Pour Agnès Jaoui (qui va recevoir un César d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière), je suis allé voir « Le dernier des juifs » de Noé Debré dont c’est le premier long-métrage (2023). Bellisha (Michael Zindel) a 27 ans mais mène une vie de retraité ne dépassant pas les limites de son quartier de banlieue parisienne. Il vit chez sa mère Giselle (Agnès Jaoui) qui ne sort pas spoiler: car elle présente une insuffisance rénale chronique mais qui a perçu que la communauté juive de son quartier s’étiolait. Elle veut déménager mais Bellisha n’en a pas très envie, et il lui fait croire qu’il est solidement intégré dans la vie active. Ne connaissant pas les codes du judaïsme, je n’ai probablement pas pu gouter tout le sel de cette comédie mais j’ai souri à plusieurs reprises devant les facéties de ce nouveau jeune acteur avec son air hébété et rêveur. Agnès Jaoui est magistrale dans un rôle émouvant et le film se laisse regarder avec plaisir baignant dans la nostalgie d’un pays (l’Algérie ?) où les communautés vivaient en osmose. Un film d’autant plus sain que sortant dans le contexte international que nous subissons.
On sent l'influence de Riad Sattouf sur Noé Debré ; il y a le parfum des "Bogoss" dans la relation mère - fils et l'humeur lymphatique de Vincent Lacoste dans le personnage de Bellisha. Mais ce n'est pas une simple ressucée des "Bogoss". Ce n'est pas la découverte impatiente de l'amour, c'est la relation complexe et fusionnelle d'une mère et de son fils unique qui est donnée à voir. C'est touchant, très réaliste grâce à des plans, des cadrages et des mouvements de caméra donnant volontairement un aspect amateur à certaines séquences. C'est une comédie dramatique mais aussi un film social. Le générique du début fait penser à "Mon oncle" et il y a effectivement du Jacques Tati dans ce film : les images d'une France actuelle faite de juifs, de musulmans, de blancs, de noirs, qui entretiennent les clichés les uns envers les autres, perpétuent des cultures dont ils ne maîtrisent plus les codes... mais vivent tout de même ensemble, donnant à la France cette identité unique. Un petit film modeste mais très réussi.
un scénario vide. une mauvaise réalisation. un jeu d'acteurs vide. une voix off insupportable puisque le dialoguiste n'avait rien à écrire. clichés sur clichés. pas une seule émotion. je suis restée jusqu'à la fin pour voir si à un moment ça pouvait repartir .... rien ! jusqu'au bout c'était nul
Comédie douce amère qui décrit la fin d'un monde avec beaucoup de nuances. Des personnages attachants très bien interprétés par des acteurs pas tous connus. Une très belle réalisation.
À vingt-sept ans Bellisha (Michael Zindel) vit encore chez sa mère (Agné Jaoui), à laquelle il sert de garde-malade, dans une tour HLM de la banlieue parisienne. Autour d’eux, les Juifs s’en sont allés, déménageant dans une banlieue plus chic ou partant en Israël faire leur alya. La synagogue a fermé faute de pratiquants et le commerce casher où Bellisha a l’habitude de faire ses courses est voué lui aussi à la faillite.
Jeune scénariste talentueux, Noé Debré, qui a signé la série "Parlement" sur France.tv réalise son premier long. C’est une comédie drôle et grave à la fois qui entrelace deux sujets. D’une part le double portrait d’un adulescent, d’un Tanguy, incapable de quitter le nid familial et d’une maman juive possessive comme on les aime, qui se meurt inexorablement d’une néphropathie, de leur attachement l’un à l’autre et de leur inéluctable séparation. D’autre part, au-delà de ce microcosme, un film sur la judéité et la difficulté de la vivre en milieu populaire dans la banlieue parisienne aujourd’hui.
"Le Dernier des Juifs", dont le titre joue intelligemment, comme le relève Marie Sauvion dans Télérama, sur la polysémie du mot dernier, ultime ou indigne, excelle dans le registre comique, sinon loufoque, en révélant un nouvel acteur, Michael Zindel, qui joue à merveille un adolescent sans âge à la vie réglée de retraité. Bellisha n’a pas de travail. D’ailleurs, quand son cousin lui propose de l’accompagner dans ses tournées commerciales, il y sème une joyeuse zizanie. Il n’a pas de diplôme non plus. Sans voiture, sans permis, sa seule occupation est de faire les courses pour sa mère dans les commerces du coin. A-t-il une sexualité ? Il rend certes visite à une voisine, gironde, arabe et mariée, qui aime qu’il lui susurre des mots sales en hébreu ; je m’étais demandé si leur relation était platonique avant de lire des commentaires qui ne se posent pas cette question pudibonde. Sa judéité est chancelante : Bellisha ne fréquente pas la synagogue, ne parle guère l’hébreu. Mais, pour sa mère, cette identité obsidionale le définit.
Certes, "Le Dernier des Juifs" n’est pas manichéen. Avec un humour volontiers enclin à l’auto-dérision, il raille le racisme dans lequel certains Juifs manquent de verser au nom précisément de l’anti-racisme. Il n’en évite pas pour autant les clichés, pas toujours drôles et parfois même malaisants. Ainsi de la cérémonie œcuménique qu’une mairie bien-pensante veut à tout prix organiser entre les différents cultes.
