spoiler: Sorti aujourd'hui même en VOD et DVD en France mais il y a déjà presque un an aux États-Unis, ce film réalisé par Chloe Okuno est une véritable petite surprise ! C'est ici l'histoire d'un couple qui emménage dans un nouvel appartement à Bucarest mais la femme est persuadée que quelqu'un l’observe et la suit. Bon, on est bien d'accord que ce n'est franchement pas original, qu'on a déjà vu ce genre de scénario des dizaines de fois dans des films ou séries (et notamment sur Netflix d'ailleurs qui propose pas mal de trucs autour du sujet) mais il faut avouer que c'est ici maitrisé ! Et d'un autre côté, je dois dire que je n'ai pas un regard tout à fait objectif puisque je suis particulièrement friand de ce genre de film autour du voyeurisme qui m'intrigue et/ou m'angoisse beaucoup ! Évidemment, le schéma est typique : c'est la femme au foyer/artiste classique qui s'emmerde un peu toute seule chez elle tous les jours et qui commence à enquêter sur un mystérieux voisin qui ne cesse de l'épier. Évidemment, personne ne la croit, en particulier son petit ami détestable, sinon sa voisine avec qui elle se lie d'amitié. De plus, le film est très prévisible et la fin, toute aussi jubilatoire soit-elle, n'est que très peu crédible. Mais j'ai tout de même accroché au film car il a conscience de son côté prévisible et de son schéma déjà éculé. Il tente alors d'en jouer en essayant quelques fois de perdre son spectateur et si ce n'est pas toujours réussi, nous avons néanmoins de très bonnes scènes qui prennent le spectateur par surprise en déjouant ses attentes. Et puis bon, ce genre de film fonctionnant sur moi, j'avoue avoir été assez stressé, ou en tout cas perturbé, par certaines scènes mais également car l'ambiance y est pour beaucoup ! De plus, le film nous place constamment du point de vue du personnage principal et le fait que l'on ne comprenne pas le roumain (car il n'y a pas de sous-titres non plus lorsque les personnages parlent roumain) permet de nous mettre complètement à sa place, à savoir perdu et solitaire. Concernant les acteurs, le film ne repose principalement que sur Maika Monroe et Burn Gorman qui jouent très bien. "Watcher" n'est donc pas un film spécialement mémorable car il est loin de révolutionner le genre mais propose en tout cas quelque-chose de très divertissant et de surtout prenant.
C'est joli et bien foutu, la réalisation est propre et le film n'a pas de défaut majeur, mais rien non plus pour le sortir du lot, hormis une seule excellente scène de confrontation qui serait le seul moment dont j'espère me souvenir dans six mois.
Bonne série B qui sans révolutionner le genre mélange Hitchcock et les films "paranoïaques" fait le travail, avec un casting assez propre, et un spoiler: twist final un peu trop attendu
Second film visionné lors du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, Watcher est le premier long-métrage de la jeune réalisatrice Chloé Okuno. Le film narre l’histoire de Julia (interprétée par Maika Monroe) quittant les Etats-Unis pour la Roumanie suite à la promotion de son mari. Ce dernier étant très pris par son travail, Julia se retrouve presque entièrement seule pour s’adapter à ce nouveau pays, cette nouvelle culture. Quand elle regarde par la fenêtre de son nouvel appartement, elle a l’impression d’être observée. Aussi, lorsqu’un tueur en série décapitant les femmes fait les gros titres de la presse, Julia développe une véritable paranoïa. Watcher s’inscrit d’emblée dans la tradition du « Giallo italien », ou thriller horrifique mettant en scène un tueur mystérieux, des meurtres commis à l’arme blanche et un twist final plus ou moins audacieux. Chloé Okuno s’inspire également de Roman Polanski (Rosemary’s baby) ou encore d’Alfred Hitchcock (Fenêtres sur cour). Mais il serait faux de cantonner ce film uniquement à ses références tant la patte de la réalisatrice y est omniprésente. Véritable thriller atmosphérique, Watcher place son sujet (la paranoïa, le voyeurisme) avant les effets de manche propres au genre du thriller horrifique. Le rythme du film est délibérément lent, la photographie très froide et le point de vue exposé est exclusivement celui de la prochaine victime potentielle. Narrativement, Watcher ne révolutionne rien. On y retrouve toutes les caractéristiques propres au genre : un mari qui délaisse rapidement son épouse, des voisins de plus en plus hostiles (à l’exception d’une voisine, mais qui sera elle aussi mise en danger), une police qui ne semble pas prêter d’attention particulière au personnage principal, un tueur en série qui rôde dans la ville, un voisin qui semble suspect… https://lashortlist.blogspot.com/
