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Un visiteur
4,0
Publiée le 21 février 2012
Après les échecs relatifs de " La mariée était en noir " et " La sirène du Mississipi ", adaptations policières qu’il jugeait manquées, François Truffaut revint à un projet plus personnel avec ce récit (tiré d’une histoire vraie) d’une éducation pas comme les autres. À l’instar d’Antoine Doinel, le pré ado des " 400 coups ", Victor est un incompris dont les failles et déviances sont amplifiées par une carence affective et stigmatisées par le regard des autres. Enfant livré à la forêt hostile, et recueilli par des adultes qui en font presque un phénomène de foire, le « sauvage de l’Aveyron » est l’objet de malentendus : perçu comme abandonné car il était idiot, il s’avère vite le prototype de l’enfant retardé mentalement en raison de cet abandon. Cette inversion de la causalité est décelée dès la première demi-heure du film, faisant du Docteur Itard un médecin enquêteur perçant très vite le mystère de ce jeune « animal humain », à qui il déclarera au bout de plusieurs mois : "Tu n’es plus un sauvage, même si tu n’es pas encore un homme". L’œuvre dépeint une lente mais certaine métamorphose, Truffaut excellant à montrer la relation (pédagogique, et bientôt affective), qui s’instaure entre Victor et son éducateur, par un jeu de coercition, imitation et interaction au cœur du processus d’apprentissage : la scène où Victor se révolte vigoureusement lorsqu’il est puni sans raison est à ce titre emblématique, l’« ordre moral » étant intériorisé par l’enfant. Sur le plan formel, le noir et blanc éclatant de Nestor Almendros concourt à la sobriété du récit, qui démarre par une fulgurante séquence quasiment muette, et d’une violence inouïe, au cours de laquelle Victor est considéré comme un animal sauvage qu’il s’agit de capturer par la force. Construite comme une succession de chapitres (« Victor dans la forêt », « Victor à l’Institut des sourds et muets »), la narration est rythmée par la voix off du médecin écrivant ses notes et réflexions au gré des avancées et échecs dans sa relation avec l’enfant. Ce dernier est interprété avec conviction par Jean-Pierre Cargol, dont ce fut aussi une expérience d’apprentissage, celui du métier de comédien. Truffaut joue lui-même le docteur Itard, créant ainsi une mise en abyme fascinante entre les rôles d’éducateur et de directeur d’acteur. Il signe avec " L’enfant sauvage " son film intimiste le plus réussi (avec " La chambre verte "), et un beau plaidoyer pour l’altérité, dans la lignée des Freaks et autres œuvres humanistes du 7ème art.
L'Enfant sauvage est un chef-d'oeuvre admirable de François Truffaut qui , ici , peint avec une grande profondeur et une incroyable justesse , l'histoire de l'évolution d'un jeune garçon sauvage dans sa formation et dans son apprentissage . Ici , dans cette oeuvre magistrale et nécessaire , tout est passionnant et notamment le thème de l'altérité et l'acceptation de l'autre dans sa différence . Rien n'est surjoué ou bien caricatural et rien n'est gratuit dans ce film : tout est au service de l'engagement social pris par François Truffaut et qui , d'ailleurs est exceptionnel dans le rôle du "formateur" , de l'éducateur de l'enfant sauvage du titre , Victor étonnement bien interprété par Jean-Pierre Cargol criant de vérité et d'authenticité . Un chef-d'oeuvre , cela ne fait pas l'ombre d'un doute .
Film intéressant au global, mais mon Dieu, qu'est-ce que Truffaut - que j'admire par ailleurs- joue faux, il aurait dû rester derrière la caméra comme il sait si bien le faire !!!
