Fremont
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Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 décembre 2023
Autopsie d’une solitude

L’iranien Babak Jalali nous propose tout en finesse le portrait d’une déracinée, qui tente de briser la solitude. 88 minutes d’une subtilité rare. Donya, jeune réfu¬giée afghane de 20 ans, tra¬vaille pour une fabrique de for¬tune cookies à San Fran¬cis¬co. Ancienne tra¬duc¬trice pour l’armée amé¬ri¬caine en Afgha¬nis¬tan, elle a du mal à dor¬mir et se sent seule. Sa rou¬tine est bou¬le¬ver¬sée lorsque son patron lui confie la rédac¬tion des mes¬sages et pré¬dic¬tions. Son désir s’éveille et elle décide d’envoyer un mes¬sage spé¬cial dans un des bis¬cuits en lais¬sant le des¬tin agir… Un de mes coups de cœur de cette fin d’année.
D’abord, il faut savoir que Fremont est une ville de la baie de San Francisco qui abrite la plus grande communauté afghane des Etats-Unis. Outre l’intérêt que l’on porte dans ce drame doux-amer à cette communauté d’immigrés, le regard s’est porté ici en priorité sur une femme afghane, combattant ainsi les clichés qui les montre quasi systématiquement cloîtrées, pauvres, opprimées, toujours dans la souffrance, toujours victimes. Bien que l’héroïne soit une femme immigrée, solitaire, faisant un job alimentaire qui ne correspond pas à ses qualifications, le personnage de Donya n'apparaît pas comme une victime, mais comme une femme digne et déterminée. A l’image des fortune cookies qui sont au centre de l’intrigue, le film donne simplement une piste de questionnement, un petit rayon d’espoir, et laisse entrevoir certaines possibilités de la vie. Bien que tourné en 4/3, en plans fixes et en noir et blanc, ce film lent et volontairement répétitif, n’engendre pas un instant d’ennui. Cette petite perle a reçu le Prix du Jury à Deauville et c’est amplement mérité. A découvrir de toute urgence.
C’est un 1er rôle pour l’afghane Anaita Wali Zada et c’est une vraie découverte. J’espère qu’on la reverra. Elle est entourée par Hilda Schmelling, Avis See-tho, Jérémy Allen-White, Greg Turkington, tous très sobres, très justes, forment une galerie de personnages plus ou moins névrosés mais qui apportent leur pierre à cet édifice original mais tellement attachant. Jalali préfère en rire et c’est tout à son crédit. J’ai irrésistiblement pensé au Paterson de Jarmush ou à l’univers de Kaurimäki, et ce ne sont pas les moindres des références. Un sommet de comédie dramatique.
corbettsky
corbettsky

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5,0
Publiée le 23 décembre 2023
Un de mes films favoris de 2023. Subtil, intelligent, drôle et poétique. La presse française est trop sévère ou bien ne comprends pas l'humour de l'absurde si délicat. Rough and stylized at once.
Simon Bernard
Simon Bernard

208 abonnés 689 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 décembre 2023
Donya est une immigrée Afghane qui travaillait pour les États-Unis comme traductrice. Arrivée depuis quelques mois dans une ville proche de San Francisco, elle travaille pour une usine de gâteaux chinois. Lorsque sa collègue décède, elle accepte de reprendre son job d'écriture des petits mots de bonne fortune cachés dans les gâteaux. En salle le 6 décembre.

spoiler: "Fremont" ne m'a pas accroché une seule fois et a suscité en moi un ennui abyssal au moins aussi profond que le vide que représente l'intrigue du film. La noir et blanc couplé à une mise en scène lente, qui étire les transitions et les interludes, donne un vernis faussement intellectuel à l'œuvre. Dès que le verni est gratté, on réalise que l'on a affaire à une croûte qui ne développe aucune émotion, ne s'intéresse pas à ses personnages et n'est qu'une coquille vide comme les gâteaux chinois de bonne fortune qui sont une thématique du film. A fuir.
nicole Wacrenier
nicole Wacrenier

