Le point de départ est tout de même poussif. A la suite d’un accident de friteuse, le jeune fils de Sylvie atterrit à l’hôpital alors qu’elle était au travail. Un signalement plus tard, et hop, le voilà embarqué par l’aide sociale à l’enfance ! Même si la situation de Sylvie peut être facilement ciblée par les autorités (mère célibataire fêtarde, travail dans le monde de la nuit, entourage populaire), il faut quand même avaler que les choses se fassent aussi vite. Néanmoins passé cela, « Rien à perdre » est un drame bien mené. L’image est sobre façon documentaire (peu étonnant vu l’expérience de la réalisatrice dans le domaine). Les acteurs sont très bons, avec en tête Virginie Efira, poignante dans le rôle de cette mère qui tombe en dépression alors qu’elle affronte un système implacable. Je citerai aussi India Hair, qui incarne l’assistante sociale. Elle parvient à trouver le bon ton de la fonctionnaire arrogante mais simple, convaincue du bien fondé de ses actions mais inconsciente des dégâts qu’elle cause, sans tomber dans la caricature. Le film dévoile les rouages souvent absurdes de l’administration. Justice condescendante. Ou aide à l’enfance qui pense en vase clos, et qui sous prétexte d’aider les enfants, construit des raisonnements aberrants. Cela conduit à quelques touches d’humour absurde inattendues mais bienvenues. Jusqu’à une fin qui ne m’a pas totalement convaincu, mais qui reste dans le ton du film. A savoir livrer un portrait très pessimiste des services sociaux…
Une description dans le détail d'un univers complètement kafkaïen, où la solution apporté à une situation jugée problématique devient la base même du problème... Le jeu des personnages est juste, précis, on croirait parfois avoir affaire à un documentaire. Je ne connais (heureusement) pas le domaine traité dans ce film, je ne peux donc pas porter de jugement sur l'"épaisseur du trait"...
La posture de Delphine Deloget est très attentiste si bien qu'on a parfois l'impression d'être devant un documentaire. En fin de compte, c'est un drame caricatural à la progression narrative limitée, dans lequel les personnages sont tous plus antipathiques les uns que les autres.
Un très bon 1er film pour cette jeune réalisatrice. Un sujet brûlant, un casting aux petits oignons. Virginie Efira toujours aussi brillante . Mention spéciale au jeune Felix Lefebvre qui nous livre une prestation impressionnante...A voir à tout prix...
Ce film est caricatural, il dénigre les méthodes des travailleurs sociaux, il ment sur les procédures judiciaires, sur l'analyse des situations... C'est n'importe quoi, les personnes qui vont voir ce film vont croire que cela se passe comme cela !!! Une maman aimante, une fratrie soudée, et on enlève un enfant a sa mère, pfff, ne regardez pas ce film, c'est une honte.
Rien à perdre. Film qui traite des méandres des services sociaux, pour une séparation forcée , parents enfants qui n'est pas toujours justifié. Trois étoiles et demie.
L'engrenage est infernal et la situation est intenable, à l'origine d'une préoccupation "administrative" censée protéger l'enfant de sa famille. Mais le noeud coulant de l'Aise Sociale à l'Enfance est présenté comme injustifié et cause de tous les maux à venir. EFIRA est impressionnante de crédibilité dans son traitement du combat, de la colère, de son instinct maternel : elle est au bord de l'explosion en permanence. Tous les seconds rôles sont également magnifiques : Jean-Jacques l'ado qui soutient, l'enfant très juste, les deux frères DEMY et WORHALTER désemparés, HAIR en assistante sociale maladroitement inhumaine (l'amour de la famille peut être inférieur à l'amour d'une famille d'accueil). Un vrai choc!
Un film très bien réalisé par Delphine Deloget, une vraie claque dans la figure ce film, ou Virginie Efira est extraordinaire dans son rôle. Le scénario est fou, et pourtant ca doit vraiment arrivé ce genre d'histoire. Des moments difficile à voir, ou émotionnellement dure mais joué a la justesse! Merci pour ce film j'ai mis 4/5
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3,0
Publiée le 26 février 2024
On dit que lorsqu'on rentre dans le système social, il est très difficile d'en sortir, et c'est exactement ce que montre Delphine Deloget avec son premier long-métrage. À la suite d'un malheureux incident en son absence, Sylvie se voit retirer son fils Sofiane le temps d'une enquête. Si l'on comprend le principe de précaution, la situation s'éternise et plonge cette mère de famille dans une descente aux enfers brutale... S'il ne faut pas faire de généralité, "Rien à perdre" évoque quand même un système défaillant avec une situation qui ne fait qu'empirer. Chaque cas est différent, mais quand le précédent vient influer sur le suivant, c'est problématique comme quand il est dit que spoiler: Mme Henry a vécu une tragédie dans son travail et qu'elle agit en conséquence pour ne pas que cela se reproduise. Chaque situation est différente et cela ne concerne pas Sylvie comme quand spoiler: on lui fait part du manque d'effectif pour satisfaire ses visites. Il n'y a rien qui va dans la gestion de ce dossier, ce qui donne des situations souvent énervantes. Par contre, le film semble vouloir couvrir trop de choses. Il y a donc la question des placements des enfants, mais le caractère incontrôlable et hyperactif de Sofiane n'entre pas assez en considération. S'il y a bien quelque chose de cohérent et de convaincant de bout en bout, c'est la performance de Virginie Efira qui est une fois de plus excellente dans la peau de cette mère à la limite de la crise de nerfs. Sans être totalement abouti, "Rien à perdre" un drame social solide, un premier film convaincant.
