La fureur de vivre , sous le soleil de la Corse . Un film à voir en salle pour apprécier l’image sublimée d’un été brûlant ; une observation aigûe des paradoxes de notre société , une envie fébrile de découvrir des émotions nouvelles pour de jeunes actrices qui révèlent leur puissance en herbe sous la direction magistrale de Catherine Corsini.
Victime de polémiques et un peu trop "léger" pour se mesurer aux mastodontes de la compétition cannoise, Le Retour mérite d'être jugé pour ce qu'il est, à savoir un bon film sensible qui étreint plutôt bien, même s'il embrasse beaucoup de thèmes. Pour que tu m'aimes en Corse (cela vous rappelle quelque chose ?), tel est l'essentiel des histoires qui se passent au présent et au passé, pas très simple, ce dernier. Outre la carte postale de l'île de beauté, sur laquelle Catherine Corsini n'insiste pas outre mesure, le scénario se fait récit d'apprentissage, dans un certain classicisme, tout en expliquant un secret familial, peut-être de manière trop démonstrative, mais sans perdre de vue ses différents personnages, appartenant à deux, voire trois, générations, avec une certaine générosité et bienveillance, dans l'approche. Rien d'exceptionnel dans tout cela mais l'ensemble est assez joliment mené, y compris lorsque le ton se fait plus caustique avec une certaine élite intellectuelle, financièrement à l'aise (Podalydès et Ledoyen, parfaits). Mais ce sont bien ses deux jeunes héroïnes, Esther Gouhourou et Suzy Bemba qui apportent leur dynamisme au film, dans une initiation aux plaisirs plus ou moins défendus, pour lesquelles elles donnent toute leur fraîcheur et tout leur enthousiasme. Et c'est d'elles et de leur spontanéité que viennent les franches tranches d'émotion d'un film à apprécier à sa juste valeur, loin du barnum de Cannes..
Parisiens ou citadins de toute ville, oppressés par la chaleur et le manque d’air, les vacances sont longues à venir ? Offrez-vous « Le Retour » ! Autant « La Fracture » nous enfermait dans une salle d’attente des urgences, encombrée de patients entassés les uns sur les autres, dans une atmosphère électrique, autant Le Retour nous fait bouger d’un camping à une plage, d’une plage très fréquentée à une crique secrète, d’un bord de piscine privée à une teuf de tous les diables et de tous les dangers.
On respire, dans le Retour ! Et, chose rare, on traverse le film en épousant le point de vue d’une famille monoparentale d’origine africaine… en Corse ! Pas dans une banlieue mal famée mais au grand air, près du large.
Soit Khédidja, la mère-courage, nounou employée par une famille de bobos parisiens, et ses deux filles : Jessica la fille-modèle, celle qui a réussi le concours d’entrée à Sciences-Po, celle qui fait la fierté de sa mère ; et Farah… Ah, Farah ! Autant dire le sel, les épices, le feu, le pouls, la RÉVÉLATION du film, retenez ce nom : Esther Gohourou ! Une présence évidente, un bagout irrésistible, un talent éclatant ! Je n'ai qu'une hâte : la revoir !
15 ans après avoir quitté précipitamment l'Ile une femme revient avec ses deux filles en Corse pour garder les enfants d'une famille aisée. A la recherche de leur passé elles découvriront le temps d'un été bien plus encore. Joli film particulièrement bien joué sur les racines que l'on a ou qu'on aimerait créer, et sur la famille qui est la sienne ou que l'on aimerait bien avoir. Un été torride sur l'Ile de Beauté vu dans une salle quasiment vide et c'est bien dommage.
Émouvant et rafraîchissant. Une histoire de retrouvailles avec un passé douloureux de mort et de rejet. Ce film aborde les problèmes de racisme et d'identité si cruciaux au cours de l'adolescence. on est en empathie avec cette mère qui a élevé seule ses deux filles en se mettant au service des autres.
Le Retour rentre dans la catégorie des films que l'on sait pertinemment qu'ils sont imparfaits, dont on perçoit tous les défauts, mais que l'on apprécie malgré tout et que l'on prend du plaisir à regarder.
Comme dans la plupart de ses films, Catherine Corsini s'attache à délivrer un discours éminemment politique, ici sur le rapport de classes et ce que l'on appelle le racisme ordinaire. Le problème est qu'elle s'y attelle avec un peu moins de subtilité que d'habitude. Les personnages de la famille bourgeoise frôlent malheureusement un peu trop la caricature. C'est sans doute celui joué par Denis Podalydès qui est le moins bien écrit et qui vient ternir l'impression globale sur le film.
