Une merveille. Quand le film s'arrête on a l'impression qu'on nous sort d'une réalité qui devient la nôtre pendant la durée du film. On s'attache, on rit, on pleure... et on voudrait toujours garder le contact avec ces personnes pleines de vérité, de charisme et d'une profonde sensibilité. Bravo !! Longue vie à l'Atlantic Bar.
Depuis quelques années, un vaste phénomène de gentrification a gagné la belle ville d'Arles. Il reste toutefois des quartiers populaires et, jusqu'à l'année dernière, il restait au moins un bar de quartier, un de ces bars où les habitués viennent prendre qui son café, qui son pastis, qui sa bière, tout en parlant de tout et de rien. Ce bar, l'Atlantic Bar, situé dans une rue peu fréquentée par les touristes, je suis passé devant plusieurs fois sans jamais y entrer, ce que je regrette car j'aurais fait la connaissance de Nathalie et de Jean-Jacques, les patrons, et, peut-être, celle de certains de leurs clients et amis, par exemple l'ancien SDF, l'ancien braqueur ou le toujours poète. Pour son premier film, Fanny Molins réussit avec délicatesse à nous immerger dans l'ambiance de ce bar et à nous montrer le côté poignant de la situation qu'il vit, avec le proprio du fonds qui veut vendre et qui chassera Nathalie et Jean-Jacques si ils décident de ne pas l'acheter. Fanny Molins est une photographe et cela se voit à la qualité de ses plans.
J'ai passé un bon moment devant ce documentaire, authentique, qui rappelle l'ambiance de nos bars de campagne, disparus de nos jours, c'était incontournable pour l'équilibre de nos anciens.....
Il y a des films discrets qui n’en sont pas moins immenses. C’est le cas d’Atlantic Bar. Ne passez pas à côté. Tout y est beau, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme on dit. Il n’y a pas grand chose d’autre à lui dire que « merci » , ainsi qu’à sa réalisatrice (quel talent pour un premier film !)
Une merveille de documentaire comme on en trouve trop peu dans le paysage cinématographique français. On est émus, on rit, on réfléchit, et on reste marqués par ses protagonistes aussi attachants qu'authentiques. La caméra se fait discrète et une complicité s’installe rapidement avec les piliers de ce bar qui ne paye pas de mine mais dans lequel pourtant on aurait tous envie d'aller boire un verre à la fin de la séance ! Un immense bravo à la réalisatrice Fanny Molins et à la productrice Chloé Servel, deux femmes dont le talent et la persévérance ont mené ce petit bijou là où il mérite : sur grand écran et sur les marches de Cannes.
La jeune photographe Fanny Molins a commencé par photographier les habitués de l’Atlantic Bar, un modeste café situé à une encablure des Arènes d’Arles, avant de décider d’y tourner un long métrage documentaire. Initialement centré sur le personnage de Sandro, le fils de la patronne, il s’est finalement focalisé sur sa mère, Nathalie, une alcoolique en rémission.
"Atlantic Bar" est un documentaire profondément touchant qui se déroule quasi exclusivement dans un seul lieu. On n’en sortira que pour quelques échappées belles, les mardis, le jour de fermeture du bar, à Port Saint Louis, à l’embouchure du Rhône, où Nathalie et Jean-Paul vont pécher, avec leur chien et avec un ami, ancien clochard, qu’ils ont adopté comme l’un des leurs.
Atlantic Bar est un troquet ordinaire dont la porte, toujours ouverte, donne sur une rue sans caractère du vieil Arles. On y vient prendre un noir – à 1,50€ à peine – un pastis ou une bière. On y vient surtout pour y passer un moment, taper le carton et la discute avec Nathalie la patronne. On découvre sa vie cabossée et sa longue addiction à l’alcool qui ressurgit périodiquement. Son conjoint, Jean-Paul, un taiseux au grand cœur, les chicots jaunis par l’abus de cigarettes, la couve d’un regard protecteur.
Le bar compte ses habitués aux trognes incroyables, Alain, Claude, Gilbert… L’un est un ancien clochard, l’autre un ancien taulard, le troisième un poète un peu fou. On les croirait tout droit sortis d’un film de Pagnol ou d’Audiard.
