Avec Le retour, Catherine Corsini signe un film bouleversant sur le retour aux sources, aux racines familiales. Khedidja est nounou dans une famille aisée parisienne. Elle les rejoint durant leurs vacances en Corse et revient donc sur l’île de beauté, 15 ans après l’avoir quitté avec ses deux filles. Cet été va délivrer ses secrets, tensions, tentations. C’est magnifique, juste, social et même drôle. La réalisatrice parvient à mêler tout un tas de questionnements et problématiques traversant la société : la place assignée, le racisme, la sexualité… Catherine Corsini parvient aussi à faire à nouveau émerger de nouveaux visages avec Aïssatou Diallo Sagna déjà vue dans la fracture mais aussi avec Suzy Bemba et Esther Gohourou.
Ai vu "Le retour" film de Catherine Corsini qui a été sélectionné et présenté lors du dernier festival de Cannes. Son film précédent "La fracture" était politique et impertinent, ici la réalisatrice se perd dans un scénario qui part dans tous les sens et frôle la bluette estivale. Khédidja fait un "retour" en Corse 15 ans après l'avoir quitté pour la dernière fois. Elle revient avec ses deux filles adolescentes et un secret de famille bien gardé. Au lieu de se focaliser sur le parcours de son personnage principal joué par l'admirable Aïssatou Diallo Sagna (César du meilleur second rôle pour "La Fracture") "Le retour" se fourvoie à suivre mille pistes et à égrener les sujets à la mode : découverte de l'homosexualité, de la drogue, rivalité entre soeurs, racisme, les rapports de classe, le reniement de ses origines... Les trois-quart du film sont de très courtes scènes d'atmosphère dans lesquelles il ne se passe pas grand chose. De plus le montage du film découpe le récit en tranches successives qui s'enchainent sans émotion et c'est la donc vacuité qui l'emporte. Heureusement la photographie très belle de Jeanne Lapoirie sauve de la torpeur. On n'est jamais très loin de la caricature : les jeunes corses sont racistes et ont des flingues dans leurs poches tout en vendant de la drogue à la jeunesse friquée du continent, le couple de riches (pauvres Denis Podalydés et Virginie Ledoyen) enchainent les phrases toutes faites de condescendance et leur nounou est forcément black, la mafia n'est jamais très loin... Il n'y a guère de cinema et je dois avouer que si Franck Dubosc avait amassé le dixième de tous les clichés ici présents toute la critique lui tomberai dessus avec raison. Un retour tout à fait dispensable et oubliable si ce n'est pour son casting.
Le retour est un film de femmes sur les femmes et ça fait du bien ! Conte d’été, initiatique et lumineux, mais aussi road movie familial aux multiples rebondissements sur la terre corse, le film enchaîne des séquences à la fois drôles et émouvantes. Il met en scène une mère et ses filles, adolescentes, qui se confrontent à leur passé, une jeunesse d’aujourd’hui qui se découvre, et il interroge les rapports de classes et le racisme ordinaire. Comme toujours dans les films de Catherine Corsini, on sent l’amour, la tendresse et le regard bienveillant que la réalisatrice porte à ses actrices et à ses acteurs (on pense beaucoup à La Belle Saison), filmé.es avec pudeur, douceur et beaucoup d’humanité. Aïssatou Diallo Sagna est bouleversante et Esther Gohourou et Suzy Bemba, pétillantes, insufflent une formidable énergie au film. Le retour, c’est la découverte d’actrices brillantes, qui, on le sent, ont tout donné dans ce film. Pour elles, il faut aller le voir !
Ayant entendu parler de la polémique autour du film je voulais me faire mon propre avis et en pleine canicule profité de ce film estival. Franchement j'aurais préféré dépenser mon argent ailleurs et regarder ce film sur ma télé. En plus quand on connait vraiment les coins idyllique de la Corse, l'île de beauté n'est vraiment pas mise en avant et par moment caricatural des Corse. Déception si ce n'est peut-être les actrices.
