Soundtrack to a Coup d'État
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anselmino j
anselmino j

11 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2025
Bien que le film soit super intéressant sur le plan historique, on y retrouve un tas de politique de l'époque, je trouve que le film est un peu long. Certes tous les méandres des la politique de l'époque y sont montrés, mais j'aurais aimé découvrir un peu plus la personne de Patrice Lumumba. La musique est la bienvenue dans ce monde de politique d'intrigues. Dommage que le niveau sonore de cette musique soit parfois bien plus fort que celui des voix, quelle couvre.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2025
Soundtrack to a Coup d'État (2025) revient sur cette incroyable histoire survenue entre l’ONU, les États-Unis, l’Union Soviétique et la RDC (anciennement Congo belge, avant son indépendance). Sur fond de Guerre Froide et d’ingérences occidentales (qui lorgnaient sur les sous-sols congolais riches en uranium), en coulisse, il s’organisait la préparation de l’assassinat d’un Premier Ministre en vue d’un coup d'État, le tout, soutenu par la CIA (et l’utilisation à leur insu de nombreux jazzmans).

Au cours des 150 longues minutes que compte ce film, il ne nous sera pas laissé le moindre répit, impossible pour nous d’apprécier pleinement les innombrables images d’archives ou bandes sonores, le réalisateur belge Johan Grimonprez nous en met plein la vue et plein les oreilles. Certes, c’est passionnant, c’est enrichissant et foisonnant, l’ennui, c’est que l’on frise l’overdose d’informations.

On assiste de façon sans discontinuer à un patchwork d'éléments qui brassent extrêmement large, cela va de la géopolitique (Guerre Froide, décolonisation & indépendance) en passant par l’uranium et des jazzmans utilisés comme pantins pour servir les intérêts des USA. Le film nous offre aussi un incroyable panel de personnalités, pêle-mêle on y retrouve Nikita Khrouchtchev, Dwight D. Eisenhower, Malcolm X, Fidel Castro, Louis Armstrong, Abbey Lincoln, ainsi que Dizzy Gillespie.

C’est foisonnant, voire même kaléidoscopique, nul doute qu’un second (voire un troisième) visionnage sera nécessaire afin de pouvoir pleinement et convenablement tout assimiler.

⦿ http://bit[POINT]ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter[POINT]com/B_Renger ⦿
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 novembre 2025
"Soundtrack to a Coup d’Etat" est un documentaire passionnant sur l’indépendance du Congo en juillet 1960 et l’assassinat de Lumumba en janvier 1961. Il est l’œuvre d’un documentariste belge Johan Grimonprez qui s’est plongé dans les archives musicales de l’époque. L’originalité de ce film, sur un sujet déjà bien documenté, qu’il s’agisse du film de Raoul Peck sorti en 2000 ou du livre de Ludo De Witte sorti en 2000 lui aussi, est de l’aborder par le prisme de la musique.

Johan Grimonprez fait revivre la musique de l’époque et montre le rôle qu’ont joué des personnalités telles que Louis Armstrong, désigné ambassadeur du jazz et envoyé au Congo pour une série de concerts, Dizzie Gillepsie, Thelonious Monk, Nina Simone, Abbey Lincoln, Max Roach…

Cet apport musical donne à ce documentaire un chic fou et une apparence joyeuse et ludique. Il bénéficie en plus du soin tout particulier apporté au montage et aux intertitres qui confèrent une remarquable intelligibilité à un récit qui, sans eux, aurait semblé bien confus.

Car le Congo en 1960 est un sacré nid de crabes où se joue, entre les États-Unis d’Eisenhower et des frères Dulles (John est secrétaire d’Etat, Allen directeur de la CIA) et l’URSS de Khrouchtchev, un épisode de la Guerre froide. Le départ des Belges fait craindre aux Occidentaux que le Congo passe dans le camp soviétique. Assimilant à tort l’anticolonialisme de Lumumba à du communisme, ils vont comploter à sa perte, encourager la sécession du Katanga et favoriser l’ascension de Joseph-Désiré Mobutu.

