Un candide amoureux qui traverse quotidiennement et allègrement la barrière entre réel et imaginaire, un monde fabuleux, un conte poétique et loufoque en même temps qu'une farce réjouissante. Mais aussi un hymne à la liberté, qui est menacée ici jusque dans le rêve. Ce film est une sorte de traversée, on en sort comme après un voyage où se rencontrent, parfois se heurtent, des enjeux universels. On y rit, on est attendri, on est surpris, on est interpellé, un film que j'aurai envie de revoir.
Un regard critique et décalé sur les derives de la société, à la fois tendre et amusant. A voir pour se divertir et pour profiter de ce regard décalé et original.
Film magique, mélange étonnant et frais qui oscille entre une comédie, un conte de fée et et une fable baroque, j'ai ri, j'ai été émerveillé par l'univers, les couleurs et les images, j'ai aussi ressenti et vibré avec les personnages, avec en même temps, une vraie réflexion et un vrai regard sur la société marocaine. Un vrai moment de cinéma qui fait du bien, on en a bien besoin !!!
Une bonne comédie dramatique qui trouve un joli lien entre le Maroc et le Brésil, et un équilibre entre les deux genres filmiques. J'ai passé un très bon moment, face à une jolie fable!
Tout cela est parfaitement caricatural voire surréaliste mais derrière l'hyperbole pointe une critique basique des projections imaginaires dans le champ social et un appel aux transgressions auxquelles le spectateur ne peut qu'acquiescer, à condition d'être ouvert à ce type d'humour décalé et hypertrophique. (...) Abdelinho s'est fantasmé son idylle sans céder aux diktats de sa mère. Il a osé, comme on pourrait oser aller voir ce film. Lire la critique intégrale sur le site d'Africultures : http://africultures.com/abdelinho-dhicham-ayouch-15796/
Dans un premier temps, Abdelinho, le quatrième long-métrage de Hicham Ayouch, a tout d'une comédie colorée et gentiment absurde, consacrée au quotidien d'Abdallah, jeune homme d'une petite ville marocaine, qui s'habille aux couleurs du Brésil, son unique passion, donne des cours de samba et fantasme sur une héroïne de télénovela. La candeur d'Abdelinho, puisque tout le monde l'appelle ainsi, fait plaisir à voir et offre des moments de détente sans l'ombre d'une prétention. Tout se gâte avec l'apparition d'un télévangéliste (incarné par l'excellent Ali Suliman) dont la rigueur religieuse et les interdits qui s'ensuivent bouleversent notre "Brésilien" et tout son environnement. Ce que veut dire alors le film est transparent, dénonçant pêle-mêle intolérance, corruption et lavage de cerveau de la population. Que l'esprit de sérieux s'invite dans Abdelinho n'est pas en soi une mauvaise chose mais la transition est brutale, la manière de faire maladroite et tout ce qui apparaissait auparavant comme d'une délicieuse fantaisie naïve plonge largement dans le caricatural. D'autant, qu'en parallèle, l'aspect comédie romantique s'accentue, créant un effet de distorsion guère subtil (le Brésil de Bolsonaro est aussi une cible). Et c'est ainsi que la légèreté et l'originalité d'une jolie fable s'est transformée en un exercice pesant et démonstratif, loin de la savoureuse alliance de la samba et du tajine de ses débuts.