14 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2023
Un petit panier posé à la caisse, m'offrait de grignoter un "fortune cookie", biscuit chinois que les restaurants proposent avec le café. Un avant-goût du film américain, réalisé par le cinéaste irano-britannique, Babak Jalali. Une idée publicitaire mais légère et amusante pour entrer dans ce film en noir et blanc, original et sensible au ton très kaurismakien. Le papier rigide transparent qui protège le cookie est très dur à ouvrir et je me suis amusée à constater les mêmes difficultés chez le psychiatre du film.
L'héroïne est une jeune femme de 27 ans, afghane qui vit à Fremont, en Californie, comme beaucoup d'afghans réfugiés après le retour des Talibans. Elle était traductrice pour l'armée américaine. Elle préfère cependant travailler à San Francisco, dans une usine chinoise de fortune cookies où elle est amenée à écrire les devises, les messages de sagesse, de bonheur, les prédictions, glissés dans les gâteaux. Des messages bienveillants qui ne soient ni trop ceci, ni trop cela mais qui projettent et fassent réfléchir, rêver. Donya, dans sa solitude silencieuse, va franchir un pas et écrire son numéro de téléphone. Comme une bouteille à la mer. Le film doit son charme au dispositif très simple des nombreux plans fixes, face caméra, et à l'humour pince-sans-rire qui soulève la pesanteur du drame et de la mélancolie. Donya fait des rencontres et elles sont toutes singulières : son amie ouvrière américaine, au physique balèze et à la voix aérienne. Le patron chinois de l'usine, délicieusement poète et malicieux. Le psychiatre qui a tant de mal à ouvrir les cookies, est fou de "Croc blanc" et se met à écrire lui même des petits textes inventifs pour les gâteaux. Qui guérit l'autre ? Dernière rencontre improbable, celle d'un garagiste aussi blond qu'elle est brune, prêt, on le sent, à échanger cafés et cookies.
Un nouveau film qui mettra de la légèreté dans nos besaces et nos cœurs sombres de Noël.
AcRoOCinOChE
AcRoOCinOChE

2 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 décembre 2023
Voici le type de film (en noir et blanc!) que 90% des gens ne vont pas voir car, il faut de la patience, de la compréhension, il faut savoir observer et ressentir ce que ressentent dans le " silence vide " les personnes dans ce film.
C'est pas Transformers, c'est pas Harry Potter ou tout autre film a gros budget ou ca tire à tout va.

C'est tout simplement un film humain, sur des humains qui mènent une vie difficile, qui se rencontrent et dont le destin est bouleversé par de petits évènements inattendus.

Une vraie petite pépite.
mem94mem
mem94mem

136 abonnés 590 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 décembre 2023
Le film cumule tous les poncifs arty, noir et blanc, plans fixes, sur-cadrages et format d'écran très étroit. Tout le film est lénifiant, ennuyeux. je n'ai rien vu à sauver. Quel type de public a bien pu s'enticher de ce nanar pour le sortir en salle ? Anaita Wali Zada est inexpressive à l'envie. Je souhaite les pires vicissitudes à l'avenir de ce film. Amateurs de cinéma, passez votre chemin.
Mamounia26
Mamounia26

1 critique Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 décembre 2023
À force de ne pas vouloir dire trop de bien des Américains, trop de mal des talibans, quoique ce soit sur les Chinois, ça finit par faire un film où rien n est dit. Par peur des critiques, des jugements, des représailles ? On voit beaucoup de gros plan sur les yeux qui semblent exprimer plein de choses non dites. Alors comprenne qui pourra et ce qu'il voudra. Si on a vraiment trop peur de s'exprimer, ce qui peut se comprendre car le sujet est sensible (le rôle des usa, le régime des talibans) inutile de faire un film. On gâche de la pellicule, de l'argent, des matières fossiles de l'énergie et du temps Réservons tout cela à des films qui osent une idée ou au moins un questionnement pertinent. Là il n'y a ni l'un ni l'autre. Certes les images sont très belles, l'actrice attachante et on ne peut qu'avoir de la compassion pour ces afghans, pris dans cette tourmente depuis des décennies. Alors raison de plus de s'y attaquer avec force et conviction, sans rester dans cet entre deux inutile.
Béatrice D
Béatrice D

