Une histoire de temps
Bonne surprise que cette Histoire de Souleymane.
Une immersion totale dans la vie de ce jeune homme qui veut renaître mais tout ne se passera pas comme il l’aurait rêvé.
Alors, oui on les connaît ces gens surtout si on habite en ville. On les voit, à toute heure de la journée et de la nuit. On sait ce que ces personnes vivent et endurent et au final, en voyant, le film on se rend compte qu’on ne les connaît que très peu réellement.
Le temps est omniprésent même le bruit des rails du vélo pourrait nous faire penser aux bruits qu’émettent les aiguilles d’une montre. C’est aussi le temps qu’on attend pour une commande, pour une réponse. Nous sommes sans cesse en conflit avec le temps peut-être notre plus grand ennemi à l’heure actuelle.
Il y a un terrible manque de fraternité, de soutien aujourd’hui. Chacun regarde son nombril mais personne regarde devant soi. On ne prend plus ce petit temps pour remercier ces livreurs, on ne parle qu’en chiffres, qu’en un code. Même entre eux la coopération est difficile. Alors heureusement ce n’est pas une généralité, il y aura toujours des gens au grand coeur pour les soutenir.
Ce qui est aussi frappant c’est cet environnement hostile qui nous est présenté par le son. Une ville bruyante, qui circule dans tous les sens, tous véhicules confondus. Puis bon Paris n’est pas la ville où l’on circule le mieux.
C’est un personnage, en fin de compte, qui est seul. Seul dans ses revendications, séparé de sa famille, sans amis qui peut l’écouter, qui peut l’aider. Il est seul dans cette grande métropole, il se fait bouffer par celle-ci. Le ration d’image accentue un peu cette notion d’enfermement.
J’aurais aimé être plus souvent tendu, plus stressé pour être en phase totale avec le personnage, un peu comme dans À plein temps où j’étais en sueur tout le long. Même si la séquence de l’entretient m’a bien tendu.
La prestation de Abou Sangare est formidable, touchante on a envie de lui faire un câlin et de le réconforter.
Bref, un film nécessaire et qui pose cette question essentielle de l’accueil de migrants, de réfugiés, de demandeurs d’asile, qui est une question française mais aussi et surtout une question européenne. Rien que la question climatique qui va entraîner le déplacement de centaines de millions de personnes d’ici quelques années doit être davantage étudier ne perdons pas de temps.