Un film intéressant, qui reprend le thème assez classique, de la crise de d’adolescence d’une jeune fille. Elle vit très mal la séparation de ses parents, et va devoir devenir adulte dans ce contexte familial difficile. Mais toute la spécificité du film est qu’il se situe en URSS en 1989, au moment de la chute du mur et de l’avènement de la perestroïka. Les parents sont des intellectuels du régime, il est réalisateur ciné, et leur monde « protégé » va s’écrouler autour d’eux. La jeune fille qui prenait des cours de théâtre se sent « libérée » par cette double fracture, familiale et sociétale, et veut donner libre cours à sa sexualité. Après un suicide raté, elle va entamer une relation amoureuse avec un ambulancier. Tout ce microcosme, semi-arty est très bien filmé, la crise, la lutte pour trouver des bouteilles de vodka, la corruption, le papier journal bien rêche roulé en boule pour servir de papier toilette, des scènes assez intimistes de cette jeune fille qui découvre la sensualité, premiers rapports pas très réussi « tout ça pour ça». L’arrivée du libéralisme sauvage, la nécessité de trouver un « vrai » travail, la montée en puissance des mafias. Beaucoup de thèmes abordés par ce petit film sans prétention, mais toujours très juste, qui arrive à nous toucher sans nostalgie, sans misérabilisme mais avec pragmatisme. La jeune actrice est très bien, les deux parents aussi . On se laisse prendre.