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Corinne76100
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3,0
Publiée le 31 août 2024
Film très esthétique (de beaux plans, de belles couleurs) mais assez ambigu dans son contenu. L'évolution de la relation des ados est assez mécanique, le rôle de la mère très ambigu dans une Inde assez rigoureuse et prude. On sent la tension monter mais il ne se passe pas grand chose.
Mira a seize ans. Elle est l’élève modèle d’un pensionnat situé dans l’Uttarakhand, sur les contreforts himalayens. Elle vient même d’en être élue « préfète », une première dans ce lycée mixte. Y règne une discipline de fer qu’elle a désormais la charge de faire respecter en lien avec la proviseure. Toute relation inappropriée entre garçons et filles est prohibée ; mais cela n’empêche pas Mira de flirter avec Srinavas, un séduisant lycéen fraîchement débarqué de Hong Kong. La mère de Mira ne voit pas d’un bon oeil cette relation.
On pouvait craindre que le premier film de la réalisatrice Shuchi Talati manque d’originalité. Son thème est rebattu : le coming-of-age, en bon français la sortie de l’adolescence, les premières amours, l’éveil à la sexualité… Mais "Girls Will Be Girls" réussit à faire du neuf avec du vieux.
La raison en est d’abord son cadre : ce pensionnat indien dont on voit plus souvent les cours de récréation et les espaces de circulation que les salles de classe (il n’y a quasiment pas de professeurs dans ce lycée et on n’y voit guère qu’une scène ou deux en classe !).
La raison en est aussi la délicatesse et la bienveillance – deux qualités à la mode – avec lesquelles sont filmés les deux adolescents. Leur innocence, leurs troubles, leurs audaces sont particulièrement touchants.
La raison enfin et surtout en est l’inhabituel trio autour duquel s’organise le film : Mira, son copain Sri et sa mère Anila. Signalons que la bande-annonce – dont je me plains régulièrement qu’elles divulgâchent le miel des films – est ici remarquable d’ambiguïté. En la regardant, on pressent que quelque chose se noue entre la mère, très jeune et peut-être malheureuse dans son couple, et ce séduisant jeune homme, sans en être tout à fait certain : si Anila flirte avec Sri, est-ce pour protéger sa fille en lui montrant que son boyfriend est volage ? ou est-ce pour se prouver qu’elle est encore séduisante ?
L’intrigue aurait pu se limiter à ce trio. Elle ressent le besoin d’ajouter un autre fil narratif en évoquant le sexisme des lycéens. Ce fil renvoie certes à la situation indienne et aux violences sexistes qui y sont fréquentes. Le sujet est grave. Mais il alourdit inutilement l’intrigue qui aurait pu en faire l’économie.
Pas facile de protéger son enfant malgré lui. Une jeune fille, respectée par ses camarades pour son sérieux et ses résultats, décide subitement de vivre sa sexualité envers et contre tout. Malgré la vigilance de sa mère qui tente tout pour éviter l'inévitable , elle entame sa descente aux enfers sans vraiment en comprendre toutes les conséquences sociétales, personnelles.
Le film est assez décevant. Les longueurs se multiplient, le tout est assez fade et glacé. Les personnages sont peu creusés et trop caricaturaux. Un film de plus où les personnages féminins ne parlent que des hommes. Sans intérêt.
Pour un premier film, très remarquable de sensibilité et de finesse. Certes, 20 minutes de moins, et moins d'invraisemblances dans le scenario seraient souhaitables. Mais le rôle principal est tenu par une jeune femme lumineuse et juste.
"Girls Will Be Girls" récompensé cette année au festival du film Sundance (prix du public) est un drame romantique indien qui se regarde. En effet la réalisatrice Shuchi Talati livre aux spectateurs un long-métrage prometteur mais imparfait, j'aurais aimé que l'histoire soit plus explicite concernant la rivalité entre une mère et sa fille qui aiment le même garçon, de plus le film n'échappe malheureusement pas aux stéréotypes et longueurs néanmoins la réalisatrice décrit bien la société indienne très conservatrice et patriciale, Shuchi Talat signant un récit quasiment documentaire sur l'apprentissage de la sexualité par une jeune indienne.
