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Anne CC
14 abonnés
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4,5
Publiée le 19 avril 2024
Drame. Après une soirée, une femme monte dans la voiture d'un homme et appelle la police à l'aide. Sujet grave : le viol et notion de consentement très forte. Le film questionne et analyse le point de vue des protagonistes, la répercussion sur l'entourage, le contexte judiciaire avec les interrogatoires et le procès. Fin oppressante.
" Il y a beaucoup de femmes qui montent dans une voiture ".
Bravo pour ce 1er film et le sujet malheureusement très d'actualité.
Bon petit film captivant dès le début avec une intrigue intéressante. J’ai bien aimé l’histoire pour aller jusqu’au bout du film pour savoir la vérité … on tombe un peu dans cette période je trouve de coupable … pas coupable ??? Ahah
Un début dense et tendu. Un couple dans une voiture où la jeune femme angoissée appelle la police en faisant croire qu'elle parle à sa sœur. Delphine Girard nous montre un drame et les impacts sur la femme abîmée tout en révélant la sororité induite des femmes dans les rouages des incompréhensions, des mensonges et des blessures. A voir !
Un film intrigant et bien construit sur la thématique sensible du viol par une personne que l'on connaît. On est ici dans la zone "grise" du consentement. On voit que tous les protagonistes sont dévastés par l'événement et l'on suit pas à pas leur vie intérieure jusqu'au procès : les doutes, le déni, les regrets, la culpabilité... Les acteurs sont excellents.
Un drame, adaptation d’un court métrage lui-même inspiré d’un fait divers. Mais avec la mémoire du cinéphile, c’est plutôt à « Une sirène dans la nuit » (1999) que j’ai d’emblée pensé. Un téléfilm belge. Difficile de ne pas penser que la scénariste réalisatrice, Belge aussi (même si née au Québec), n’ait pas subi une certaine influence dans son écriture. Et puis à lire les autres critiques me revient bien évidemment « The guilty » - Sans appel – (2021). Même trame scénaristique de départ. Un appel dans la nuit. A l’autre bout du fil, une permanence de secours. Et de là commence la quête pour porter assistance. C’est assez prenant. On se situe dans le thriller, en attente de rebondissements. Cela dit, ici l’arrestation viendra vite et somme toute assez facilement, vidant le scénario de toute cette partie-là qui tenait en haleine le spectateur. La suite sera plus terne. Que s’est-il passé ? Est-ce que d’ailleurs il s’est passé quelque chose ? Si vous avez lu les secrets de tournage, vous avez déjà la réponse. Difficulté manifeste à tenir la mise en situation sur la longueur en substituant la réflexion à l’action sur ce qu’est ou n’est pas un viol. Ou tout simplement fil conducteur difficile à renouveler, puisque ce scénario-ci en rappelle déjà trois autres.
Dans Quitter la nuit, il existe un écart important entre un premier quart d'heure haletant, dans lequel l'on ignore encore si un drame a eu lieu ou va arriver, et le restant du film, au rythme lancinant. Comme Rodrigo Sorogoyen avec Madre, Delphine Girard a transformé son court en long, exercice excitant par essence mais truffé de pièges. On ne peut dénier en tous cas à la réalisatrice la précision de son écriture même si le récit se complaît parfois trop dans ses portraits psychologiques, avec la frustration de ne pas avoir davantage d'interactions entre ses trois personnages principaux. Reste que sur le sujet qui est le sien, le film définit assez bien le contexte sociétal et judiciaire d'une telle affaire où la recherche de vérité passe par la confrontation de témoignages opposés. Par rapport à Les choses humaines, qui explorait les zones grises d'une agression, Quitter la nuit laisse également planer le doute, mais pas jusqu'au bout, préférant in fine la lumière à l'incertitude. Des personnages de cette affaire, le plus en retrait et peut-être le plus intéressant est celui de la femme à l'écoute (formidable Veerle Baetens), qui aurait gagné à être développé mais qui vient cependant donner une chaleur et une bienveillance qui contraste avec le caractère assez uniformément sombre d'un film auquel il ne manque qu'un peu plus de moelle pour convaincre encore davantage.
Ce film est une claque!! Formidablement réalisé, ce film aborde un sujet difficile sans faire du manichéisme. La réalisatrice aime ses acteurs, ils sont magnifiquement filmés! Tous sont formidables, et tout particulièrement Guillaume Duhesme qui joue le rôle de l’agresseur! Il y est exceptionnel tant par sa puissance et sa fragilité! Un acteur prometteur à suivre de très près ! Bravo!!
film qui pourrait tout naturellement compléter "la nuit du 12" qui traitait déjà de la violence faite aux femmes, "Quitter la nuit" s'interesse à la question du consentement, aux zones grises qui se glissent dans les récits croisés d'un violeur et de sa victime et des conséquences pour leur entourage. Les deux personnages principaux sont excellents et c'est nécessaire d'être parfait pour une histoire aussi exigeante que celle ci.
"Chacun possède son petit monstre à nourrir et ses traumatismes à surmonter. Mais alors, comment sortir d’un mauvais rêve si nous sommes déjà réveillés ? Dans son premier film vertigineux, Delphine Girard fait en sorte que ses personnages puissent enfin trouve le moyen de quitter la nuit, de restaurer une dignité volée en l’absence d’un système judiciaire pertinent dans son processus impartial."