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3,5
Publiée le 2 février 2023
Nouvelle ville, nouvelle langue, solitude, il n'en faut pas plus pour fragiliser une personne. C'est le cas de Julia qui part s'installer en Roumanie avec son petit-ami Francis qui a reçu une promotion. Ce dernier travaille énormément, donc Julia passe ses journées seule à ne rien faire ou presque. Lorsqu'elle se balade en ville ou qu'elle observe de sa fenêtre, elle remarque à chaque fois un homme qui la regarde. Très vite, ce sentiment d'être épiée va devenir une obsession pour elle au point de ne plus pouvoir vivre normalement. Chloe Okuno exacerbe le sentiment ressenti par toutes ces femmes qui ne se sont pas senties en sécurité à un moment donné et qui n'ont pas eu le soutien de leurs proches ou des autorités. Son mari ne la croit pas et les autorités ne font rien, ce qui renforce la solitude de Julia qui est livrée à elle-même. La réalisatrice arrive très bien à communiquer cette anxiété et ce sentiment d'impuissance ressentis par la jeune femme. C'est à ce niveau-là que "Watcher" est le plus réussi, car si c'est prévisible et que l'on a déjà vu ce genre d'histoire, c'est un film efficace dans son genre grâce à une bonne ambiance et une tension constante.
Chloe Okuno nous a offert un thriller psychologique à l'ancienne, à l'ambiance à couper au couteau, qui joue beaucoup de ses décors (les angles des bâtiments de Bucarest deviennent de vraies sources d'angoisse), bien aidé par tout l'attachement que l'on a pour son personnage principal, campé à fleur de peau par Maïka Monroe, et par la méfiance que nous inspire naturellement le dernier rôle de Burn Gorman (l'éternel méchant... on l'adore). L'intrigue a été écrite en 2014 (avec quelques beaux titres cinéphiles en sources d'inspiration : Fenêtre sur cour, Rosemary's Baby, Le Locataire, Répulsion...), avant toute l'ère MeToo, mais parle déjà de harcèlement avec une femme qui se sent seule, tire son rideau et voit une ombre qui la regarde depuis un moment, sans bouger, alors elle lui fait coucou pour être sûre... Oh my god. L'ombre fait coucou. Musique sourde. On a peur, on ne sait fondamentalement pas pourquoi, mais on a peur. Il faut dire que ce premier film joue sur des craintes ancrées, sourdes, que l'on comprend viscéralement (l'isolement, le sentiment d'être suivi, observé, incompris par les autres - les dialogues en roumain ne sont pas traduits exprès pour nous faire partager ses difficultés d'être comprise / de comprendre -, les pires scénarii qui germent dans notre esprit au moindre élément qui sort de l'ordinaire...), et surtout s'appuie sur une mise en scène qui refuse tout effet tape-à-l’œil (pas de sursaut, pas de musique ultra forte pour vous impressionner, non : Chloe vous laisse venir, sentir l'inquiétude de cette pauvre femme qu'on rêve d'attraper et tirer de l'écran). Cette pudeur lui permet alors, dans son final qui lâche les chiens niveau sensations, de nous marquer d'autant plus : le "traveling vertical de la chaise" (sans en dire plus) nous a fait réagir (on n'arrive plus à l'oublier depuis). On a essuyé quelques perles de transpiration après ce final qui fait exploser toute la pression accumulée durant 1h35, nous tirant joyeusement le tapis sous les pieds au moment où on s'y attendait le moins. Après It Follows, Maïka Monroe remet le couvert de la femme harcelée, un rôle qui nous crie de l'aider face à un Burn Gorman au sommet de son talent, et notre cœur répond présent à chaque scène de détresse, chaque confrontation avec son agresseur supposé (car non, ce n'est pas une victime passive, et ça : on aime !), chaque indice qui la rapproche d'un final qui nous a explosé en plein visage... En refusant de nous faire le coup du sursaut facile, l'astucieuse Chloe Okuno nous empêche de relâcher la pression, dans ce premier film impressionnant où l'on tire souvent sur son col, mal à l'aise et stressant à souhait. Le plan de la chaise, on ne s'en remettra jamais, on est tombé de la nôtre.
