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dahbou
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4,0
Publiée le 19 juin 2010
Sidney Pollack réalisait un de ces thriller politique dont il avait la recette. Cette fois-ci, il livre un film pessimiste qui prend à contre pied le mythe du journalisme d'investigation triomphant. S'attaquant de front au pouvoir de la presse qu'il confronte aux conséquences du scoop à tout prix, le film confronte cette même presse, la justice et même la police à leurs propres ambitions qui corrompt toutes ces institutions. Il offre aussi un rôle magnifique au magnétique Paul Newman dans un rôle d'homme blessé qui va se venger de ses institutions en les prenant à leurs propres jeux. Et un peu comme chez Lumet, les enjeux ne prennent jamais le pas sur le récit pour rester dans une sobriété qui ne fait pas dans le clinquant sans jamais s'étirer en longueur. Alors sans être le meilleur film de son auteur, il reste une œuvre intéressante et prenante.
Loin de tout manichéisme, "Absence de malice" est un film très subtil qui, sous couvert de dénoncer (avec justesse) les dérives de la presse, se livre à l'étude des rapports complexes qui se nouent entre ses deux protagonistes. Mine de rien, Pollack braque sa caméra dans la pénombre de l'âme de chacun d'eux, mettant à nue leur ambiguïte réciproque, leurs zones d'ombre (jusqu'où va la manipulation de Newman ? Jusqu'où Sally Field ne se laisse-t-elle pas volontairement abusée ? L'ambiguité de ces rapports de forces ne sont-ils pas à l'origine de tout couple ?). L'intelligence du film est d'avoir su garder une certaine opacité dans les agissements de l'un et l'autre - de façon à ce que qu'on puisse s'interroger sur le caractère conscient ou non de leurs agissements. "Absence de Malice" s'ouvre ainsi sur un abîme qui n'est rien d'autre que celui des comportements humains et de leur complexité - ce qui laisse plutôt nostalgique d'une époque où des films hollywoddiens mainstream pouvaient se permettre d'afficher une telle ambition...
L'absence de malice caractérise vraiment les journalistes et le FBI dans ce film, et c'est le principal reproche que l'on puisse faire au film. En effet le scénario manque de nuances envers ces deux "corporations". Mais la mise en scène efficace et l'interprétation des acteurs font que l'on passe un bon moment à la vision de ce film.
Avec Absence de Malice (1982) Sydney Pollack dénonce les pratiques plutôt douteuses du FBI et surtout des journalistes. Afin d’obtenir des informations, le FBI compromet un homme innocent (et fils de trafiquant), en manipulant aussi une journaliste, ils ne font qu’aggraver les choses, car elle, en flairant le scoop, ne fera qu’enfoncer le clou et dégradera encore plus l’image de cet homme. Absence de Malice possède un scénario plutôt intelligent et aux nombreux dénouements. Ajouté à cela, un très beau duo : Sally Field (Madame Doubtfire - 1994) et celui que l’on ne présente plus, le regretté Paul Newman.