"Sans détour, le film ouvre sur une voiture qui avance dans les ténèbres. À son bord, un conducteur s’agace de voir la femme qui l’accompagne au téléphone. Ce qu’il ignore, c’est qu’elle simule un appel avec une proche afin de joindre les urgences de la police. Cette situation semble, de prime abord, offrir le contrechamp du redoutable thriller danois, The Guilty, mais la comparaison s’arrête là. En réalité, le film de Delphine Girard souhaite explorer les mécanismes du déni dans l’après-coup, tout en redéfinissant la nature du monstre au masculin. [...] Loin de correspondre à la « victime parfaite » d’une agression sexuelle, Aly est mise en doute par la police. Ce qui démontre l’incapacité du système judiciaire à isoler le mal et à traiter les victimes avec compassion."
"La mise en scène est pourtant loin d’être explosive et le champ-contrechamp prédomine mais, par sa distance et une intention formelle d’isolement, la caméra parvient à capturer l’âme de ses personnages, brisés et en quête de réinsertion sociale. La réalisatrice belgo-québécoise déroule ainsi son intrigue avec une sobriété déconcertante, si bien que les amateurs du sensationnel n’y trouveront pas leur compte. Ce qui est toutefois prodigieux avec Quitter la nuit, c’est qu’il parvient sans peine à planter le germe d’une réflexion, pure et sans appel. Et quitte à choisir entre les larmes ou la haine, Girard choisit tendrement la féminité et la sororité comme source de guérison universelle. Un geste authentique et sincère qu’il redonne foi en l’humanité."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Il n’y aurait rien à redire si « Quitter la nuit » s’appelait Le consentement car tel est le sujet principal du film. Et ne pas prendre parti entre agresseur et victime est sa principale préoccupation. Delphine Girard parvient parfaitement à tenir ce pari en étant constamment sur le fil. Sa mise en scène tout en plans rapprochés ou moyens, et ses cadrages pratiquement tout le temps très équilibrés l’aident dans sa tâche. « Quitter la nuit » est un premier film très maitrisé qui commence comme un thriller (on pense beaucoup à The Guilty), se poursuit en drame psychologique (peut-être un peu long par endroits) pour nous offrir une fin poignante et réussie. L’humain et les choses humaines n’en sortent ni grandis, ni dépréciés, et le film met vraiment en lumière leur complexité. Le casting est en cela bien à la hauteur. A découvrir et à voir.
Le prologue est fort avec l'appel d'une victime potentielle au numéro Police Secours, où on ressent l'angoisse et le stress l'émotion est à son comble comme un thriller hyper réaliste et immersif. Une histoire où on va donc suivre durant plus de deux ans l'affaire, l'enquête, mais aussi les traumas tout en ayant au fil du récit des flash-backs jusqu'à la révélation finale dont on attend sans trop de surprise l'issue. Le premier et seul véritable soucis de cohérence et de vraisemblance est le cas de la policière ; en effet quand on connaît le métier et l'affluence importante d'appels on a bien du mal à comprendre ou à croire que cette policière soit si "touchée" si "fragilisée", si "émotive" pour un appel qui reste finalement plutôt classique qui s'intègre complètement dans un quotidien professionnel. Ou alors il fallait une affaire bien plus tragique et plus sanglante, de celle qui marque une carrière et non pas un "simple" viol. Trop de SPOILERS pour en savoir plus cliquez !... Le twist final permet de donner le coup de grâce, sur le message féministe d'abord, mais aussi pour offrir la plus belle scène du film, terrible et déchirante - pauvre maman ! - Le film surnage grâce surtout à toutes les dimensions psychologiques. Sur ce point le film est assez juste et passionnant. Site : Selenie.fr
En 2020, la réalisatrice belge Delphine Girard avait vu son 3ème court métrage, "Une sœur", d'une durée de 17 minutes, nommé à l'Oscar du meilleur court métrage en prises de vues réelles. A l'affiche, Veerle Baetens, Anna, une opératrice du centre d'appel d'urgence belge, Selma Alaoui, Alie, une jeune femme qui lance un appel de détresse en présence de celui qui, pense-t-elle, est en train de l'enlever et à qui elle fait croire qu'elle appelle sa sœur, et Guillaume Duhesme, Dary, le ravisseur. Un synopsis pour résumer l'intrigue : "Une nuit. Une voiture. Une femme en danger. Un appel". Le début de son premier long métrage, "Quitter la nuit", reprend ce court-métrage à l'identique avec les mêmes interprètes et se poursuit sur une des suites envisageables à l'histoire racontée dans le court métrage. Alie a accusé Dary de viol et de séquestration et, par conséquent, la justice intervient, aussi longue à trancher en Belgique qu'en France, ce qui permet, en attendant le procès, de faire intervenir de nombreux autres personnages, de présenter en détail les personnalités de Anna, d'Alie et de Dary, de présenter grâce à des flashbacks le passé de la relation entre Alie et Dary, de se demander pourquoi Anna s'intéresse autant à cette affaire, au point qu'on en arrive à envisager l'hypothèse qu'elle-même a été l'objet d'un viol dans sa jeunesse. Dans ce film dont le premier quart d'heure est particulièrement brillant, la suite s'avère tout du long d'un grand intérêt, notamment en ce qui concerne la façon dont il "parle" du consentement. Quant à la distribution, elle est très brillante, en particulier concernant les interprètes féminines, Veerle Baetens dans le rôle d'Anna, Selma Alaoui dans celui de Alie et la comédienne canadienne Anne Dorval qui interprète le rôle de Laurence, la mère de Dary.
C'était un bon film belge. Qui relate ce qu'il y a dans l'actualité justice, police et dans la société. J'ai beaucoup aimé l'intrigue du film. La tournure de l'histoire qui est plus sur l'aspect psychologique de la victime, de l'agresseur et de celle qui a permet de mettre fin à cela. J'aurais beaucoup que la première parti du film soit plus longue.