"Le Dernier des Juifs" n’est pas un chef d’oeuvre inoubliable. Loin de là. Il n’en a pas d’ailleurs l’ambition. Il lui manque un scénario, une histoire qui fasse avancer le film dont le seul fil rouge, sans surprise ni tension, est la lente dégradation de l’état de santé de Giselle. Il n’en reste pas moins une chronique drôle et touchante sur la judéité, le vivre-ensemble et le deuil.
Un film sur l'époque, sur la France, sur la famille, sur les Juifs évidemment. Un humour précis et tendre, une pudeur sensible et à la fois un franc-parler/une honnêteté limpide. Merci Agnès Jaoui de cette belle tranche de vie qui m'a bcp touchée.
Film très réaliste et émouvant, l'acteur principal, poète sans le savoir, comique sans le vouloir, est très prometteur, Agnès Jaoui en mère juive est très juste. Un très beau film!
Ai vu le premier film de Noé Debré "Le dernier des juifs". Il y avait très longtemps que je n'avais pas été dans une salle de cinéma totalement pleine... Idem pour la séance d'avant et la séance d'après. Quel bonheur d'entendre aussi toute une salle rire ensemble et partager des émotions plus lourdes quand elles sont là. Il n'est pas facile de définir le film du jeune réalisateur car il est moins drôle qu'une simple comédie et ne tombe jamais dans le pathos... "Le dernier des juifs" allie l'humour au troisième degré, l'ironie, la caricature (très bien cadrée), la tendresse, l'amertume. Tout commence par une voix off un peu envahissante et quand on comprend que le projet est construit comme un conte initiatique border-line, cette présence sonore trouve peu à peu sa place. Bellisha a 26 ans, il vit en banlieue avec sa mère aux idées toutes faites. Bellisha ment à longueur de journée pour embellir ce quotidien grisâtre où sa mère ne sort plus de l'appartement. Bellisha est un clown et un poète qui n'a absolument pas les pieds sur terre et qui ne s'arrête à aucun des préjugés racistes des autres habitants de son immeuble et surtout ceux de sa mère. Bellisha a 26 ans a la tête dans les nuages mais est encore un enfant. Bellisha est un rôle en or et Michael Zindel, son interprète, manie le farfelu, l'absurde, le saugrenu avec justesse et tendresse pour peaufiner ce personnage si attachant. Il forme un duo très juste avec Agnès Jaoui plus vulnérable que d'habitude et parfaite dans le rôle de cette femme désabusée. Noé Debré qui signe également le scénario est toujours à la bonne distance évitant aussi bien le côté bien pensant-angélique que celui pisse-froid moralisateur tout en nous faisant grâce les clichés attendus. Alors oui ce n'est pas du grand cinéma, le projet a un côté bricolage avec peu de moyen, mais c'est très bien écrit et interprété. C'est souvent drôle même si le sourire est plus prégnant que le franc-rire mais justement "Le dernier des juifs" n'est pas un film comique. "Le dernier des juifs" est totalement à l'image de Bellisah, brindezingue et follement séduisant.
Sur un ton badin, mine de rien le sujet aborde le communautarisme. Juif ici, comme l'annonce le titre éponyme. Lorsque qu'est abordé avec délicatesse et sans aucune animosité, chacun s'autorisera à en sourire. Cette communauté n'est en effet pas la dernière à pointer ses travers. Notamment la manière dont elle est parfois engluée (ce n'est pas la seule !) dans certaines traditions. Comment résumer tout cela sans trop en révéler ? Il est évidemment nécessaire de spoiler car c'est davantage un film qui se regarde plus qu'il ne se raconte. Ce qui suit est retranscrit à peu-près des dialogues, peut-être pas au mot près mais dans l'esprit. spoiler: «La mère à son fils. A 27 ans, il est temps que tu te maries. Pas forcément avec une juive (car il n'a manifestement pas trouvé, peut-être pas trop cherché non plus). Mais surtout pas avec une musulmane. Sauf si c'est une Marocaine ! » « Dans l'agence qui organise l'Alya, le retour en Israël : y a t'il encore beaucoup de membres de la communauté autour de vous (c'est qu'on est dans le 93 où les épiceries cacher ferment les unes après les autres au profit du halal, ce qui dans le rituel alimentaire est pratiquement la même chose). Non, on est les derniers. Ce sont des Maghrébins alors ? Non, c'est surtout des noirs. Ah ? En Israël il y a aussi beaucoup de noirs. Mais ce sont des noirs juifs (répété deux fois) » . Un fond qui aurait sans doute pu être davantage caustique en poussant la caricature avec des personnages davantage hauts en couleur. Comme l'impression que c'est à dessein que le réalisateur et scénariste a voulu se retenir. Pour ne pas froisser ? Pour ne pas prêter à la critique ? Le fond est en effet glissant pour qui serait malintentionné. Procès qu'on ne doit pas faire ici. Un film de genre s'il en est avec ce qu'il faut d'audace, mais pas davantage.