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NardoBordo
16 abonnés
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3,5
Publiée le 27 mars 2023
Un charlatan organisé,vénal et malin, ambiance "Barbès XVIIIème", profiteur de chagrin. La petite entreprise mise à mal, des événements font basculer l'histoire dans le drame le plus total. Sombre, décousu, dérangeant à certain égard. Bon film tout de même.
Etrange film avec sa part de fantastique vraie ou supposée, sa part sociale, sa part sur l'exploitation de la détresse humaine. Karim Leklou est excellent comme d'habitude.
Un film touchant par son regard sur les habitants du quartier, sur les jeunes leur situation, j'ai adoré la réalisation et le jeu des acteurs. Un grand film avant tout humain qui brasse autant les difficultés des populations vivant à paris ou autour du périphérique. L'acteur principal à suivre un visage que l'on oublie pas.
A Paris, dans le quartier de la Goutte d’or, de nos jours, Ramses connait le succès dans ses activités de médium. Il fait brillamment croire à ses clients qu’il communique avec leurs morts et qu’il leur fait passer des messages. Ce succès lui vaut des ennuis avec ses concurrents africains qui l’accusent de casser le marché. Solitaire, irritable, sa vie va basculer quand il va rencontrer un groupe d’adolescents, des mineurs étrangers isolés, venus du Maroc, totalement livrés à eux-mêmes et sans limites. Le film nous fait découvrir des mondes qui nous sont mal connus : celui des mediums et de leurs techniques rusées, celui des communautés de la Goutte d’or et leurs multiples langages, celui des mineurs étrangers isolés incontrôlables. Le réel se mêle au fantastique, comme c’était le cas dans un film précédent du réalisateur « Ni le ciel, ni la terre ». La caméra suit Karim Leklou, excellent en Ramses, au rythme de ses activités. Nous percevons sa grande concentration quand il travaille, ses visions, sa fébrilité quand il est débordé par les évènements. Les seconds rôles sont impeccables, en particulier les ados à cran. Le film démarre lentement, il peut dérouter par ses ellipses mais il est très intéressant.
Ai vu "Goutte d'or" de Clément Cogitore sur les conseils de l'émission "Le masque et la Plume". Je connaissais uniquement le metteur en scène pour sa production des "Indes galantes" de Rameau à l'Opéra Bastille et le documentaire qu'il en avait tiré. Quelle magnifique surprise. "Goutte d'or" est un film intense, troublant, captivant, à l'atmosphère haletante. Le scénario extrêmement documenté est précis et toujours dans la juste mesure. La mise en scène oscille entre fiction et une forme proche du documentaire. Ramsès est médium dans le quartier de "La goutte d'or", il profite de la candeur d'un public démuni et défavorisé. Mais Ramsès sait être convaincant et ses petites affaires fonctionnent à la perfection. Sujet très peu traité au cinéma, ce long métrage nous plonge dans le milieu de la voyance, des marabouts où les notions de territoire, de publicité à la sortie du métro, de concurrence est assez proche de celles de la prostitution. Quand Ramsès rencontre un groupe de jeunes marocains mineurs isolés, sa vie bascule et le filme bifurque vers un univers plus onirique et étrange, totalement inattendu sans rien perdre de sa tension. Karim Leklou habite totalement ce film, et compose un Ramsès dont les failles se font de plus en plus visibles et laissent voir de cet adulte sans scrupule un enfant en manque d'amour. Clément Cogitore suggère, esquisse sans jamais être directif et didactique, il fait totalement confiance à son spectateur. Le scénario, même s'il veut parfois aborder un peu trop de sujets de front, est consistant et très bien écrit. La mise en scène est sobre tout en étant très travaillées. Magnifiques plan séquence lors des séances de voyance, caméra à l'épaule et maitrisée sur le chantier des Jeux Olympiques porte de la Chapelle, cadres très précis et émouvants dans les yeux de Ramsès... Aucun misérabilisme et aucune "magnification" d'un quartier de paris délaissé et grouillant de vie. "Goutte d'or" est un film comme je les aime, inattendu, original, abouti, qui éveille à des réflexions et qui laisse un emprunte émotionnelle subtile et durable.
Très troublant , inattendu...un conte surréel cru et tendre. Une atmosphère unique, envoutante, on navigue en suggestions, la forme et le fond s'accordent parfaitement. Dans un royaume bien de chez nous, un diable d'homme doux et plein de chagrin, va rencontrer une petite horde d'enfants diablotins si pleins de vie, et si proches de la mort. De cette rencontre, quelque chose va basculer...en nous chavirant aussi.
