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Le Village aux portes du paradis
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Pascal
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3,0
Publiée le 17 avril 2025
Présenté en sélection parallèle ( Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2024) , " le village..." est ( selon moi) à la frontière entre le film de fiction et le documentaire.
Depuis " lettres d'amours en Somalie" de Frédéric Mitterrand, les images cinématographiques venues de Somalie sont devenues rares.
C'est ainsi l'occasion de porter un regard plus récent, sur ce pays de la corne de l'Afrique, au carrefour de plusieurs sociétés ( l'Arabie Saoudite est juste en face des côtes somaliennes) que Henri de Monfreid avait parcourues en son temps de long en large.
On est ici face à l'exposition d'une tranche de vie de trois personnages ( un homme, sa sœur et un garçonnet) dans un pays désertique, désolé et frappé par la guerre.
Il y faut survivre même si tout la population a été sévèrement touchée par la perte d'un être cher pourtant indispensable à son équilibre psychique.
Il y règne le silence, sorte de veillée mortuaire perpétuelle, traduction du trauma collectif que l'on rencontre dans les pays traversés par un conflit armé.
C'est surtout la dernière demi-heure qui comporte les moments les plus réussis de ce film d'ambiance, de climat, bercé par le vent du large.
Il reste les rêves, seule richesse fugace accordée par les dieux à l'enfant, pour alimenter son imaginaire ; il reste aussi, contre tout, l'instinct de survie.
C'est ce que montre notamment cet opus, dont la photo est nettement moins exceptionnelle ( selon moi ) que ce que j'ai lu. Mais l'intérêt est ailleurs.
Un film magnifique qui reste longtemps en mémoire, un quotidien âpre, mais une grande douceur dans les dialogues, rares, sans mots inutiles. Les personnages acceptent leur destin sans révolte, sans colère, sans bavardages. Quant au garçonnet, il est incroyable de naturel, de maturité. Son amour inconditionnel pour son père, ses silences, son chagrin sont bouleversants. Un trio de personnages et un quatrième : le vent, présent dans toutes les scènes d'extérieur, harcelant, épuisant. Le film est long et très lent, mais cette lenteur n'a rien de gratuit. Elle montre la réflexion des personnages, leur impuissance aussi face au dénuement total dans lequel ils se trouvent.
Encore un film qu’il FAUT voir au cinéma. Très belle photo, originalité et beauté des prises de vue. Après, le souhait du réalisateur est de nous imprégner de ce petit coin de « paradis », mais le récit est vraiment trop lent et la beauté des images ne suffit pas à chasser l’ennui. Aurait-Il trahi son propos en raccourcissant le film d’une demi-heure? Je ne crois pas.
Un film fort et edifiant. Si vous ne savez pas à quoi ressemble la vie en Somalie, aller y voir. Vous n’en reviendrez pas indemne mais plus empathique .
Le village aux portes du paradis Le titre ne manque pas d’humour noir. En Somalie il fait chaud et le vent est omniprésent comme la pauvreté. Les humains sont très humains tant par leurs qualités que par leurs défauts. Très lent et un peu long mais assez fascinant car les personnages sont attachants.
Dommage que le rythme soit si lent, notamment au niveau des dialogues, étonnamment. Langueur et longueur desservent un peu le projet. Sinon, ce premier long-métrage est réussi, offrant un regard à hauteur d’homme, de femme et d’enfant sur la Somalie. Le tableau social contemporain se dessine par petites touches : la peur des drones meurtriers, le trafic d’armes, les attentats-suicides, le travail rare et mal payé, la pauvreté, les écoles qui ferment, le manque d’avenir pour les enfants, les contraintes de la condition féminine… Le réalisateur Mo Harawe dit finalement beaucoup dans un certain minimalisme narratif. Il porte par ailleurs une jolie attention, tendre et pudique, à ses personnages. Et démontre une maîtrise formelle assez remarquable (science du cadre et de la lumière), en restant simple et précis.
Bon, je vais commencer par évacuer cette question: marre de cette exotisme cinématographique synonyme de qualité. Bref, les défauts sont pléthores (rythme, jeux, montage, ...). Mais il a pour lui de mettre en avant une vision différente de la Somalie et de ses habitants. Sans misérabilisme, sans compromis. Juste le parcours romancé de personnages qui essaient de s'en sortir face à difficultés socio-économiques
A vu le film somalien « Le village aux portes du Paradis » du réalisateur Mo Harawe qui a été projeté au Festival de Cannes 2024 dans la sélection «Un certain regard ». Les films africains sont rares, et celui-ci révèle un metteur en scène dont c’est le premier film. Le film est hypnotique par la beauté de la photographie (Mostafa El Kashef a fait un travail formidable), la précision des cadrages, le rythme lancinant et fascinant. Dans un tout petit village qui se nomme Paradis mais qui n’a rien d’un Eden car il se trouve en plein désert et est battu par les vents, Mamargade (Axmed Cali Faarax) ) vit seul avec son petit garçon, Cigall (Cigall Maxamuud Saleebann). Arawello (Canab Axmed Ibraahin) , la soeur de Mamargade qui vient de divorcer, va s’installer chez son frère et son neveu. Chacun des trois personnages fera tout son possible pour sortir de sa condition de précarité. Si tous les personnages sont très beaux, c’est celui de la tante, Arawello, qui retient l’attention car il est le vecteur d’un message féministe assez rare en Afrique. La mise en scène est très simple et met en avant la virulence des éléments (la mer démontée, le soleil torride, le vent ébouriffant) qui contraste avec la quiétude des personnages qui vivent sur un tout autre rythme, malgré le danger de drones armés qui survolent le village. « Le village aux Portes du Paradis" est aussi un réel voyage sociologique au coeur de la Somalie. Les mots sont rares tout comme les contacts corporels. C’est l’humilité, l’optimisme, la dignité, la résilience qui tiennent nos 3 personnages en vie. Le film qui évite (probablement trop) toute émotion superflue et facile est une vraie expérience sensorielle par ailleurs.