14 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2023
Un film très touchant, drôle et poétique avec des personnages attachants avec une photographie et un noir et blanc digne d'un Jarmusch. La magie du cinéma opère, ici!
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2023
Fremont, film attachant du réalisateur anglo-iranien Babak Jalali, qui avait mieux réussi Land, souffre de ses références trop appuyées et souvent notées, de JIm Jarmush (le noir et blanc stylé, l'ironie pince-sans-rire décalée...) et Aki Kaurismäki (les plans fixes burlesques). Il vaut surtout par sa galerie de portraits : le patron volubile, le psy spécialiste de croc-blanc, le vieux restaurateur fan de télénovelas afghanes, le mécanicien romantique... Le contexte aussi est habilement exposé sans être surligné : les exilés afghans arrivent en Californie avec d'immenses béances, des fêlures qui s'élargissent, des blessures qui ne guérissent pas (le voisin de l'héroïne, accroc à la cigarette, le couple qui a beau fuir les Talibans n'en a pas moins importé le patriarcat...). Donya, célibataire, fermée, insomniaque, sombre dans une vie routinière, dont elle veut peu à peu s'extirper pour trouver l'amour (hilarant quiproquo sur un sms...). L'idée géniale reste de la faire travailler dans une usine qui fabrique des fortunes cookies, avec leurs phrases toutes faites, qui selon les situations peuvent prêter à sourire, rire ou pleurer. Le ton du film ne quitte jamais l'ironie douce - pas de montée de larmes ici. Les scènes sont brèves, les dialogues rares et lents, rien ne dépare ni ne dérape. L'interprète principale, Anaita Wali Zada, est une belle découverte, mais tous les comédiens sont excellents et à l'unisson, comme une équipe. Dommage que le film ne veuille jamais renoncer aux codes du cinéma américain indépendant, léché, visant une perfection formelle et une unité d'interprétation qui confinent à l'uniformité.
Pierre Phdb
Pierre Phdb

24 abonnés 297 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2023
Un film au format désuet.

Désuet sur sa forme, en noir et blanc et dans un format proche d'un carré peu usuel. Désuet aussi par sa lenteur ses longs plans. Désuet par son manque d'action, d'activité, sa lenteur.

Un portait de femme confronté a l'exil, tout en touche.

Désuet mais sympathique.
Baruch Jorgell
Baruch Jorgell

18 abonnés 20 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 décembre 2023
Fremont n’est pas un documentaire sur l’acteur Thierry Frémont mais le nom d’une ville en Californie. À Fremont, vit Donia, une jeune réfugiée afghane qui se sent seule. Cette solitude nous est présentée par des plans fixes en noir et blanc. On l’aura compris, Fremont bien que situé en Californie, ce n’est pas San Francisco.
Avec Fremont (le film) nous sommes en territoire connu : du côté d’un certain cinéma indépendant US (tendance Hal Hartley) et du côté des films du finlandais Aki Kaurismäki. Ce mélange donne un film plutôt sympathique qui met du temps à démarrer (on reste circonspect devant les scènes avec le psy) mais qui termine sur une séquence bouleversante. Sans cette fin, on pourrait vite oublier Fremont. Heureusement, Fremont applique la formule des films réussis : mieux vaut commencer mal et finir bien plutôt que le contraire !
Clem Lepic
Clem Lepic

64 abonnés 377 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 décembre 2023
Belle image à l'écran en noir et blanc mais beaucoup de longueurs. Film sur la solitude d'une jeune femme. Bof.
Yves G.