Les interprétations des autres actrices, toutes formidables, viennent largement compenser tout ça. Le naturel et l'émotion de aissatou.diallo.sagna étaient déjà sidérants dans la Fracture. Elle ne fait que confirmer son immense talent ici, avec un jeu tout en retenue, pudeur et finesse. La jeune actrice qui interpète sa fille ainée, @suzybemba, démontre des qualités de jeu tout à fait prometteuses alors que la personnalité de celle qui joue sa soeur, @esther_ghrr, crève l'écran. La relation qu'elle noue avec @h_orsoni2a est aussi surprenante que touchante. Enfin, une mention spéciale également à @lomanededietrich, dont le jeu et le physique ne sont pas sans rappeler ceux d'Adèle Haenel, qui décidément nous manque beaucoup.
La première partie du film est bien écrite et se suit avec plaisir. La seconde est plus laborieuse et moins réussie, la longue scène de la soirée est même assez ratée.
La force du film reste le regard sociologique intéressant porté sur les différentes voies possibles pour les personnes issues de classes défavorisées : se résoudre à sa condition avec fatalisme (la mère), chercher par tous les moyens, notamment l'Education, à s'en extirper (la fille ainée), se laisser happer par les maux qui les gangrènent (la fille cadette).
Avec optimisme ou naïveté, le scénario du film, bien que souvent trop prévisible, a le mérite de permettre à chacune de ses héroïnes d'évoluer vers un avenir plus radieux.
Beaucoup de thèmes abordés dans ce film, très d'actualité : le déterminisme social, le problème de l'identité... sociale , sexuelle.... Les actrices sont formidables, très justes, la Corse merveilleusement filmée. Ce film nous raconte une belle histoire qui ouvre néanmoins à la réflexion. Il faut aller le voir !
Avec ce titre « Le retour » et quelques lignes du synopsis le spectateur sait dès le départ quel sera le fil conducteur du récit. Le retour, bien nommé, d’une mère et de ses deux filles ados aujourd’hui qui avaient quitté ensemble la Corse quinze années plus tôt dans des circonstances dont on nous dit tout de go qu’elles étaient dramatiques. Le spectateur attendra donc d’en savoir plus. Et heureusement qu’il aura lu le synopsis avant car les éléments de cette intrigue n’étant que très tardivement et lentement révélés les uns après les autres, l’incompréhension et le décrochage ou la lassitude de devoir attendre davantage n’auraient pas été bien loin. Au final, le puzzle finira par être reconstitué mais le scénario se sera égaré entretemps dans autre chose pas toujours directement en rapport avec cette chronique familiale. Aucune plus-value que ça se passe en Corse, sinon via la méthode Coué : c'est un retour en Corse (on sait avec d'autres films que le sens de la famille y est particulièrement cultivé et respecté). Mais ici, le scénario n'en tire aucun avantage. Le film a été pressenti pour la Palme d’Or à Cannes. Bigre, j’aurai toujours du mal avec Cannes !
Film très émouvant avec beaucoup d'émotion,des thèmes actuels bien évoqués,des acteurs jouant très bien et du suspens car nous avons peur pour Jessica dans sa soirée festive avec la drogue... l'impor de la famie ceta
Avec ce superbe film d’été, la salle de cinéma devient l’ile de beauté !, enfin une Corse filmée avec justesse et finesse et une bande son géniale et enivrante. Des scènes de fête et de plage où la sensualité s’exprime en clair obscur. Ce film est une petite merveille qui délivre peu à peu des personnages qui nous sont proches, vrais et hyper touchants, de l’humour aussi vient ici et là au moment ou l’on s’y attend pas. Joués par des comédiens épatants de justesse, courez y , ça fait du bien !
"Le Retour" sélectionné cette année au festival de Cannes est un drame romantique plaisant dans l'ensemble. En effet la réalisatrice Catherine Corsini qui a créé la polémique avec son nouveau film (une scène sexuelle aurait été tournée avec une mineure) présente de nombreuses qualités en effet il traite de sujets denses et intéressants (le racisme, le lesbianisme, l'émancipation féminine, le deuil, ….) dans une histoire à la fois lumineuse et douloureuse et un trio d'actrices en grâce mention spéciale aux jeunes Esther Gohourou et Suzy Bemba.