Le documentaire, diffusé en avril sur Arte avant sa sortie en salles, est exigeant. Il dure 2h30. Sa durée, sa densité auraient mieux convenu à une diffusion TV en (trois ?) épisodes. Mais il dépasse et de beaucoup le tout-venant télévisuel par l’ambition de sa démarche, la solidité de sa documentation et la qualité de sa réalisation.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2025
Qui est le film ?
Après Dial H-I-S-T-O-R-Y ou Shadow World, Johan Grimonprez poursuit avec Soundtrack to the coup d'état une œuvre obsédée par les zones grises du pouvoir, les récits dominants et les images qui les naturalisent. Le film prend pour point d’ancrage l’assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant, mais refuse d’en faire le centre narratif exclusif. Il promet autre chose qu’un documentaire historique ou biographique. Il annonce une tentative de reconfiguration sensible de la guerre froide, du colonialisme tardif et de leurs échos contemporains. Le regard du film ne se porte pas seulement sur l’Afrique postcoloniale, mais sur les circulations qui l’ont traversée : capitaux, idéologies, minerais, images, sons. L’ambition est immense, peut-être excessive (mais réussie) : faire tenir dans un même geste la géopolitique, la musique, la propagande et l’histoire des regards occidentaux.

Par quels moyens ?
Le premier choix du film est celui de la saturation. Grimonprez ne hiérarchise pas ses matériaux. Archives officielles, images amateurs, discours politiques, extraits littéraires, performances musicales, documents déclassifiés coexistent sur un même plan. Le spectateur est constamment déplacé, obligé de naviguer dans un flux où les voix se superposent et se contredisent. Ce chaos est néanmoins structuré par une figure absente-présente : Patrice Lumumba. Jamais héroïsé, jamais isolé, il apparaît comme un point de friction entre des forces qui le dépassent. Le film montre comment son élimination est la conséquence logique d’un système fondé sur la prédation et la peur de l’indépendance africaine.

La forme éclatée du montage épouse cette logique systémique. Les décisions se prennent hors champ, loin des corps qui en subissent les effets. Le film reproduit ce décalage. On voit les conséquences avant d’en comprendre les causes. On entend des discours sans toujours savoir à qui ils s’adressent. Cette désorientation est volontaire. Elle traduit un monde où le pouvoir ne se montre jamais directement.

Quant au jazz, il est le principe organisateur. Annoncé dès le titre comme une bande-son politique, Grimonprez rappelle son ancrage historique : musique noire, née de la violence, de l’exil, de la résistance. Max Roach, Abbey Lincoln, Nina Simone, Archie Shepp apparaissent comme des voix dissidentes, explicitement engagées. Le jazz n’adoucit pas l’histoire, il la met sous tension, il la contredit parfois. Mais le film va plus loin en faisant de ce mouvement culturel un acteur direct de la guerre froide et de soft power. Les musiciens deviennent des ambassadeurs, envoyés par les États-Unis pour projeter une image de liberté démocratique. La contradiction est violente : ces artistes incarnent une promesse qu’on leur refuse chez eux. Les séquences autour de Louis Armstrong sont à ce titre exemplaires.

Cette dérive trouve avec John Coltrane l’un de ses gestes les plus saisissants. Grimonprez s’empare de son image, pour laisser apparaître un Coltrane silencieux, accompagnant des images de massacre. Le choc est vertigineux. En retirant la musique, le film fait affleurer la puissance du musicien, comme si son intensité survivait à l’absence même de son art. Dans ce geste, le film fait dialoguer les arts au-delà de leurs frontières habituelles. Même lorsque cette opération frôle la contradiction, elle révèle la volonté de Grimonprez d’assumer le risque d’un sens affirmé, de pousser les figures qu’il convoque jusqu’à leurs limites. Le cinéma s’y montre capable de s’emparer d’une œuvre et d’une histoire pour les transformer en lieu de réflexion, quitte à imposer un regard, mais toujours avec la conviction que cette tension même nourrit la pensée plutôt qu’elle ne la ferme. Le film touche l'excellence à tous instants dans ses associations entre l’image et la musique. Comme avec Thelonious Monk accompagnant les revendications congolaises à Bruxelles ou l’apparition de Nina Simone, au cœur des réseaux culturels liés à la CIA. Là encore, rien n’est souligné, le film fait confiance à la puissance des correspondances, à la capacité du jazz à créer des frottements.

Enfin, le film assume pleinement un glissement vers le contemporain : Tesla, iPhones, politique actuelle. Rien ici d’un effet de manche ou d’une actualisation artificielle. Ce déplacement affirme au contraire la continuité d'un coup d’État qui n’a plus besoin de chars ni de soldats visibles. Il s’opère désormais à travers les flux économiques, technologiques et informationnels, dans une circulation diffuse du pouvoir où la domination se dissimule sous les apparences de l’innovation et de la modernité.