Un petit film efficace, l'intrigue est bien ficelée, les acteurs sont bons et l'histoire est intrigante. Une ambiance oppressante se fait ressentir tout le long du film. Rien de bien original mais qui fonctionne tout de même.
Un scénario peu original où la tension toutefois palpable, manque de variations. En outre, certains choix s'avèrent plutôt absurdes et le final improbable. Un thriller maladroitement mené.
Thriller au rythme très lent, sans action ... à part (heureusement) les 10 dernières minutes. Cela est quand même insuffisant pour en faire un divertissement captivant. Il faut être patient et de bonne humeur pour ne pas lâcher prise en cours de route.
Pas mal du tout. J'étais parti pour mettre seulement la moyenne car l'histoire reste assez basique avec un rythme assez calme mais j'ai trouvé le dénouement plutôt réussi car il s'avère surprenant et pas si prévisible que ce que à quoi je m'attendais. Interprété par la talentueuse Maika Monroe. La réalisatrice nous a livré un bon film à suspense.
La photographie est bien, l'ambiance paranoïaque pas mal au début. Mais au final c'est bancale, l'histoire ne tient plus vraiment la route à partir de la moitié du film, et le final est sur joué et mal emmené. Une perte de temps.
Vu Watcher Julia et son petit ami viennent s'installer en Roumanie pour le Travail de celui-ci tout semble idyllique en apparence, car Julia semble remarqué depuis peu un voisin qui ne cesse de l'observer depuis sa fenêtre, située dans l'immeuble d'en face. Et la va s'en suivre un jeu entre ce mystérieux homme et Julia. Film plutôt sympathique à voir, sa révolutionne rien mais cette aspect Psychologique fait bien le travail dommage que se soit un peu long à se décanter, j'ai trouvé le film un peu court à voir tout de même pour son casting et notamment Burn Gorman complètement flippant ⭐️⭐️⭐️
Assez bon thriller paranoïde dans l ensemble... Mais sans grosse surprise... L'histoire est trop linéaire et il n y a pas vraiment de twist de fin... Normalement ce genre de thriller à suspens se fonde sur leur twist final original... Ici on sait à quoi s attendre... Dommage... Sinon la mise en scène, la photographie sont belles... L actrice principale est très bien... Une assez bonne ambiance anxiogène par moment... Bref sympa mais sans plus...
Excellent d'un bout à l'autre, le film captive en empruntant autant à l'univers de Hitchcock que celui de David Fincher. L'actrice principale est parfaite
Un excellent film au rythme posé, invitant à la contemplation. La tension et la paranoïa montent crescendo et on s'en délecte! Quelques relents hitchcockiens subliment le plaisir. On pense à "Fenêtre sur cour", aux "Oiseaux", à "Psychose" et à ses jeux de rideaux. Kubrick semble également de la partie et on se rappelle "Eyes wide shut", ses errances nocturnes, cette solitude et ses couleurs pop dans de grands appartements froids et sombres aux éclairages criards. Et on se laisse sombrer dans le regard persécuteur et hanté que porte l'Amérique du Nord sur le vieux continent. La symbolique d'une Roumanie remplie de mythes, de prostituées et de pervers déprimés est kitch mais elle nous touche là où l'on aime. Et puis il y a surtout le regard des hommes sur le corps des femmes. La beauté est la seule chose dont elles disposent. Sans cesse l'héroïne y est réduite, elle n'est qu'une proie. Les mâles qu'ils soient malveillants ou conjoints ne protègent en rien, pleutres ou menaces ils n'apportent qu'insécurité et confusion. Sans limite, on se prend dans le jeux du voyeur. On se met à détailler chaque trait du visage, chaque ligne du corps, chaque respiration de la vulnérable Julia (Maika Monroe) qui porte avec brio 1h30 de tension. Son sentiment d'intrusion devient le nôtre. Et on jubile, coupable d'en être à l'origine. Dans cette œuvre il n'y a plus de limites entre notre excitation et la détresse du personnage. Dans ce film qui se lit de tant de manières, la réalisatrice Chloe Okuno et son équipe posent et imposent de très belles choses et nous laissent, posée au fond des tripes, une atmosphère divinement dérangeante. Alors, laissez-vous aller à la perversité et foncez le voir!