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3,5
Publiée le 23 octobre 2011
Pour son film "L'enfant sauvage", François Truffaut s'est inspirè d'une histoire vèritable, celle d'un enfant loup trouvè dans l'Aveyron au XIXe siècle! Truffaut interprète lui-même le rôle du docteur Itard qui ramène à la civilisation cet enfant abandonnè (inoubliable Jean-Pierre Cargol), "èlevè" pendant dix ans, au milieu des loups! Relevant moins profondèment du fantastique, ce film èmouvant n'en constitue pas moins d'approches de l'univers mystèrieux de l'enfance confrontèe aux divers problèmes de la civilisation! Un film assez prodigieux qui replace les èvènements dans leur contexte historique et social. "L'enfant sauvage" est au final une belle leçon d'espoir dans la science et d'espoir dans l'homme, dans une photo en noir et blanc admirable...
Un film fidèle aux écrits relatifs à l'histoire réelle de ce jeune garçon et du médecin qui l'a pris en charge. Une des premières observations de la nécessité de l'éducation dans la construction de l'individu social. Ce thème de l'éducation et de l'enfance cher à Truffaut et si bien maîtrisé. Intéressant aussi, quelques années après. l'interview du jeune acteur, il s'agit d'un gitan qui avait été choisi un peu par hasard lors d'une rencontre avec le cinéaste. Il racontait la difficulté mais aussi l'exaltation de découvrir le cinéma pour un gamin habitué à sa vie de bohème, la gêne et les difficultés quand il fallait tourner nu dans le froid, la bienveillance de Truffaut ... Il n'a, contrairement à Jean-Pierre léaud, pas poursuivi sa carrière ....... le casting des enfants était aussi un des grands talents de Truffaut .....
"L'enfant sauvage" est un film beaucoup plus intelligent qu'il n'y parait. Ne sommes-nous finalement pas plus que des animaux instruits? La science ne va-t-elle pas souvent au-delà d'une éthique propre afin de pouvoir découvrir à tout prix, même bafouer les droits d'un être humain, d'un être vivant? Y avons-nous vraiment gagné à devenir penseurs et intelligents? Autant de problématiques sont traitées plus ou moins explicitement dans cette fable à la fois scientifique et philosophique. Mais sans pour autant que l'ensemble devienne racoleur, démonstratif, intellectualisant, lourd ou forcément pessimiste. Car "L'enfant sauvage" est avant tout un film pudique, sobre et discret. Les sujets y sont abordés sérieusement, mais de façon très subtile, à ce point même que l'histoire centrale, sous forme de biopic, peut bien être suivie d'un point de vue plus simple. Cela est-il préférable? D'un premier abord, oui. Car là où l'on va comprendre ou s'interroger sur son raisonnement avec du recul, on va plutôt se préoccuper de son ton tragique (mais pas apitoyant) sur le moment, appuyé par une mise en scène magnifique, une photographie géniale, et une musique parfaitement adaptée. Merci Monsieur Truffaut pour ce chef-d'œuvre unique.
Une histoire touchante et intéressante car brassant pas mal de thèmes universelles (civilisation, éducation, ...). François Truffaut s'attaque à un sujet casse-gueule et s'en sort très bien en restant sobre et simple pour raconté cette histoire. En plus les images en noir et blanc et les endroits ou se déroulent rendent très bien.
Énorme succès populaire à sa sortie (plus d'un million et demi d'entrées), "L'Enfant sauvage" est, après "Les Quatre cent coups", le second film de François Truffaut consacré à l'enfance. Il y met en scène Victor, un enfant ayant grandi à l'écart de tout groupe social, qui sera recueilli par le docteur Itard (joué par le cinéaste lui même), désireux d'éveiller ses capacités intellectuelles. Pourtant pas habituellement fan des oeuvres de l'enfant terrible de la Nouvelle Vague, "L'enfant sauvage" est certainement l'un de ses films les plus convaincants, de par sa simplicité et sa fluidité. Vient même alors à la fin l'inévitable question : l'enfant n'était-il pas plus heureux avant d'être éduqué par le docteur Itard ? Pour Truffaut, la réponse semble négative puisque apparemment c'est la relation humaine qui triomphe. Mais c'est une interrogation qui mérite d'être approfondie. A voir.