Alors film très riche avec un bon rythme et assez intense. Dialogues très crédible en phase avec ce qu'on peu entendre au quotidien. La réal a su retranscrire un bon nombre des moeurs actuelles sans en dire trop: à l'instar d'un tableau beaucoup de scènes parlent d'elle même. On y voit: -que grandir avec un parent absent peut-être destabilisant. -la monoparentalités. -les nouvelles relations parents/enfants. -la precocité des nouvelles generations. -la violence et l'agressivité des rapports humains de nos jours. -les frontieres entre les classes sociales meme lorqu'on tente de les dissimuler avec de la bienveillance comme l'inclusion. -la recherche identitaire des jeunes en constructions. -l'auto exclusion.
Allez voir ce film profond et vrai. L'histoire est raconté avec subtilité et sans "racolage", avec en toile de fond une Corse très bien filmé et qui tient son rang.
J'avais adoré La Fracture, et je ne savais pas à quoi m'attendre avec Le Retour. Je n'ai pas été déçue. Le film est comme un retour aux sources, où des secrets de famille sont enfouis. La vision de la jeunesse proposée par Catherine Corsini est quant à elle si moderne et réaliste ! Sans jugement de valeur, le film est beau et nous emporte dans une belle histoire entre trois femmes puissantes.
Un magnifique film sur la jeunesse porté par un duo de jeunes actrices incroyables. Esther Gohourou et Suzy Bemba crèvent l'écran ! A voir absolument !
Catherine Corsini est l'une de nos plus grandes cinéastes. Avec Le retour elle signe un film lumineux, tendre, drôle et profond. Car malgré son apparente légèreté de summer movie, Le retour est un film sur la réconciliation, l'identité, les racines et bien sur la famille. Une mère et ses deux filles qui retournent en Corse pour être confrontées à leur passé. Une mère jouée par Aïssatou Diallo Sagna, qui confirme après sa prestation césarisée dans La fracture de Corsini, qu'elle est bel et bien une grande actrice. Et les deux jeunes femmes qui jouent ses filles sont elles aussi promises à un bel avenir. Un avenir qu'on leur souhaite aussi radieux que Le retour,
Enfin un film nerveux, sensible et métissé sur la jeunesse, qui déjoue les clichés et les situations attendues avec beaucoup de subtilité. Les trois actrices sont surprenantes et magnifiques, on s'attache au parcours de chacune. Tou.te.s les autres sont au diapason. On est traversé par beaucoup d'émotions, de réflexions, et on rit aussi franchement!
Dans Le retour, Aïssatou Diallo Sagna se confirme en tant qu'actrice, qui peut jouer aussi bien une soignante (La Fracture) qu'une mère en proie à un ras-de-marrée émotionnel. Les deux jeunes Suzy Bemba et Esther Gohourou sont excellentes, spontanées, et forment un binôme de choc qui nous entraîne dans l'été de leurs 15 et 18 ans, sur cette île sublime et secrète qu'est la Corse.
Un film qui chamboule, tout en traitant de problématiques actuelles si nécessaires de mettre à l'écran ! Classisme, sexisme, racisme, c'est l'intersectionnalité des -ismes, qui dépeint des réalités dans lesquelles beaucoup se reconnaitrons.
C'est un film qui a l'audace d'avoir pour personnages principales trois femmes, noires, dans un monde où ces personnes ne sont jamais au centre de l'attention. J'aimerais ne pas avoir à l'écrire, que ça ne soit pas de l'audace mais juste une proposition créative, malheureusement ce genre de film est encore rare - merci pour celui là.
Bref, c'est beau, c'est fort, c'est drôle : un été qui conjure les vieux démons et révèle deux jeunes humaines en train de devenir adultes, à voir dans toutes les bonnes salles (climatisées) près de chez vous !
Catherine Corsini renoue avec la comédie-dramatique dans ce film qui fait la part belle à la jeunesse. Suzy Bemba et Esther Gohourou sont impériales - tout comme Aissatou Diallo Sagna. Un film d'été, de soleil, de secret et d'émancipation. Un film qui réconcilie.
Le retour est un très beau film d'été, porté par des comédiennes à la fois drôles et touchantes. Le travail sur la lumière est magnifique! C'est à aller voir cet été !