1 875 abonnés 4 107 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2023
Interprète pour l'armée d'occupation américaine, Donya a vingt ans. Elle a fui son pays lorsque les talibans y ont pris le pouvoir. Elle s'est réfugiée en Californie, à Fremont, où s'est implantée une importante communauté afghane. Elle a trouvé un emploi à San Francisco dans une entreprise familiale qui produit des fortune cookies, ces confiseries chinoises en forme de croissant de lune dans lesquelles sont insérés un papier et un aphorisme. Donya a du mal à se faire à sa nouvelle vie. Insomniaque, elle souffre de l'éloignement et de la solitude.

"Fremont" est un film minuscule. Son noir et blanc, son minimalisme, son humour pince-sans-rire rappellent les premiers films de Jarmusch ou de Kaurismäki. Deux amies, au goût très sûr, m'ont dit avoir adoré ce film. Hélas, à mon plus grand regret, sans l'avoir détesté, je ne partage pas leur enthousiasme.

La figure de Donya est certes profondément attachante. Elle est d'abord profondément crédible : elle n'a pas vécu d'histoire extraordinaire ni traversé des épisodes traumatisants. C'est simplement une personne née dans un pays martyr, qui a travaillé avec l'occupant américain, sans que personne l'y contraigne, et qui doit aujourd'hui en tirer les conséquences. Son sort est d'ailleurs plutôt enviable : elle est arrivée saine et sauve aux Etats-Unis, y a un emploi, une couverture sociale. Elle bénéficie même de séances gratuites chez un psychothérapeute.
Donya n'est pas une victime. C'est au fond une adulte ordinaire qui souffre de solitude et qui cherche les moyens de la rompre. Elle a certes au travail une collègue affable. Mais Donya n'a que faire de cette envahissante amitié ; elle cherche l'amour. Aucun romantisme mièvre ne viendra pourtant ternir l'âpre simplicité de "Fremont". Le chemin sinueux que prendra l'amour est la piquante surprise du dernier tiers du film.

Pour autant, aussi attachante que soit la personnalité de Donya, son monolithisme m'a tenu à distance. Eût-il été interprété par une actrice plus convaincante, le personnage aurait eu une toute autre épaisseur. Victime de ses qualités, la lenteur et la douceur, "Fremont" ne m'a pas emporté.
Patricia D.
Patricia D.

87 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 décembre 2023
Fremont est une ville de la baie de San Francisco qui abrite la plus grande communauté afghane des Etats-Unis. Donya, 20 ans, vit seule à Fremont depuis qu'elle a quitté Kaboul où elle est née. Elle travaille dans une entreprise de "fortune cookies" où elle rédige des dizaines de messages par jour, destinés à être glissés dans les biscuits. Un jour, elle décide d’envoyer un message spécial dans un des biscuits...
Réalisé par un cinéaste anglais d'origine iranienne, Fremont est un film tourné en noir et blanc, touchant et pointilliste. Quelques personnages entourent Donya : un psychiatre passionné par Croc-Blanc, un voisin insomniaque comme elle, une collègue spécialiste de blind date, un patron bienveillant d'origine chinoise, une voisine soumise à son mari, un garagiste porteur de tous les espoirs...
Composé de nombreux plans fixes, le film se déroule lentement entre mélancolie et humour décalé, poésie et absurde. Une belle réussite !
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

235 abonnés 1 530 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 décembre 2023
Une jeune afghane réfugiée en Californie promène sa mélancolie et son stress post-traumatique dans une entreprise de confection de fortune cookies. Quand on lui confie la tâche d'écrire ces petites phrases enfermées dans des biscuits sans goût elle décide de jeter une bouteille à la mer. Un petit film aussi riquiqui que ses enjeux qui aura au moins eu le mérite de m'apprendre que ce n'est pas seulement Lao Tseu qui aura été à l'origine de ces maximes digestives censées orienter nos vies.
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