Sick
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FaRem

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3,5
Publiée le 22 janvier 2023
"Sick" se déroule en pleine pandémie alors que le monde est sens dessus dessous comme en témoigne la vision montrée de la ville lors de cette introduction très efficace qui donne clairement le ton du reste du film. Après ça, on découvre Parker et Miri, deux amies qui décident d'aller dans la maison secondaire de Parker pour passer le confinement dans un lieu plus agréable que leur campus. À peine arrivée, Parker reçoit des messages étranges comme si quelqu'un épiait ses moindres faits et gestes. Elle ne s'inquiète pas, car elle poste toute sa vie sur les réseaux sociaux. Un clin d'œil moderne aux appels passés par Ghostface dans "Scream" puisque le film est écrit par Kevin Williamson, le scénariste de cette célèbre saga. Quand j'ai vu ça, je n'ai pas été surpris, car "Sick" est bien maitrisé. On sent qu'il sait ce qu'il fait avec un scénario simple, mais efficace qui utilise également bien le contexte de la pandémie pour donner de la substance à cette histoire et ne pas se limiter au simple coup de folie d'un tueur. Il faut saluer également le travail de John Hyams, dont la réalisation est fluide et très dynamique avec une caméra au plus proche de l'action. "Sick" est l'un des meilleurs slashers que j'ai vus depuis un moment, c'est un film intense, haletant, divertissant et surtout surprenant puisqu'il y a quelques rebondissements qui prolongent le plaisir.
RedArrow

1 898 abonnés 1 695 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2023
Revoir le nom de Kevin Williamson à l'écriture d'un slasher est forcément un petit événement en soi, surtout si on a grandi avec la vague dite des néo-slashers de la fin des années 90/début 2000 initiée en partie par la plume à succès de l'auteur de "Scream". Après l'échec de son unique long-métrage en tant que réalisateur ("Mrs. Tingle"), le bonhomme semblait avoir complètement délaissé l'écriture de films pour privilégier celle de séries TV, son seul grand fait d'arme en la matière ne sera finalement que son retour en 2011 sur la saga "Scream" dont il signera le scénario du quatrième opus, comme un chant du cygne involontaire à sa collaboration avec Wes Craven avant que celui-ci nous quitte, et où il restera au poste de producteur des suites suivantes.
Le voir aujourd'hui réinvestir son terrain de prédilection au profit d'un titre original réalisé par le prometteur John Hyams (la bonne surprise "Alone") et sur fond de crise pandémique ne pouvait donc qu'attiser une certaine curiosité...

Des mystérieux messages reçus par un ado sur son téléphone, un tueur en mode stalker, jouant d'abord avec les nerfs de ses victimes pour mieux ensuite les poursuivre armé de son plus beau couteau... Le doute n'est pas permis, "Sick" transpire la signature Williamson dès sa scène d'ouverture mais a ici l'idée de la mêler plutôt malicieusement à la pandémie de Covid-19 et, plus précisément, la période où les États-Unis se retrouvaient le plus frontalement face à l'inconnu de cette maladie (avril 2020), faisant basculer la population dans une paranoïa complète avec l'afflux de nouvelles et de mesures décrétées par des autorités dépassées par les événements. En clair, un contexte idéal pour un tueur aux relents "scream-esques", qui peut tout autant jouer sur ce climat de peur décuplé que profiter des conditions d'isolement de ses victimes afin de devenir, vis-à-vis du spectateur, le bras armé le plus violent et vicieux du virus à l'affût de victimes qui chercheraient à fuir son emprise sur cette période délétère.

Refuge de deux étudiantes parties vivre au mieux le confinement, le cadre incontournable d'un chalet (luxueux) isolé au bord d'un lac se justifie donc ici de lui-même, tout comme la caractérisation typique de ces héroïnes de slasher (l'une plus volage, l'autre plus sage) se fonde désormais en grande partie sur leur respect ou non des conditions sanitaires mises en place.
Ainsi, avec l'aide de cet écrin contemporain, "Sick" posera facilement les bases d'un slasher (en forme de home invasion) ne cherchant pas vraiment à dévier des fondamentaux du genre mais dont l'exécution va toujours se révéler des plus efficaces, offrant un lot de situations et de poursuites au dynamisme certain, ponctuée de sympathiques saillies sanglantes grâce à tous les outils/armes mis entre les mains de potentielles victimes pour lutter contre l'assaillant (et leur combativité fera plaisir à voir). Souvent axé sur des effets de montage (parfois un peu trop, le faux plan-séquence des débuts n'est pas exempt de maladresses notamment), le film sera considérablement porté par la mise en scène énergique de John Hyams sur ce point tout en offrant un minimum de rebondissements autour de la nature de l'agresseur pour maintenir en haleine autour des enjeux de cet affrontement nocturne.
Toutefois, en parallèle de ses révélations finales (leurs contours se devineront au fil du film), "Sick" montrera hélas ses limites sur le fait d'utiliser le Covid-19 et ses conséquences comme une couverture artificielle à des motivations finalement assez convenues de protagonistes de slasher. Certes, la charge qui en découlera sur la folie ou la bêtise des comportements humains en cette triste période aura le mérite de ne pas chercher à épargner grand monde mais, une fois gratté son vernis, l'astuce ne sera clairement pas suffisante pour faire de "Sick" le slasher si malin qu'il se rêvait d'être.

Le retour de Kevin Williamson au genre qu'il a vu naître aboutit donc sur un slasher honorable, souvent solide et nerveux en termes de face-à-face qu'il a à offrir, mais dont son amusante corrélation à la récente pandémie n'en fait pour autant un hit en sa catégorie.
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