Il y a maintenant presque 50ans, un petit cinéaste, quasiment oublié aujourd'hui, du nom de Fritz Lang (auteur de quelques séries B tel que "Métropolis", "M Le Maudit" ou le génial "Fury" avec Spencer Tracy) réalisa un film noir du nom de "L'Invraisemblable Vérité" au sujet assez étrangemment voisin du film ici présent. Un petit bijou noir, plein de rebondissements, non démonstratif dans son propos, volontiers ambigu et laissant pourtant un goût amer dans la bouche, même lorsque la vérité venait conforter la sanction. Alan Parker, immense cinéaste, glorieux réalisateur de films tels "Midnight Express" (et oui, les prisons turcs c'est pas géré par les mecs d'Amnesty International aù cas où vous seriez pas au courant), "Birdie" (et oui, pas facile de voler comme un aigle royal quand on est un bipéde à station verticale et qu'on a pas d'ailes), et "Angel Heart" (là pour le coup, je serais faux-cul d'en dire trop de mal), se lance dans la démonstration avec virulence avec comme cible le pas gentil système répressif américain, qui tue des innocents. Car, et là vous tenez un scoop, il paraît qu'on condamne parfois des innocents à la peine capitale. Nous voilà renseignés. Et donc, le sieur Parker réussit la double gageure de pondre un film à la fois horriblement démonstratif (au moins, un tract ne demande pas de perdre deux heures de sa vie) et parfaitement malhonnète, prenant le spectateur pour un crétin (ce qu'il est parfois, soit) en le bombardant de rebondissements et de zones d'ombre comme on le ferait de publicités et tout ça pour aboutir à des évidences. La question terrible qui subsiste à la fin de ce maelstrom est la suivante: quand il y a un message, ne faudrait-il pas qu'il y ait un propos?