"il lui faut être dans sa famille" dit le frère de la mère de Sofiane, qui va être placé en famille d'accueil à 75km de là, ce à quoi répond l'assistant sociale : "il faut plus que de l'amour pour élever un enfant". C’est comme cela que peut se résumer en partie le film Rien à Perdre (qui à cause de mauvaise décisions prises par les services sociaux et la mère de l'enfant au cœur du problème, va conduire spoiler: à un délit de fuite et un aggravement de la situation ).
Dans la première moitié du film, c’est un débat / combat entre les gens qui comprennent les services sociaux, ceux qui comprennent les familles, ceux entre les deux : compréhensifs. Le film est fait de manière à montrer le point de vue des deux parties. Intéressant donc de savoir ce qu'il se passe dans la tête des services de protection de l'enfance ; c'est comme ça que nous apprenons que l'assistante en charge du dossier à un passif dans le travail, qui l'a amené à durcir (trop) son jugement pour les autres familles, notamment celle de Sylvie. Quand on ne compte pas aussi sur le fait, que, les services sociaux se basent bien souvent sur leur propre expérience personnelle (bonne ou mauvaise), pour venir juger sans distinctions, sans savoir et comprendre, et bien souvent sans capacité de discernement... C'est alors une grossière erreur de jugement ; ce qui conduit à une procédure avec le procureur et au juge des enfants, et à du grand n'importe quoi ; jusqu'à la perte d'emploi de la mère, finissant en dépression (d’où la demande de AAH pour incapacité de travailler), incapable de travailler ensuite (accapare par tout ce qui arrive c'est normal) ; et à qui l'on propose, après un mauvais diagnostic de son fils, de le mettre sous médicament...
Une errance judiciaire, entre temps, l'a conduisant à se montrer à nue (littéralement) au tribunal pour attirer l'attention de la juge pour faire appel (ce qui sera catastrophique ensuite). Du côté de l'enfant, ici, arraché à sa mère, il est évidemment très en colère (y compris contre elle la pauvre, qui a de quoi sombrer). Cet enfant révolté, casse tout autour de lui et cela retombe sur la mère : effet boule de neige ou papillon. La situation ne fait que s'empirer.
On demande à la mère si elle se sent prête à se battre pour son fils, ou se battre contre les services sociaux. Elle choisit la mauvaise décision vers la fin, et frappe, fuit... Écoutant la mauvaise personne (son frère marginal). On n'ose imaginer le désastre judiciairespoiler: (la prison qui attend la mère au bout pour l'enlèvement de son fils à sa famille d'accueil, et ce que produit l'abandon de l'ainé (sans compter son déménagement dans une ville inconnue)... Pas de happy end donc, mais une série de mauvais choix jusqu'au plus mauvais.
Une fin ratée, qui fait perdre 2 étoiles. Dans le genre, même si différent, j'ai largement préféré "Jusqu'à La Garde". Mention spéciale aux acteurs tout de même, et tout spécialement à Virginie Efira, toujours juste. Je comprends pourquoi maintenant ce film était au festival de Cannes... Dommage !
Comment une vie peut basculer dans les méandres de l'administration. Excellente actrice qui peut tout jouer et là elle est une mère qui passe de la difficulté à la dérive en étant extrêmement convaincante. On souffre pour elle. Très bon film.
Un très beau film. À la fois sensible, dur, bouleversant, perturbant parfois et avec beaucoup d'émotion ! De très bon acteurs. Bravo pour ce premier long métrage.
Ce film est susceptible de ne pas parler à ceux qui ont tout oublié de l’enfance. Pour les autres, c'est à dire une grande majorité d’entre nous, il est pour le moins dérangeant. Il faut dire que les auteurs ont choisi de traiter un sujet particulièrement sensible à travers le seul regard des victimes. Et évidement, avec cette démarche, la douleur et l’incompréhension sautent violemment à la figure des spectateurs. Il faut tout le recul et l’expérience d’une vie bien équilibrée pour savoir que les choses ne sont pas aussi simples et que, dans ce qui nous est relaté, chacun fait de son mieux pour éviter des dégradations irréversibles. Si le jeu de Virginie EFIRA est fort correct, celui de chacun des enfants interprétés par Félix LEVEBVRE en particulier et Alexis TONETTI est encore meilleur selon moi. Bref, un très beau film mais à voir surtout si on va bien…