Une histoire à la fois simpliste (un médecin parisien recueille avec sa gouvernante un jeune enfant abandonné ayant vécu dans les bois) et profond. François Truffaut non seulement par sa mise en scène prouve qu'il est un grand réalisateur mais aussi un grand acteur en étant devant la caméra. On suit minutieusement et pas à pas cette lente et dure éducation de cet enfant sauvage , très bien joué (et non surjoué ce qui est dur à faire) par Jean Pierre Cargol. Basé sur une histoire vraie, il est difficile de ne pas s'attacher à ce fabuleux récit. Toute l'émotion et chaque sentiment du bambin est ressentie chez le spectateur , et c'est idem pour le Docteur Itard, on se prend de compassion pour son travail très dur. Ce film,dernier de la trilogie de Truffaut sur l'enfance, apparaît ici comme une véritable thèse sur la moralité. Alors que Lynch avec son "Elephant Man" décriait la société envers l'apparence, Truffaut fait de même avec l'intelligence. Je regretterais toutefois la durée trop courte du film , 1h20, où la fin réussie ou non , de l'éducation de l'enfant ne sera pas développée.
Je dois reconnaître que le début ne m'a pas séduit, mais très rapidement mon opinion a changé. Dès que le docteur Itard emmène l'enfant chez lui pour tenter de lui donner une éducation ce film devient très intéressant. Ce docteur tentera par plusieurs astuces d'éduquer son patient, allant même jusqu'à le punir volontairement pour voir sa réaction et s'il montre des signes d'intelligence. Ce que j'ai regretté, c'est la durée trop courte de ce film qui aurait pu durer bien plus longtemps pour une telle histoire, on pourra regretter aussi le manque d'explication sur l'avenir de l'enfant (il décédera vers les 40 ans, ayant habité avec sa mère adoptive toute sa vie). La fin reste quand même réussi, l'enfant ayant fugué rentre chez lui et ainsi montre définitivement qu'il n'est plus un animal, mais bien un homme.
Un film à part dans la filmographie de Truffaut. Prenant pour thème la socialisation progressive d'un jeune adolescent qui n'avait, jusqu'à alors, connu la civilisation, "L'enfant sauvage" se pose comme la confrontation entre le pédagogue (incarné par Truffaut lui-même) et l'enfant. On n'aurait pu craindre un flot de bons sentiments mais le cinéaste n'élude pas la souffrance de l'enfant ni la rudesse des méthodes d'apprentissage (En adoptant les codes de la société l'enfant n'en perte t'il pas pour autant sa liberté ?). Un film simple et beau, bercé par les notes de Vivaldi.
Même si il faut dire que quand il s'essaye en acteur François Truffaud n'est pas aussi convaincant (avec la fadeur de ses "ce n'est pas bien Victor !" il fait involontairement rire) l'Enfant Sauvage, tiré d'un fait réel, est à la fois un film très intéressant (un expert en sciences peut-il faire d'un enfant sauvage un humain ? que l'enfant peut-il ne pas apprendre, apprendre et comment ? une grande densité de question auxquelles l'oeuvre répond ou répond à peut près) et un très beau film, touchant un incroyable degré de sensibilité en nous. Avec ses musiques douces, son époustouflant interprète principal, ses autres acteurs magnifiquement attachants, quelques scènes infiniment jolies et la discrétion totale de sa mise en scène, l'ensemble est beau à pleurer
François Truffaut nous livre un très beau film sur cet enfant sauvage de l'Aveyron, nommé Victor, découvert dans les forêts à la fin du 18è siècle. Le docteur Itard qui le prend sous son aile est plus intéressé par l'aspect "étude médicale" de son patient, que par le garçon qui se cache sous le sauvage. Leur découverte mutuelle est étonnante à voir : là où le docteur découvre petit à petit un être intelligent et aimant, Victor apprend à vivre dans la société des hommes et à exprimer des sentiments. C'est remarquable. Truffaut, qui interprète le rôle du docteur, peut paraître froid et distant, dans son comportement et sa diction. Mais bien au contraire, on le sent bouillonner d'impatience de découvrir de nouveaux progrès chez son petit protégé. Dans un noir et blanc magnifique, cette belle histoire nous touche droit au cœur.