Des Feux dans la Plaine
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traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2025
Les autorités chinoises ont mis du temps pour accorder le visa d'exploitation à Des feux dans la plaine, qui n'est pas un remake du classique de Kon Ichikawa, en dépit de la presque similitude de titre. Il est certain que l'image de la Chine, convoyée par le film, n'est pas très valorisante, montrant le nord-est du pays, en décrépitude industrielle, et sa jeune génération perdue, fantasmant sur l'eldorado du sud. Noir c'est noir et il n'y a guère d'espoir dans ce faux polar où les meurtres intéressent moins le réalisateur, Zhang Ji, dont c'est le premier long métrage, que l'atmosphère oppressante qu'il réussit à créer par sa mise en scène plutôt inspiré. Scindé en deux parties, séparées de 8 ans, Des feux de la plaine reste moins convaincant dans son scénario, aussi torturé que ses personnages, dont la psychologie apparaît parfois bien opaque. Si le contexte social prend une grande place, avec bonheur, l'histoire d'amour entre deux de ses jeunes protagonistes, aurait mérité un plus ample développement, pour nous toucher davantage. Globalement, d'ailleurs, le film ne cherche pas à insuffler une quelconque empathie, s'en remettant même, parfois, à des éclairs de violence qui paraissent aussi cathartiques que inutiles, pour montrer la déréliction des êtres et des paysages.
J. Fitzgerald
J. Fitzgerald

3 abonnés 17 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2025
Excellent film par le chef opérateur de Diao Dinan ! Polar avec une belle ambiance. Très tendu. À voir absolument !
Yves G.

1 875 abonnés 4 106 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 9 juillet 2025
Dans une ville anomique du nord-est de la Chine, frappée par la crise industrielle, les chauffeurs de taxi sont en 1997 la cible d’un mystérieux tueur en série. Un policier, Jiang, espère piéger le meurtrier en se faisant passer pour un chauffeur de taxi. Une jeune fille, Li Fei, passionnée de dessin, rêve de quitter cette région déprimée pour le sud de la Chine. Son amoureux, Zhuang Shu, est en conflit avec son père qui s’enrichit sur le dos des ouvriers licenciés. Huit ans passent et le meurtrier court toujours.

Chef opérateur sur les films de Diao Yinan ("Black Coal", Ours d’or à Berlin en 2014, "Le Lac aux oies sauvages"), Zhang Ji a adapté un roman de Shuang Xuetao, traduit en anglais mais inédit en France. Il fait partie d’un mouvement artistique, la « renaissance Dongbei » qui, dans la littérature, la musique et le cinéma, évoque le déclin industriel de la Mandchourie et le mal-être de ses habitants.

"Des feux dans la plaine" ressemble à ces petits polars poisseux qui nous venaient de Chine dans la seconde moitié des années 2010 : "Un été à Changsha", "Les Éternels", "Une pluie sans fin"… Il n’a plus le parfum de nouveauté dont ces films étaient entourés. Son scénario est particulièrement difficile à suivre. Cette opacité interroge le spectateur occidental qui se demande si elle est la conséquence d’une volonté revendiquée du réalisateur ou si c’est la façon « normale » de raconter une histoire dans le cinéma chinois.

Cette opacité donne peut-être du sel à ce polar. Mais elle en constitue aussi la principale limite. Elle exige du spectateur une attention bien mal récompensée. On sort de la salle perplexe, triste de n’avoir pas tout compris, anxieux de reconstituer tous les éléments d’un puzzle dont on a peut-être saisi l’image d’ensemble mais dont on peine à distinguer les détails. Si on était consciencieux, on irait voir une seconde fois "Des feux dans la plaine" ; mais on se dit que le film ne le mérite pas et on reste bien seul avec ses questions irrésolues.
Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2025
Un thriller existentiel dans une Chine rongée par l’effondrement moral.
Avec Des Feux dans la plaine, Zhang Ji signe une œuvre à la fois brutale et mélancolique, entre enquête policière, film noir et chronique sociale d’un monde en perdition.