Primé à Sundance, ce premier film, coproduction internationale, a un côté très lisse qui le destine sans équivoque à une carrière extra-indienne, pour un public occidental. Néanmoins, on doit lui reconnaître de véritables qualités, dans la narration d'abord (on ne s'ennuie jamais malgré certaines scènes redondantes), dans l'utilisation de l'espace ensuite (les prises de vue proposent toujours une profondeur de champ intéressante), tout comme dans la beauté des décors (la maison de l'héroïne est somptueuse et n'a rien à envier aux villas des stars de Beverly Hills). L'éveil des sens de Mira est finement dépeint, de même que la place prise par sa mère auprès du jeune homme qui l'a séduite. Malgré quelques scènes osées, qu'on ne verrait certainement pas dans un film purement indien (cf. "Santosh"), on demeure dans l'observation d'un milieu privilégié, feutré, qui paraît totalement détaché des problèmes quotidiens de l’État le plus peuplé de la planète.
Il est de ces films qui parviennent à toucher cet état de grâce où intelligence et émotion s'alimentent en permanence, où le cérébral et le sensoriel s'entrelacent à la perfection... où chaque plan est un enchantement pour les yeux, où le moindre son est du miel pour les oreilles, où chaque cadrage est une intention de mise en scène claire, sans être sur signifiant, où les émotions surgissent avec subtilité, grâce à des performances d'acteurs qui n'en font jamais trop...
C'est le cas de Girls will be girls qui, après le Grand Prix obtenu par All we imagine as light, au dernier Festival de Cannes, confirme la très bonne forme et l'excellent niveau du cinéma indien actuel.
Le sujet du film, ambitieux, est un autre point fort. En croisant une thématique universelle (les difficultés d'une émancipation féminine dans une société conservatrice) à un sujet plus intime et audacieux (une jeune fille et sa mère qui s'éprennent du même jeune homme), la cinéaste indienne nous plonge dans un récit passionnant.
Ce récit d'apprentissage met en scène des personnages écrits avec beaucoup de modernité : une jeune fille à la personnalité forte, qui prend à bras le corps la découverte de sa sexualité, une mère qui refuse de s'oublier en tant que femme, un jeune homme d'apparence candide, aux intentions pas aussi claires qu'elles en ont l'air. Les trois acteurs sont épatants.
Certains reprocheront au film quelques longueurs et une forme trop classique et prévisible de "film de festival", d'autres seront impressionnés par la rigueur de la mise en scène (qui m'a parfois rappelé celle des Herbes Sèches, sorti l'an passé) et l'acuité du regard de la réalisatrice. J'appartiens définitivement à cette seconde catégorie !
Girls will be Girls est un film à la fois tendre et audacieux, qui aborde avec beaucoup de subtilité et de courage les relations mère-fille et la naissance du désir chez une jeune femme dans la société indienne. Le film semble commencer comme une comédie romantique adolescente mignonne et réussie mais assez classique, pour finalement nous surprendre totalement et nous emmener ailleurs avec la création d'un trio inattendu qui va nous faire passer par 1000 émotions... C'est doux, profond, complexe et incroyablement juste ❤️
Très intéressant film bénéficiant d'une mise en scène originale de la réalisatrice Shuchi Talati qui a puisé dans ses propres souvenirs d’adolescente pour aboutir à un très joli Long-Métrage où une ado et sa mère sont attirées par le même garçon . Comme cela se déroule en Inde ces dernières défient la Tradition d'une Société Conservatrice !
Venu d'Inde, cette histoire de première aventure amoureuse entre deux jeunes lycéens de dernière année, me paraît manquer sa cible.
Si l'on peut reconnaître à la réalisatrice un certain savoir-faire au plan formel ( inventivité des plans, cadrage notamment), le film souffre malheureusement d'un scénario qui manque trop de rigueur.
Les trois personnages principaux ( les deux jeunes et la mère) finissent par présenter une esquisse d'eux-mêmes assez antipathique. Le film montre une société corsetée par son autoritarisme fermé, au point que l'amour véritable ne trouve pas sa place.
Difficile de s'intéresser longtemps à cette histoire "d'amour "glacée, distante et ratée. A y regarder de près ( les gens sont ce qu'ils font) le jeune homme s'avère vaguement manipulateur, la mère a un comportement ambigu, inapproprié et sa fille est une excellente élève qui cache derrière sa rigidité de surface, une incohérence de comportement problématique.
L'aspect le plus dérangeant (selon moi) de cette exposition de caractères mais aussi sociétale, c'est qu'on a le sentiment que la réalisatrice nous cache son propre point de vue. Le titre du film n'aide pas beaucoup et me semble pas non plus très éclairant sur ce qu'il nous montre.
Ces circonvolutions problématiques sur un tel sujet, sont ( de mon point de vue ) une erreur.
Très beau film Indien très subtil sur les sentiments et le manque d'amour qu'il soit filial ou autre ressenti sur tous les continents, film d'une grande finesse