Ramsès est un voyant aux méthodes malhonnêtes dans le quartier de la Goutte d'or. Devant faire face au mécontentement des autres voyants du quartier et à une bande de jeunes délinquants qui martyrisent les habitants, il a soudain une vision qui va transformer radicalement sa vie et ses rapports aux autres. D'abord évocation réaliste assez crédible, Goutte d'or prend ensuite des détours plus fantastiques qui lui donnent des allures de fable et patinent son propos d'un halo de mystère. On pense inévitablement à Un Prophète, qui déjà introduisait subitement une vision qui faisait vaciller le récit, mais cela se fait ici sur un mode qui n'est pas exclusivement sérieux. Si le propos n'est pas univoque, on comprend tout de même ici qu'il s'agit pour Cogitore de donner à voir l'invisible (les monuments de Paris qui pourraient être reconnaissable à l'horizon étant quant à eux systématiquement floutés) et la magie qui pourrait s'y nicher ; c'est aussi, tout simplement, le portrait nuancé de l'esprit d'un quartier probablement amené à disparaître à travers une galerie de personnages - en premier lieu Ramsès, qui semble incarner ses contradictions.
Goutte d'or est un film hypnotique et captivant qui se déroule en grande partie la nuit, entre Barbès et la Chapelle. La caméra le plus souvent à l'épaule donne au film un rythme fébrile et nerveux, comme ses personnages. Le quartier fournit son énergie première à l'histoire, entre misère et délinquance. Karim Leklou, qui m'avait fait forte impression dans Pour la France, porte littéralement le film au rythme de ses déambulations fiévreuses qui sillonnent l'intrigue.
Goutte d’or raconte l’histoire de Ramses, un charlatan qui manipule ses patients en leur faisant croire qu’il parle avec les morts. Mais son business va être perturbé par l’arrivée d’une nouvelle bande dans le quartier. Honnêtement, ce film est sans émotion, et l’histoire ne tient pas vraiment la route. Le rythme est lent. L’impression de ne pas comprendre quelle direction le film souhaite prendre.
L'artiste transdisciplinaire investit un quartier qu'il connaît bien, Barbès, pour nous conter une histoire originale sur les marabouts et les jeunes délinquants isolés, où quand la petite misère survie grâce à la grande. L'arrière fond de son scénario est la partie la plus intéressante du film, j'ai été un peu moins convaincu par son côté fantastique. L'étrangeté du précédent film de Clément Cogitore, "Ni le ciel, ni la terre", était bien plus marquante. Mais on ne peut que saluer le travail de cet artiste total, aussi à l'aise à la Goutte d'Or qu'à l'Opera Bastille.
Film social noir dans le Paris des combines et de la misère. Le plus, c’est le mage (Karim Leklou) qui fini par s’identifier à des enfants migrants laissés à eux mêmes.
Sur le papier l'histoire donne terriblement envie avec un casting excellent ... cependant une fois lancé, le film perd de sa superbe , l'es scène sont grotesques , presque sans intérêt , le film finit par être long , l'histoire est bof finalement ! J'étais pressé de sortir de la salle SOS plus jamais ça !
En sortant je m'interroge : que veut il dénoncer ? Mais après tout est ce nécessaire de forcément avoir un objectif , un but précis; il faut juste accepter l'histoire qui se déroule dans ce territoire à part à Paris entre Barbès et la Chapelle . Un film entre polar social et mysticisme Si on s'arrête à l'idée du polar, du thriller, le film a alors une apparence fouillie, pour lequel des clefs nous manquent pour en suivre le fil .... pour aller où ? Si on choisit l'option dimension mysticisme et ésotérisme on découvre un monde envahi de mystères et on accepte de ne pas a avoir forcément de réponses "raisonnables" ; on suit l'intrigue , on se laisse surprendre. C'est sans doute le fait d'osciller entre ses deux mondes qui m'a gêné. Le monde du mensonge de la tromperie rejoint une réalité difficile à supporter et l'ambiance devient oppressante, étouffante. Des scènes surnaturelles selon le prisme de Ramsès le marabout, le psy des classes sociales précarisés au besoin d'espoir et des scènes au réalisme cruel pour ces enfants de l'immigration sauvage, abandonnés de tous. Un Karim Leklou habituel il joue bien mais ne se renouvelle pas trop dans son jeu. Il serait bien qu'on lui offre enfin des rôles différents. Ne peut il être que mélancolique et torturé ?