Ce court métrage sur les abattoirs de Paris, a été réalisé en N&B par Georges Franju en 1949. D'une assez bonne qualité technique, ce documentaire sans dialogues nous propose des images délibérément très dures, avec un commentaire froid et technique qui fait froid aux oreilles et au cœur. Vues de Paris, porte de Vanves, et des abattoirs de chevaux de Vaugirard ; des séquences crues qui feraient un tôlé de nos jours. Une époque ou les bêtes arrivaient "à pattes" à l'abattoir Porte de Pantin pour être tuées au Merlin ; une séquence qui ferait hurler les végans et les défenseurs des animaux. Le traitement des veaux et des moutons atteint l'abomination.
Un documentaire choquant et instructif, réalisé par Georges Franju... Le film, de courte durée, nous entraîne dans le quotidien des abattoirs parisiens, la caméra épousant les gestes des équarisseurs avec une précision proprement dérangeante. La voix off, aux accents presque réconfortants, commente leur activité, activité nécessaire à leur propre statut et à leur propre survie. Baignant dans un Noir et Blanc fortement contrasté, Le Sang des Bêtes nous en apprend autant sur la boucherie que sur le bétail lui-même, s'acharnant à vouloir rester objectif, délaissant la critique facile consistant à dire " sauvez nos pauvres bêtes et devenez végétarien ". D'un point de vue purement personnel manger de la viande ne m'a jamais débecté... Simplement je pense que le film de Georges Franju nous invite à prendre conscience de certaines choses, à commencer par notre instinct d'animal partiellement carnivore. Car dans notre corps, dans notre chair, coule aussi le sang des bêtes... Un documentaire intelligent et indispensable.
Je tenais à parler de ce court-métrage documentaire pour le moins percutant. Georges Franju choisit de parler des abattoirs et de leur fonctionnement, ce qui est pour le moins difficilement supportable. Durant une petite vingtaine de minutes on va donc assister à un spectacle macabre où l'on verra des ouvriers abattre méthodiquement des animaux pour les transformer en steak, saucisse ou autres mets qui termineront dans nos assiettes.
Dans un contexte d'après-guerre, Franju nous livre ce témoignage fascinant où l'horreur qu'il filme est rendue belle par la caméra. En effet, la photographie sublime les scènes filmées ce qui est assez troublant. De l'horreur naît la beauté. Le cinéaste nous offre quelque chose d'unique et de particulièrement dérangeant. On voit ces hommes et ces femmes agir dans un environnement dont on imagine la puanteur de la manière la plus mécanique qu'il soit. On constate ainsi comme une forme de déshumanisation chez ces personnes qui tuent sans cesse quotidiennement, rendant ces actes parfaitement banals.
Certains plans sont juste glaçants. Je repense à ce cheval qui, touché à la moelle épinière, s'écroule net. Je repense à ces moutons qui hurlent en attendant d'être égorgés. je repense à ce terrifiant spectacle où les cadavres alignés des moutons fraîchement tués gigotent encore, offrant ainsi une danse macabre tout bonnement répugnante. Je repense à ces carcasses encore fumantes, à ces litres de sang qui ruissellent à travers les jambes des travailleurs. Et tout ça c'est juste beau, aussi beau que repoussant, c'est ce qui fait la force du documentaire de Franju qui fascine par l'horrible, qui nous trouble par l'horrible et qui finalement nous émerveille par l'horrible. Une expérience à vivre.
Pas inintéressant ce doc de George Franju sur les abattoirs de Paris mais cela a vieilli (une ambiance assez désagréable) et c'est somme tout plutôt ennuyeux. Pauvres bêtes en tout cas mais après vu ce doc je continuerais toujours à manger un bon tournedos, faux-filet et côte de bœuf.
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4,0
Publiée le 6 février 2023
Dix ans avant "Les yeux sans visage" (1959), Georges Franju signait là un documentaire implacable aux abattoirs de la Villette et de Vaugirard! Faire prendre conscience de la mort des animaux (chevaux, vaches, moutons...) dans les abattoirs parisiens est un acte indispensable bien que cet affreux spectacle de 22 minutes soit à la limite de l'insoutenable! Difficile en effet de ne pas fermer les yeux devant la mise à mort d'un cheval ou la saignèe du veau par dècapitation qui vaut à elle seule tous les films d'horreur de la Terre! De quoi être dègoûtè à vie de la viande même s'il faut saluer ici le pènible mètier des èquarrisseurs qui bossent sans relâche, entourès de chair, de carcasses et de vapeurs grises du sang des bêtes! Fascinant cauchemar...