Dans une ville du Nord-Est chinois rongée par la désindustrialisation, une série de meurtres secoue l’année 1997. L’affaire est vite enterrée, jusqu’à ce qu’un jeune policier, huit ans plus tard, rouvre l’enquête avec obstination. Ce qui aurait pu n’être qu’un polar de plus s’avère être une œuvre d’une densité rare, portée par une photographie aussi contrastée que les personnages qu’elle expose. Le film alterne entre reconstitution froide d’un crime et introspection existentielle, dévoilant peu à peu une société où les repères se sont évaporés. Dans cette Chine post-réformes, les destins individuels se brisent sous le poids de l’histoire, des inégalités et du vide spirituel. Zhang Ji, chef opérateur de formation, livre une mise en scène précise, presque clinique, mais profondément habitée.

Au cœur du récit, deux âmes errantes : Li Fei, jeune femme déterminée à fuir la misère, et Zhuang Shu, policier hanté par le passé. Leur amour est peut-être la seule lumière, mais dans un monde corrompu jusqu’à la racine, même cette étincelle semble vouée à s’éteindre. Des Feux dans la plaine n’offre aucune rédemption, seulement une lente prise de conscience : dans un univers dominé par le matérialisme, il ne reste que la dignité comme ultime refuge. Le nihilisme du propos est assumé, mais sans complaisance. Le film touche juste, car il parle de ceux qui vivent entre deux époques, deux classes, deux vérités. Un grand film noir, au sens le plus noble du terme.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2022
Après avoir débuté sur la photographie de « North by Northeast », Zhāng Jì sait où il va. Nous pourrions partir du même postulat, mais son film noir prend une direction plus mélodramatique. Il adapte ainsi une nouvelle de Shuang Xuetao, où la misère accompagnent lentement ou brutalement de nombreuses familles du nord-est, où les usines dégraissent en salarié et où la criminalité reste invisible. Tout cela n’est pas pour déplaire, mais ça atteint rapidement les limites de son récit, qui aura quasiment dévoilé toutes les coutures à l’heure du film. Ce qui n’empêche pas les protagonistes d’exister, car c’est finalement sur eux que repose toute une intrigue balisée.

En évitant les flashbacks récurrents de la nouvelle, le cinéaste chinois tente une approche linéaire, sur deux temporalités. La première est un désir naissant, non seulement d’un amour impossible entre Zhuang Shu (Liú Hào-Rán) et la jeune Li Fei (Zhōu Dōng-Yǔ), mais également d’une fuite. Ces deux âmes la convoitent avec assez de hargne pour oser la fugue ou s’enfoncer dans la délinquance. C’est une sur un bûcher dans un champ que l’on ouvre le film, comme s’il s’agissait d'un appel ou d’une alerte. Est-il symbole de destruction ou un phare dans la brume ? Nous avançons dans le récit avec cette interrogation à l’esprit, tandis que l’on dépeint les quartiers insalubres et la situation précaire des habitants, qui sont dans l’obligation de tricher pour ne pas se ruiner.

Fentun possède ainsi une aura particulière en cette période hivernale, où le plus gros du bétail est immobilisé. Il reste toutefois de l’espoir, en regardant deux adolescents se promener entre deux épaves, où chacun tient la promesse de l’autre, une promesse commune et pourtant brisée par un coup du sort décisif vers un deuxième acte plus boiteux. En l’espace de quelques années, les rôles s’inversent. Zhuang replonge dans une enquête, comme s’il revenait sur les traces de ses regrets. L’ellipse sonne comme un épisode manqué qu’il convient de combler par cette recherche de réponses. Les cadavres ont sans doute fini de pleuvoir sur la cité, mais le film s’intéresse alors aux fantômes qui continuent de hanter ces lieux.

En considérant la présence de Diao Yinan (Black Coal, Le Lac aux oies sauvages) comme producteur, nous sommes en droit de reconnaître une patine stylisée, que l’on emprunte volontiers, afin de générer toute la tension nécessaire. Zhāng Jì n’a donc plus qu’à aligner les arguments essentiels de son premier film, pour que « Des feux dans la plaine » (Ping yuan shang de huo yan) s’imprime dans la rétine. Ironiquement, ce sera davantage dans un univers glacial que l’on évolue, où le flic et la femme fatale gagneront en indépendance et triompheront peut-être de leur passé respectif, au prix de quelques balles perdues.
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