Le tableau serait ennuyeux si un événement ne venait bousculer le train-train quotidien de ses personnages : la décision du propriétaire du fonds de le mettre en vente et, si Nathalie et Jean-Jacques ne s’en portent pas repreneurs, de les évincer. L’annonce bouleverse Nathalie qui replonge dans l’alcool. Les frères Dardenne en auraient fait une fiction suffocante dans laquelle le couple aurait tenté, par tous les moyens, dans une course à la montre haletante, de réunir la somme exigée par le propriétaire. Rien de tel dans "Atlantic Bar" qui ne quittera pas le registre qui est le sien : celle de la chronique pleine de tendresse, à hauteur d’hommes.
"Atlantic Bar" est un documentaire poignant sur la noblesse du prolétariat. A l'Atlantic Bar, Nathalie, la patronne, est le centre de l'attention. Ici, on chante, on danse, on se tient les uns aux autres. Après la mise en vente du bar, Nathalie et les habitués se confrontent à la fin de leur monde et d'un lieu à la fois destructeur et vital. Le documentaire nous dévoile la vie de Nathalie, son mari jean claude et leur fils sandro, entre chansons de Johnny ( pour Jean Claude ), Roch Voisine ( pour elle) et SCH ( pour leur fils). Le bar situé dans un quartier populaire de Arles est fréquenté par une population haute en couleur mais surtout avec le coeur sur la main. Les vies sont modestes mais l'amitié et les principes régissent cette petite communauté plus intéressée par le vivre ensemble que par les richesses matérielles. On se sent bien à l'"Atlantic Bar", et même quand les personnes interrogées parlent de la rue ou de leurs addictions actuelles ou passés on a envie de les prendre dans nos bras et de les protéger de la violence des échanges en milieux tempérés ( comme on dit)
À l’Atlantic Bar on rit et on crie, on se tape dans le dos aussi vite qu’on s’écharpe, on vit au rythme des pressions qui se remplissent et des quilles qui se vident, on se dit « tu », on se regarde dans les yeux et on s’embrasse. Il y a de la vie à l’Atlantic Bar, il y a même des vies, à la croisée des histoires, dans toutes leur spontanéité et dans toute leur brutalité. Un vent de vérité évocateur qui ramène chaque spectateur à une réalité qui pousse à l’humilité, à l’humanité et à l’espoir. Rentrez en salle comme on rentre dans un vieux rade, vous en ressortirez le cœur plus riche.
« On peut vivre sans richesse Presque sans le sou Des seigneurs et des princesses Y en a plus beaucoup » La chanson de Bourvil ne figure pas dans les entrailles du juke-box du bar d’Arles en voie de disparition mais vient parfaitement conclure ce documentaire observant avec tendresse la patronne et ses clients. Eux c’est plutôt Johnny. Des personnages, abimés, au passé tourmenté, assoiffés, essayant d’arrêter de fumer, énergiques et fatigués alternent mauvaise foi et générosité.
Ça ne pourrait être qu’un film fort sur l’alcoolisme raconté par ceux qui le vivent, sur les conséquences dramatiques de la gentrification trop rapide d’Arles, et ça serait déjà pas mal. Mais c’est sans compter sur l’extrême sensibilité choisie par la réalisatrice et la vulnérabilité que dégagent les protagonistes. C’est un film magnifique d’intimité qui nous fait oublier la caméra. Une pièce de théâtre parfois drôle, souvent touchante, une tragi-comédie dans la vraie vie. Un bijou
C'est une histoire vraie dans un bistrot sans téléphone d'Arles. Des portraits touchants et lumineux d'invisibles devenus des héros. Ce sont des confessions tendres, poignantes qui nous sont confiés comme des trésors. Les paroles fusent, les rires explosent, les mots sont toujours là au cœur de ces histoires sensibles et délicates. Il aura fallu quatre années pour que Fanny Molins soit anoblie par cette confrérie résistante. Celle de ceux qui veulent résister et s'aimer jusqu'au bout. Bravo !