Quelle lecture en tirer ?
Soundtrack to the Coup d’État n’est pas un film qui explique. C’est un film qui expose, qui accumule, qui met en crise les récits établis. Sa force vient de là, ses images restent. Le regard de Lumumba encerclé. Les musiciens noirs pris dans la diplomatie blanche. Les corps absents derrière les décisions.
pasmaldutout
pasmaldutout

54 abonnés 138 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 mars 2026
Johan Grimonprez avait pourtant toute la matière pour faire un grand film. L'assassinat de Patrice Lumumba en 1961, les manœuvres de la CIA au Congo, l'uranium convoité par les puissances occidentales, le roi Baudouin allié à Eisenhower, et pour couronner le tout, des musiciens de jazz instrumentalisés comme "ambassadeurs culturels" par Washington pour masquer le coup d'État : tout cela est fascinant sur le papier. Deux heures trente plus tard, on ressort épuisé, vaguement irrité, et pas vraiment plus éclairé qu'en entrant.
Le problème n'est pas le sujet, c'est la forme. Grimonprez, artiste multimédia belge davantage que cinéaste, a manifestement décidé que son film serait avant tout une "expérience". Pas de voix off, mais des cartons en lettres capitales à la manière du cinéma muet. Des archives s'entrechoquent sans ordre chronologique apparent. Le jazz surgit, couvre, déborde, envahit. On est sollicité de toutes parts . Sursollicité, serait le mot juste. Ce que la presse célèbre unanimement comme une "mixtape qui fonctionne par association" ou une "jam session" produit, chez le spectateur ordinaire, une désorientation croissante. On perd le fil à mi-parcours pour ne plus vraiment le retrouver. Le montage, présenté en grande pompe comme une "leçon de cinéma" ressemble surtout à une démonstration de virtuosité formelle qui finit par se retourner contre son propos.
Car c'est là le paradoxe central du film : à vouloir tout dire en même temps — colonialisme, guerre froide, résistance noire américaine, géopolitique de l'uranium, exploitation musicale, Malcolm X, Khrouchtchev — Grimonprez ne dit finalement rien de très précis.
On regrettera aussi l'absence totale d'une pédagogie minimale pour les non-initiés. Le film ne prend jamais le temps d'expliquer, de poser, de contextualiser. Il préfère impressionner. Les cartons remplacent la voix off mais ne remplissent pas la même fonction — ils interpellent, ils proclament, ils militent. Ce faisant, le film renonce à convaincre ceux qui ne savent pas encore, pour mieux exalter ceux qui savent déjà. Un comble pour un sujet qui mériterait, justement, d'être connu du plus grand nombre.
Un sujet bouleversant, une matière historique brûlante, des archives inédites réelles — tout gâché au profit d'un clip de festival de 150 minutes qui se prend pour une œuvre d'art totale.
Jerome
Jerome

50 abonnés 197 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 novembre 2025
La triste histoire du premier dirigeant de l'indépendance ; le montage est original et musical, les postures hypocrites des états apparaissent en splendeur.
Hors Jeu
Hors Jeu

32 abonnés 62 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 novembre 2025
d'une rare et exceptionnelle justesse, ce documentaire résonne tellement dans l'actualité contemporaine. La diabolisation de tous les combats et de toutes les résistances sont mis en exergue dans ce documentaire. On y voit clairement mais avec finesse, la volonté d'aservir les peuples et surtout de les spoiler de leur richesse et que ces poitiques imperalistes ont toujours été le commerce de toutes les puissances colonialistes depuis plus d'un siècle.
Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 décembre 2025
Documentaire absolument remarquable !!! Un trésor de montage combinant de grands moments musicaux et de grands moments d'archives politiques. Une véritable découverte aussi du rôle obscur et peu reluisant joué par les anciens colonisateurs dans la désormais nommée Republique démocratique du Congo. Une découverte du jeu terrible et destructeur des antagpnismes aux Nations-Unies. Indipensable pour qui s'intéresse à l'Afrique comme au jazz.
Fanny GNAD
Fanny GNAD

25 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2025
Très utile pour mieux comprendre cette boule de noeud qu’ai la relation Congo belge. Un documentaire original par sa mise en scène qui arrive à nous faire sourire en parlant d’une thématique si austère qu’ai l’indépendance d’un peuple colonisé.
Entre concert de Jazz et écriture tout droit sorti d’un spot publicitaire Soundtrack nous assomme d’informations et de savoir si cette page de l’histoire, du monde finalement. J’en sors nourri.
Yveline P.
Yveline P.

