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Yasujirô Rilke
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5,0
Publiée le 5 mars 2007
Parmi les nombreuses adaptations de "MacBeth" de William Shakespeare (Claude Anna, Kurosawa, Polanski...), semble se dégager le chef d'oeuvre d'Orson Welles. "MacBeth" (USA, 1948) d'Orson Welles vient à l'écran peu de temps après que le réalisateur ai mis en scène la pièce au théâtre. Ceci explique alors l'apparence théâtrale du film. Cependant on est loin d'un "Dogville" (Danemark, 2003) de Von Trier ou bien des films Pathé de 1900 qui se contente de filmer une pièce suivant des angles nécessaires. Dans cette adaptation, les décors aux allures artisanales confèrent à l'oeuvre l'identité du théâtre élizabethain duquel est tiré l'oeuvre. L'ambiance théâtrale se retrouve aussi dans les nombreux plans séquences qui nous immergent directement dans l'action même (cf. Plan séquence de 10 minutes lors de la mort du roi, hallucinant ! ). La force également des plans séquences vient de leur sobriété en parallèle à leur maîtrise. La combinaison des deux, conjugué avec le jeu magistral de Welles donne des scènes inoubliables. Or l'apport image qu'offre le cinéma est loin d'être omis. L'image du film ressemble à un tableau d'Auguste Renoir, en noir et blanc cependant, où les figures sont comme des traits au grès du vent, comme si l'image était imprimé par des coups de craie, dessinant les formes comme les sorcières dessinent le destin de MacBeth. Seul le montage est peut-être susceptible de défaut, mais il n'altère jamais la maestria de ce film qui est d'autant plus un coup de maître qu'il n'a été fait qu'en seulement 28 jours. Orson Welles, en amoureux du théâtre, nous offre donc là une adaptation de Shakespeare digne de son nom, où le drame des situations, où la grâce divine des dialogues et où l'horreur des caractères est montré avec la virulence propre à Welles. Appropriation inimaginable d'un classique théâtrale, nonchalance sophistiquée et fougue soutenue par sa prophétie, "MacBeth" (USA, 1948) est encore une fois un chef d'oeuvre du grand et charismatique citizen Welles.