Fin des années 40, Georges Franju nous fait découvrir à travers ce court documentaire (22 minutes), les abattoirs de paris, ceux de Vaugirard. On y fait la connaissance de ces hommes et femmes qui, chaque jour, tuent, décapitent, dépècent, évicèrent des animaux dans d’ignobles conditions. Les abattoirs bovins, ovins et chevalins nous ouvrent leurs portes, on en ressort écoeuré, par tant de tortures et de souffrances, tant d’immondices, bref, après avoir vu Le Sang des bêtes (1948), on devient à coup sûr végétarien !
Avec "Le Sang des bêtes", Franju met en scène le paradoxe. Ce dernier nait d'un contraste violent entre le narrateur et l'image, illustrant un massacre mais narrant un quotidien. Ainsi, le cinéaste s'efforce de créer des ruptures pour susciter le choc, aussi bien par le biais de l'image - cette carcasse qui scinde littéralement le cadre- que du montage - certaines ellipses temporelles tétanisantes-, mais fait aussi cohabiter ces deux procédés en montrant un Paris paisible, qui abrite pourtant l'horreur. C'est cette volonté constante d'illustrer son sujet avec un premier degré glaçant, mais d'en faire un véritable objet de cinéma qui rend "Le Sang des bêtes" si fascinant.
Heureusement que le film est en noir et blanc... Ce n'est certes, que du bétail, mais la froideur de la narration face à la violence des images est plus gore que les plus gores des films d'horreur. Ames sensibles s'abstenir !
Difficile d'attribuer une note à ce film. Au-delà des innombrables messages, métaphores et sous-entendus disséminés par Franju, ce court-métrage présente des scènes d'une grande violence, dont certaines sont insoutenables, et "Le Sang des Bâtes" ferait passer les vidéos de sensibilisation de L214 pour des épisodes des bisounours; spoiler: je repense surtout à la seule scène que j'ai été absolument incapable de regarder, où une pauvre vache se prend une dizaine de coups de pelle dans la tête, pour une raison inexpliquée.
Pour spectateurs avertis seulement, film très difficile.
Difficile d'attribuer une note à ce film. Au-delà des innombrables messages, métaphores et sous-entendus disséminés par Franju, ce court-métrage présente des scènes d'une grande violence, dont certaines sont insoutenables, et "Le Sang des Bâtes" ferait passer les vidéos de sensibilisation de L214 pour des épisodes des bisounours; spoiler: je repense surtout à la seule scène que j'ai été absolument incapable de regarder, où une pauvre vache se prend une dizaine de coups de pelle dans la tête, pour une raison inexpliquée.
Pour spectateurs avertis seulement, film très difficile.
Documentaire sur les abattoirs de Paris. Sur des commentaires de Jean Painlevé.
"Aux portes de Paris" prose suburbaine et énumération poétique convergent un surréalisme d'objectivité pour abattre la périphérie du crime alimentaire.
Georges Franju débute en décembre 1935, avec Henri Langlois, puis co-fonde l'année suivante la Cinémathèque française. Il réalise plusieurs films de commande d'une main percutante du quotidien tant attiré par l'insolite et l'étrange bizarrerie.
Ex-abattoirs parisiens, le sang des bêtes tués, dépecés, exécutés assurent inéluctablement les besoins vitaux de l'homme. Fataliste et bourreau de violence crue, indigeste bovin et captivant, congratule Émile Decroix et déshumanise la bestialité sur une rigoureuse perfection inventive et artistique.
Cette obsession factuel sèvre un contenu dénutri sifflotant du André Breton : "Ce qu'il y a d'admirable dans le fantastique, c'est qu'il n'y a plus de fantastique : il n'y a que le réel".
Indispensable pour tout consommateur de viande, on assume mieux son régime alimentaire après visionnage. Des images de Paris d'époque baignées dans une ambiance "particulière" presque surréaliste.