À l'instar des blockbusters de l'été chez Netflix, Amazon tire également son épingle du jeu cette année avec un blockbuster de Noël, via sa filiale MGM (notons d'ailleurs que le film est sorti en salle sur le territoire américain). Pour filer la comparaison avec les grosses productions Netflix, la recette est la même, c'est-à-dire prendre un maximum d'acteurs bankables ou du moins connus pour les mettre dans un pur divertissement convenu et au final pas si divertissant. Eh oui, ce n'est pas parce qu'il y a Dwayne Johnson qui fait les éternelles mêmes acrobaties avec son air de mec sérieux dépité, que Chris Evans fait le sidekick rigolo en manque de rédemption, que J.K. Simons, complètement sous-exploité, a l'air de se contrefoutre du projet, de même que Lucy Liu, déjà heureuse qu'on lui propose quelque-chose, que le film va soudainement devenir captivant. Non, derrière il faut une histoire qui tienne la route, surtout sur deux heures. Et, dans les blockbusters grand publics (attention, encore une fois, je n'ai rien contre), j'ai l'impression qu'on a maintenant vite fait le tour. C'est-à-dire que les producteurs, scénaristes ou autre ont trouvé un filon qui fonctionne, un schéma qui divertit sur le coup mais qui ne cherche pas à aller plus loin. Et d'un côté, tant mieux, de nombreux films sont très bons de cette manière mais là on a atteint un point où seul l'emballage change, ce qu'il y a l'intérieur reste toujours identique. Ainsi, même si j'ai bien conscience que le film n'a jamais vendu autre chose que ce qu'il prétend être et que cet aspect convenu se remarque dès l'affiche, ce n'est pas une excuse pour être aussi paresseux. Cette fameuse phrase du "c'est moins pire que" prend aujourd'hui trop de place dans le cinéma américain grand public, ça se voit avec les blockbusters super-héroïque qui marchent d'ailleurs de moins en oins (sauf les plus attendus) ; si tel ou tel Marvel est "moins pire" que le dernier truc du studio, ça n'en fait un bon film pour autant. Et là, nous sommes dans le même cas de figure. Oui, c'est "moins pire" que certains blockbusters de l'été de Netflix vraiment pas inspirés mais il n'empêche qu'on s'ennuie beaucoup (le comble pour un "produit" de divertissement), que c'est prévisible, qu'il n'y aucune émotion qui se dégage de l'ensemble et que les effets spéciaux sont affreux. Alors oui, "Red One" n'est pas "si pire" mais il n'en reste pas moins qu'un produit sans âme.