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Stephanie C.
14 abonnés
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5,0
Publiée le 9 décembre 2022
Un film émouvant, réaliste, qui vous transportera dans la Tunisie rurale d'aujourd'hui. Il aborde de nombreux sujets de société avec beaucoup de poésie et d'insouciance.
Dans les vergers de la Tunisie, les générations mettent leur énergie dans la récolte des figues. Lorsque le chef a le dos tourné, les jeunes femmes se livrent sur leurs sentiments et nous rappellent que la domination masculine est encore bien rude...
Un film plein de grâce, pudique mais intense qui brosse le portrait d'une société tiraillée, en pleine mutation. Une photo admirable, servie par des acteurs tous plus touchants, voire bouleversants, les uns que les autres.
Très joli film qui, l'air de rien, en dit long sur les difficultés au sein de la vie tunisienne. Sans jugement ni démonstration, la réalisatrice nous fait bien sentir l'enfermement des gens, le piège de la domination masculine pour les hommes autant que pour les femmes, les difficultés économiques... mais aussi les espoirs et les rêves de ces jeunes, la solidarité... Tout est rendu par touches impressionnistes. On pense bien sûr à Rohmer. Le fait que les personnages sont tous joués par des non professionnels donne une note de fraîcheur supplémentaire à ce beau film doux-amer.
Erige Sehiri est issue de la sphère documentariste. Sous les figues est sa première réalisation relevant d’un récit fictionnel. Pour autant, ce film garde de nombreux reflets du documentaire ce qui justifie de qualifier ce long-métrage de docu-fiction. La réalisatrice fait cohabiter deux générations d’ouvriers agricoles lors d’une journée de cueillette de figues. La population peut être considérée triple au regard du positionnement, plutôt conflictuel, du patron. Le casting réuni est non professionnel et la langue employée sous les figuiers tunisiens est l’arabe. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/albi/oeillades-2022/#SF
Ce film raconte la vie quotidienne de cueilleurs et cueilleuses de figues dans un verger de la campagne tunisienne. La réalisatrice nous immerge dans ce groupe de femmes et d’hommes et nous dresse des portraits de chacun d’entre eux avec leurs émotions et les échanges parfois joyeux mais aussi conflictuels. Elle nous fait découvrir en même temps les aspects sociaux de la vie rurale dans la Tunisie contemporaine. Le film est bien réalisé avec de belles prises de vues de la campagne tunisienne.
Erige Sehiri a eu l'idée de faire ce long-métrage alors qu'elle faisait passer un casting pour un autre film. Lorsqu'elle avait demandé à Fidé, une des jeunes filles qui s'étaient présentées, si elle serait libre pour tourner en été, celle-ci lui avait répondu que non, puisque c'était l'époque des récoltes et qu'elle travaillait dans les champs et l'avait d'ailleurs invitée à l'accompagner lors d'une journée de travail.
Tout l'article ici: https://www.webdo.tn/fr/actualite/culture/cannes-2022-under-the-fig-trees-est-un-bonbon/116604
Le premier long-métrage de la Tunisienne Erige Sehiri est un huis-clos à ciel ouvert, une journée de cueillette, sous les figues d'un grand verger, exactement. Un film de soleil et de lumière (quelle photo somptueuse !) avec des dialogues vifs en dialecte berbère qui sonnent juste, avec des comédiens amateurs manifestement doués, surtout les personnages féminins que la mise en scène fluide de la réalisatrice auréole d'une grâce infinie. L'on s'interpelle, l'on chahute et l'on y drague aussi dans un marivaudage qui n'oublie pas de résonner socialement, sur la place d'une génération de femmes, dans une société tunisienne où elles étouffent, à la recherche d'une émancipation difficile à conquérir, sous le regard un tantinet affolé d'hommes qui ont du mal à comprendre cette effronterie vis-à-vis de leurs privilèges ancestraux de domination. Erige Sehiri dit admirer le cinéma de Kiarostami mais on pourrait citer d'autres influences aussi diverses que les films d'Emmanuel Mouret ou Riz amer de Giuseppe de Santis. C'est un film qui témoigne aussi d'une sororité puissante mais aussi inquiète quant à un avenir difficile à imaginer pour ces jeunes filles, une fois leur travail d'été terminé, à l'ombre des figuiers en fleur. Quoi qu'il en soit, l'on reste charmé par la beauté d'un film qui rend un si bel hommage à la féminité et à une nature prodigue en richesses.
Grande finesse et sensibilité, à la fois drôle et tragique, il donne à des récolteurs de figues dans le nord-ouest de la Tunisie un visage et une voix.
Le verger est un espace de rencontre et, dans une société où les lieux manquent pour cela, un espace de liberté. C’est à la fois bucolique, nostalgique et tragique. Les douleurs sont présentes, celles des femmes surtout. Lorsque la vieille Leïla se met à chanter sur un air de flûte une chanson populaire qui parle de souffrances et d’amour, et que des larmes coulent sur sa joue qui la forcent à s’interrompre, l’émotion est extrême : c’est son destin mais c’est aussi le devenir des jeunes qu’elle chante, sans que nous ayons besoin de sous-titres pour le comprendre. Chacun s’y retrouvera...
C'est charmant et intéressant, mais pas assez ''prenant''... On croit voir apparaître un "motif" de tension narrative avec une histoire de vol de figues, mais c'est un leurre...
(...) C’est la démarche de ce film choral de respecter ces femmes et de montrer ainsi leur beauté. Nous les avons écoutées et percevons maintenant un peu mieux leur condition d’exploitation. Nous ressentons à quoi elles se rattachent pour arriver à survivre malgré la rudesse de cette condition, cet amour idéal qui motiverait un mariage, et à répondre au harcèlement des hommes. C’est l’éveil des consciences, sans surcharge et sans pathos, que recherche Erige Sehiri. Elle ne déploie aucun effet et c’est sans doute dans cette épure que s’affirme sa patte documentaire. Au-delà du destin commun de ces jeunes et de ces femmes âgées, c’est celui du pays qui se dessine. (lire la critique complète sur le site d'Africultures)