Très joli film qui raconte une histoire simple, un père qui aime son fils et l'envoie dans une école privée qu'il va devoir financer par de petits traffics. Le film vaut par le hors champ et ce qui est suggère, soit une guerre fratricide et un pays chamboulé par un conflit qui n'en finit pas. Superbe photographie et très bons acteurs même parmi les amateurs
Incroyable alchimie entre le désordre politique et économique d’un grand pays perdu (la Somalie) et la force et l’humilité des personnages de ce quasi documentaire qui nous plonge au coeur de cette société clanique encore guidée par des valeurs humanistes et optimistes malgré la guerre, la pauvreté et la corruption qui s’abattent sur eux, tel un vent sec poussiéreux… Grâce à une qualité des images, du cadrage et d´une bande son minutieusement adaptée aux nombreux gros plans , le grand écran nous scotche dans ce pays authentique, rugueux où les émotions sont fortes, mais en silence, sans larmes ni colères, simplement suggérées par des questions courtes laissées sans réponse, des liasses de billets sales, des barques posées sur le sable servant de lieux de rencontre, des pierres blanches sorties par la pioche d´un fossoyeur, des portes en tôles rouillées qui ne se ferment pas, etc. J´irai revoir ce magnifique film !
Très intéressant film Somalien à la photographie somptueuse, qui rend hommage au courage de deux célibataires, un père qui passe de boulot en boulot, espérant une vie meilleure pour son fils, et la sœur de celui-ci, reniée par son mari, qui obtient au début du film le divorce celle-ci ne pouvant lui donner d'enfant ! Le tout donne une idée d’un quotidien âpre, rythmé par une guerre civile qu’il invisibilise en dehors de la séquence d’ouverture, un extrait du journal télévisé relatant la mort d’un expert en produits chimiques d’un groupe lié à al-Qaida . Ensuite seul le bruit des drones où des ambulances ensuite et l’enterrement de victimes civiles révèlent des attaques régulières ! On est loin du Paradis, nom du village !
«Douce lenteur» Nous sommes en Somalie, pays désertique pauvre et venteux, avec son bord de mer et ses traditions ancestrales (tout le monde appartient à un clan). On suit Mamargade qui se débrouille à travailler/trafiquer pour offrir un avenir meilleur à son fils et qui héberge sa sœur qui cherche a créer son business de couture. Beaucoup de difficultés les attendent avec des destinées bien différentes. Le rythme est extrêmement lent ainsi que la parole, mais on s’y fait et les personnages sont attachants et authentiques. Lenteur et dépaysement garantis
Magnifique film, quelle leçon de vie ! Apprendre la patience et le calme, accepter la vie comme elle est, être soudé et s'aider mutuellement.... Pas besoin de parler, juste dire au minima pour se comprendre et s'aimer.... Un autre monde.....
Dans un petit village côtier du sud de la Somalie, un fossoyeur élève seul son fils et essaie tant bien que mal de rassembler l’argent nécessaire à lui fournir une bonne éducation. Sa sœur, récemment divorcée, revient vivre sous son toit et cherche elle aussi à rassembler le capital lui permettant d’ouvrir une petite boutique de couture.
Sans doute a-t-on déjà vu des films qui se déroulaient en Somalie ou au large de ses côtes : "La Chute du Faucon noir" (2002), "Hijacking" (2012), "Capitaine Philips" (2013) … Mais ce "Village aux portes du paradis", tourné par un réalisateur somalien, en Somalie même, est sans doute le premier film authentiquement somalien diffusé en France depuis l’âge d’or du cinéma somalien dans les années 70. Depuis lors, le régime socialiste de Siad Barre a été renversé laissant le pays sombrer dans l’anarchie, sa partie nord, qui fut jadis colonie britannique, retrouvant progressivement un semblant de stabilité, alors que sa partie sud, ancienne colonie italienne, reste divisée entre clans rivaux, influences étrangères et montée de l’islamisme fondamentaliste.
"Le Village aux portes du paradis" exhale donc un indéniable exotisme, même si ce qu’on voit de la Somalie, des rivages quasi désertiques battus par le vent, des banlieues anomiques jonchées de sacs plastique, ne donne guère envie d’y aller en villégiature.
Cet exotisme suffit-il à donner de l’intérêt à ce film ? J’avais eu la faiblesse de l’accepter, s’agissant d’un récent film djiboutien, un autre pays à la production cinématographique confidentielle, "La Femme du fossoyeur" sorti en avril 2022. Je n’aurai pas une telle indulgence avec ce film-là. Certes, il est moins naïf et moins gnangnan que le résumé que j’en ai fait pouvait le laisser craindre. Il y a au contraire dans les personnages et dans le montage une austérité rugueuse qui refuse toute complaisance. Mais cette austérité, étirée pendant plus de deux heures, devient vite étouffante sinon exaspérante.
L’excellent réalisateur dresse avec tendresse le portrait de trois personnages en lutte pour leur émancipation et leur tranquillité. Ceux-ci sont présentés avec beaucoup de pudeur. Le casting non professionnel est bluffant, particulièrement l’enfant. J’ai apprécié découvrir ce film tourné en Somalie, un pays dont nous parviennent peu d’images. L’image est sublime. Le film prend son temps. On nous dépeint ici l’amour, la famille, la solidarité, l’espoir. La village aux portes du Paradis est une merveille calme, humaine et humble. Une oeuvre tranquille, lumineuse et essentielle.