1 abonné 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2025
Film magistral, à la conception unique, mêlant le jazz américain des années 50/60 à la lutte contre la ségrégation aux États-Unis et à la décolonisation violente de l'ancien Congo belge, un des pays les plus riches du monde. D'où objet de convoitise... Tout est parfaitement documenté et chaque moment qui conduira à l'assassinat de Patrice Lumumba décidé de sang froid par Eisenhower, Dulles, le responsable de la CIA, Hammarskjöld, secrétaire général de l'ONU (devenu ensuite Prix Nobel de ma Paix !!!) et tant d'autres complices, est présenté dans tous ses contextes nécessaires et pas forcément chronologiques... Vie quotidienne, manifestations, grand-messe de l'ONU avec un Kroutchev rendu presque sympathique... entrecoupées de magnifiques sessions de jazz... Les grands noms sont là, aident à respirer, comme ils le firent à l'époque des luttes pour les droits civiques et rappellent que la culture est aussi ancrée dans la société et donc dans la politique. Sans en avoir complètement conscience, les Max Roach, Dizzy Gillespie, Louis Armstrong... soutiennent la politique américaine anti-communiste en donnant des concerts en Afrique.
Bp d'archives, de beaux moments comme la joie lors de l'indépendance du Congo le 30 juin 1960, les discours de l'élégant Malcom X... On apprend beaucoup aussi, comme la collusion entre la société des mines du Katanga, privatisée 3 jours avant le 30 juin, au profit de personnalités belges et américaines douteuses (comme le président du MoMA!), ce qui explique les centaines de milliers de morts qui suivront ds cette région du Congo...
On sort du film un peu vidé.e et très en colère.
Un film à voir et à revoir !
Alex Martin
Alex Martin

13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2024
Ce documentaire est un chef d'œuvre, je suis allé le voire deux fois et toujours la même impression: notre histoire est faite de petit choix très différent les uns des autres qui s'entrecoupe, se réponde et s'enchaine. À revoir pour comprendre la politique internationale!
Elie
Elie

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2025
Pour voir ce documentaire de 2h30, il faut être en forme, tellement le rythme est effréné. Peut-être aussi connaître le contexte de l’époque : années 50-60, Guerre Froide, décolonisation, Congo Belge… sinon il est compliqué de suivre.
Sa très bonne critique est tout à fait compréhensible.
Même sans connaître le monde du documentaire, on voit que le format est innovant sur le fond (figures du jazz et politique) comme sur la forme (rythme, typographie, montages).
Enfin le documentaire est réussi dans le sens où il encourage à aller s’informer sur ces événements, sur l’histoire du Congo et son actualité (M23, même intérêt des ressources de minerais après 60 ans).
delikath
delikath

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2025
Un film documentaire magistral sur les manipulations de la Belgique et de la CIA … un autre angle de vues de la politique américaine pour faire sauter unfutur president de grande envergure … lullaby assassine par un complot belge et américain… le début du pillage du Congo sur une bande son des plus grands jazz m’en et women noir américains… a voir absolument !!
Marianne KD
Marianne KD

1 abonné 28 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 octobre 2025
Un vrai coup de poing ce film, une page d’histoire peu glorieuse pour l'ONU illustrée par une bande son magnifique !
Silvie M.
Silvie M.

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2025
Un documentaire passionnant au montage parfait pour entrelacer politique et jazz
Mais la musique n'est pas seulement une bande son : Louis Armstrong, Nina Simone, Miles Davis, Duke Ellington ou Dizzy Gillespie ont un rôle aussi déterminant que Malcom X ou l'égérie féministe africaine André Blouin dans cette passe d'armes à l'ONU entre Khrouchtchev et Eisenhower en pleine guerre froide.
La Belgique vient d'accorder une indépendance factice au Congo en 1960 mais n'est pas du tout décidée à abandonner ses ressources minières!
L'URSS soutient les nouveaux états africains, Cuba ou l'Inde qui font entendre leur voix désormais dans les instances internationales mais les USA font diversion avec les jazzmen noirs pendant que la CIA fait assassiner Lumumba, tout juste élu premier ministre
Un éclairage politique édifiant sur le néocolonialisme!
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