découvrant le concept de cette comédie dramatique française, par l’aspect voyage en famille, le van étant remplacé ici par un camping car. Mais dans "On ira" le personnage principal Marie, une vieille dame dont le cancer du sein récidive en métastasant dans tous le corps (en gros elle est cuite ....), relégue sa petite fille au rang de personnage secondaire. Le film résonne donc comme un requiem pour cette vieille dame attachante (Hélène Vincent, formidable), qui enchaîne les mensonges pour éviter de faire de la peine à son fils et sa petite fille, mais dont le courage et la détermination resteront intacts.
Transformant ,grace à ce mensonge ,le voyage en de joyeuses retrouvailles !! le scénario d'Enya Baroux alterne efficacement moments d'émotion et situations comiques, souvent engendrées par les personnalités de personnages complexes. En aide à domicile, Pierre Lottin confirme qu’il est l’une des valeurs sûres du moment, dans le rôle du fils, David Ayala joue parfaitement le mélange de maladresse et d’impulsivité, tandis que la jeune Juliette Gasquet fait des merveilles dans le rôle de la petite fille.La mise en scène d'Enya Baroux permet elle d’introduire délicatement le grand âge de l’héroïne (les plans sur l’appartement révèlent la présence d’un bouton d’alerte, un téléphone à grosses touches , un papier peint parfaitement daté de l'époque Musé Grévin...) mais aussi de mettre l'accent sur des moments de complicité entre les passagers (le passage au bowling, la partie de Monopoly...). Les dialogues sont soignés pour ne pas heuter ses proches tout en exprimant la volonté farouche de Marie de faire ce qu’elle veut, de pouvoir mourir dans la dignité, son “projet” pouvant légitimement heurter la sensibilité de ses proches, faute d'échanges. Le choix de la forme de la conclusion, bouleversante, évoque comme l’ensemble du film, et la chanson récurrente qui l’accompagne ("Voyage Voyage" de Desireless et "Partir un jour" des 2Be3), le désir de ne pas se voir imposer un chemin, comme de donner du temps aux bons moments. Un film qui s’avère un plaidoyer particulièrement efficace en faveur du droit à choisir sa mort.
J'ai bien aimé, ça m'a même ému par moments ,(sans doute parceque ça se rapproche , snifff)....