La nouvelle livraison de l'impayable duo composé de Fiona Gordon et de Dominique Abel n'apparaîtra sans doute pas comme le sommet de leur œuvre mais il contient suffisamment de moments exaltants et doux/dingues pour que l'on ne ressorte pas de la projection déçu. Contrairement à certains de leurs longs-métrages, il existe bel et bien une trame narrative dans L'étoile filante, quoique furieusement alambiquée. C'est dans une ambiance de film noir, à la Kaurismäki, que se déroule cette aventure bruxelloise mais c'est surtout dans les dérapages non contrôlés que l'on goûte réellement la touche Abel et Gordon, en particulier dans des danses effrénées ou dans des gesticulations corporelles qui confinent à l'art du mime. Certaines scènes témoignent de trouvailles irrésistibles où l'absurde s'invite et s'installe avant que le récit ne reprenne, peu ou prou, ses droits. Mais celui-ci manque de fluidité et peu nous chaut son développement et ses méandres, en définitive. A noter aussi un ton plus mélancolique que d'habitude et même des préoccupations sociales, certes annexes, mais qui démontrent que les coréalisateurs sont loin d'être coupés du monde, même si c'est le leur, si personnel et plein de fantaisie, que l'on aime voir à l'écran. Et c'est aussi un cinéma de troupe avec l'ensemble de ses acteurs élastiques, que l'on apprécie pour sa singularité et sa tonicité.
Alors qu'il est poursuivi par un homme qui souhaite venger son handicap, Boris fait la rencontre fortuite de son sosie et décide de prendre sa place. Dom devient donc Boris mais son ex-femme décide de mener l'enquête sur sa disparition brutale. Chronique d'une course poursuite absurde. En salle le.
spoiler: L'étoile filante et une œuvre complètement abracadrantesque qui m'a laissé de marbre. Je me suis senti totalement hermétique à l'humour décalé des acteurs, qui font les clowns en permanence malgré la gravité de l'histoire. Le scénario n'a que peu d'intérêt à mes yeux et n'est qu'un prétexte à la farce qui se déroule sous nos yeux. En conclusion, je me suis ennuyé profondément et j'ai été consterné perpétuellement par le spectacle du film. Je ne recommande pas du tout.
Il y a toujours beaucoup de cinéma et de poésie dans l’œuvre d’Abel et Gordon (sans Romy depuis Paris pieds nus). Du cinéma à la Tati pour le comique de geste et de situation, du cinéma qui lorgne également, ici, du côté de Kaurismäki (l’univers visuel du bar-café, l’humour pince-sans-rire…), du cinéma qui n’appartient qu’à eux (chorégraphies, humour noir, belgitude…). Ce nouvel opus est réjouissant par son inventivité constante en termes de mise en scène, son sens du cadre, du détail, de la couleur. La touche rétro et romanesque se conjugue agréablement à des accents plus contemporains et politiques (anticapitalisme, soutien à un hôpital public en perdition). Et l’esprit général atteint un haut niveau de fantaisie désespérée, de dinguerie mélancolique. Du rire qui déchire.
J’ai vu ce film ce soir au Locarno Film Festival. J’ai beaucoup aimé la photo (Pascale Marin)...fantastique! Le film est noir, comique, poétique, panthomique, dansé, des foi très théâtrale, des fois un peu mais pas trop démentiel, des fois j’ai eu l’impression d’être devant à quelque chose de plastique, comme un film d’animazione fait à la plastiline. J’ai très envie de le revoir! Merci