Arrivé tendu au cinéma, pas eu le temps de me relaxer, tant la grande première moitié du film est terrifiante, car on sait que Souleymane existe, ce livreur qui pédale le plus vite possible pour gagner deux sous, risque l'accident à chaque feu rouge, et rejoint en vol le dernier bus de ramassage. Le tournage sur des vélos est une réussite plus crédible que beaucoup de films d'action fictionnels. Acteur novice, Abou Sangare raconte son histoire, celle de Souleymane, celle des passeurs, celle des profiteurs, celle des client trop paresseux pour descendre acheter à manger ou cuisiner eux-mêmes. Chacun défend son bifteck dans un système complexe, que probablement jugera en fonction de ce qu'il pensait avant le film. Le cinéma nous montre tel que nous sommes, entre mensonge et vérité, mais il n'est pas certain que films arrivent à changer le monde. Lojkine filme à un autre Paris, nocturne, sans glamour ni paillettes. Une vraie découverte. cinéma - octobre 2024
Ce film est un film coup de poing qu’il fait regarder absolument !!! La façon de filmer est super avec beaucoup de plans séquence où l’on suit Souleymane à vélo ce qui nous donne l’impression d’être Souleymane. L’image est très réaliste, beaucoup de scènes sont tournées la nuit et certaines sous la pluie ce qui fait encore plus ressentir l’effervescence ambiante de Paris et le danger de faire du vélo avec le pression de faire le maximum de commandes. La musique est absente de ce film ce qui le sublime et le rend d’autant plus réaliste. On commence dans un silence totale avec le pré générique avant de voir apparaître Souleymane et on finit de la même façon. Le fait de suivre les livraisons de Souleymane nous fais nous reconnaître dans les personnes qu’il livre, cela nous montre le grand écart qu’il peut y avoir entre deux mondes parisiens, d’ailleurs, le soir tard Souleymane prend un bus qu’il l’amène dans le foyer où il est accueilli loin du centre de Paris. Les scènes dans le foyer montre l’absence d’intimité et la grande promiscuité auxquelles doivent faire face les exilés ( temps limité pour la douche, la lessive dans le lavabo, le grand dortoir). Elles montrent aussi que chaque jour leur place dans le foyer et remise en question ( ils doivent appeler très tôt, pour demander une place dans le foyer le soir suivant). Enfin, l’opposition entre des scènes de légèreté, de confidence et d’amitié avec d’autres exilés tranche avec le fait que Souleymane doit se débrouiller seul et ne peut compter sur personne.
L'histoire de Souleymane est très très prenant, le rythme est vraiment intense, renforcé par le tournage "caméra à l'épaule", on ne s'ennuie pas une seconde. Film extrêmement bien documenté, à l'aboutissement inattendu. J'ai éprouvé beaucoup d'empathie pour le protagoniste guinéen, dont on suit les 48 heures "contre la montre" avant l'entretien de demande d'asile. Prix de jury vraiment mérité à la dernière sélection "un certain regard" au festival de Cannes.
Un film bouleversant, tellement réaliste qu'il pourrait être classé "documentaire". C'est bien cette vie faite de travail épuisant, de stress, d'angoisse, d'agressions que vivent les migrants dans nos grandes villes. Acteur magnifique et réalisateur doué. Un grand film !
Cet excellent film suit Souleymane, un livreur Guinéen en demande d’asile et en attente de papiers, pendant 48 heures de sa vie de livreur pour Uber Eats, jusqu’à l’entretien avec l’administration dont il pense qu’il sera décisif. C’est une fiction qui revêt un aspect quasi documentaire sur l’univers et la vie -la survie- de ces migrants trop souvent méprisés et exploités par un système de commercialisation et de consommation sans scrupules. La mise en scène est parfaitement adaptée au sujet, le montage et le rythme faisant ressentir la précarité et le stress permanents de cette population. Le film se termine par une scène véritablement bouleversante, magnifiquement jouée (et dirigée par Boris Lojkine) par Abou Sangare, lui-même immigré demandeur de régularisation, acteur pour la circonstance, ce qui renvoie les cabotinages de beaucoup d’acteurs à la mode à leur juste valeur.
Un grand film politique, un grand film tout court, ou l’on frémit ( c’est un thriller) ou l’on s’informe ( quasi documentaire) , ou l’on se révolte ( un film engagé) ou l’on pleure à la fin. Du cinéma, oui, porté par une caméra à l’épaule qui traverse tous les dangers sans jamais jouer la facilité, qui bouleverse sans pathos, qui éblouit par le talent de son interprète. Oui, un premier film rare qu’il faut courir voir et revoir.
Magnifique film malheureusement très réaliste mais c’est pour ça qu’il faut aller le voir car il est d’utilité public pour pouvoir voir, comprendre, apprendre et se mettre à la place de.
Dans une mise en scène sous tension permanente, nous suivons Souleymane sur trois journées, caméra au plus proche de lui, dans un souci quasi documentaire, sans fioritures, sans musique. Le résultat est haletant et bouleversant. Une véritable claque.
Un film sobre, porté par Abou Sangare, sans fard ni artifice, qui nous dévoile sans complaisance la vie des jeunes demandeurs d'asile. Vulnérables, ils sont des proies pour ceux qui n'ont pas de scrupules à les exploiter. J'ai l'impression d'avoir pris une claque. On souffre comme Souleymane qui n'en finit pas de butter contre les obstacles. Un film fort.
Réalisation qui évite les clichés et une propagande trop grossière. La vie de cet homme travailleur émigré est très précisément montrée. La galère pour obtenir des papiers, pour trouver du travail. 3 jours d’enfer semblable à tous les autres.
Dur! Très dur ! Comme la vie des clandestins présentée dans ce film qui est très bien ficelé (filmé et joué). Ceci dit, l'accumulation et la succession en deux jours des déboires vécus par ce jeune homme, "beau, débrouillard, courageux, intelligent et travailleur" donne un petit côté artificiel qui perturbe un peu la démonstration.
Vu hier, L’histoire de Souleymane ! Film vraiment à la Dardenne, très fort en émotion, portrait touchant d’une jeune migrant livreur en quête d’asile en France. Le film retourne et fait très mal. Faut pas y aller dans une période de bad je recommande quand même !