Pour son premier long métrage, la jeune réalisatrice Enya Baroux choisit un sujet de société complexe et d’actualité quand on voit nos députés tergiverser pour sortir cette proposition de loi sur l’aide à la fin de vie, un sujet récemment abordé par Costas Gavras dans « Le dernier souffle ». Enya Baroux a choisi de traiter ce thème du suicide assisté sur le ton de la comédie ! Elle raconte les derniers jours de Marie, jeune octogénaire incarnée par Hélène Vincent ( excellente comme d’habitude) , atteinte d'un cancer généralisé qui souhaite aller en Suisse pour procéder à un suicide assisté...Mais elle n’arrive pas à l’annoncer à son fils, Bruno, immature, menteur invétéré, criblé de dettes, et à sa petite fille Anna, adolescente cynique et rebelle...Elle a mobilisé Rudy , un auxiliaire de vie tout juste rencontré la veille alors qu’il intervenait dans le cadre d’un contrat d’assistance à domicile... Prétextant un mystérieux héritage à aller chercher dans une banque suisse, elle leur propose de faire un voyage tous ensemble. Complice involontaire de cette mascarade, Rudy, va prendre le volant du vieux camping-car familial, et conduire cette famille dans un voyage inattendu...Toutefois le scénario ne creuse pas vraiment la psychologie de ces personnages cantonnés à des figures assez stéréotypées, dont les comportements répétitifs provoquent le rire mais pas toujours. Ils peuvent être attachants, chacun à sa manière, mais balayés trop succinctement pour leur donner une épaisseur narrative suffisante. Dit autrement, le propos ne fonctionne pas. On passe d’un environnement à l’autre, sans transition, comme cette cérémonie funéraire d’une communauté de gens du voyage, que l’écriture n’approfondit pas...Seul le personnage de la grand-mère est très touchant. Elle exprime à bas bruit, les ravages de la maladie sur le corps, le moral et le désir, partageant ces derniers moments avec les siens sans vouloir les assombrir pas une annonce impossible. Je suis toutefois resté de marbre devant cette comédie qui trouvera sans nul doute son public...